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Scénarios Interdits #10 – Les campeurs ou comment allumer une mèche sans jamais éteindre l'incendie

Scénarios Interdits #10 – Les campeurs ou comment allumer une mèche sans jamais éteindre l'incendie

Les campeurs

Je ne les avais pas vraiment choisis.

Le premier est arrivé avec sa tente et un sourire franc, torse nu et bronzé dès 7h du matin sous le soleil tardif de septembre, le genre à te réparer une clôture entre deux cafés.

Le second a débarqué un jour plus tard, laptop vissé sur les genoux et regard moqueur. Un trader, le genre de mec qui garde ses lunettes même à l’ombre, avec un regard qui vous déshabille sans jamais se mouiller. Qui campait, lui aussi. Allez savoir.

Ils se sont installés dans le jardin comme deux planètes en orbite, à tourner autour de moi sans jamais se heurter.

L’un parlait peu, mais ses yeux parlaient pour lui. De toute façon, je ne suis pas sûre que ce qu'il avait à dire était d'un quelconque intérêt.

L’autre décortiquait tout, même mes silences et cherchait la moindre observation pour me faire rire.


Il faisait chaud ce jour-là. Leur dernier jour. Très chaud. Je préparais une tarte aux légumes — pour faire oublier à l’un que ma chienne avait volé sa ratatouille, heureusement pas son rosé. Il est sorti, short de sport, torse nu, les muscles taquinés par le soleil et le dos perlé de sueur.

Le campeur du bâtiment. Il s’est mis à faire des tractions sur la rambarde de la terrasse.

Rien d'extraordinaire — sauf pour mon niveau de concentration.

Tout s’est arrêté : mes doigts dans la farine, mon souffle, mes idées.

Je l’ai regardé comme on regarde un orage approcher : fascinée et pas prête. J’observais la tension de ses avant-bras, la ligne de ses clavicules. Il le sentait. Et ça l’excitait visiblement... Il aurait pu faire son sport ailleurs, j'imagine...

Je suis sortie pour les prévenir que je dînerai avec eux pour le dernier soir et me faire pardonner l'impair de la ratatouille.

Ensuite, l’autre s’est approché — le trader. Avec son petit air ironique et son humour de mec qui a lu tous les classiques et pas mal de forums de finance. Il a pointé du doigt mes toilettes sèches, celles en plastique cheap de chez Action, qu'il avait sorties de la cave et m’a dit, très sérieusement :

"Je pense qu’on va devoir discuter… de mon équilibre et de ma dignité. Car là, j'ai l'impression que tu veux m’achever... À chaque passage, j’ai l’impression de négocier avec ma colonne vertébrale."

Chaque jour, il me faisait une nouvelle blague sur ce trône de fortune. Je riais, mais je savais qu’il les trouvait attachantes, ces toilettes. Il y retournait quand même. Pas le choix.

Et chaque jour, j’avais un peu plus envie de les inviter tous les deux à l’apéro.


Et puis on a ouvert une bouteille. Puis une autre. Je sentais que la soirée pouvait très sérieusement déraper avec Monsieur indice 50. On a bu. Trop. Deux bouteilles de rhum, quelques confidences, beaucoup de regards. Et je confirme, ce qu'il racontait était sans grand intérêt, voire même effrayant par moments, il avait fait de la prison pour quelques larcins mais s'était racheté une conduite. Nous allions voir si sa conduite allait me convenir...

Je ne disais pas grand-chose, je ponctuais. C’est fou comme une femme peut mener une scène en silence. Mes yeux ont voyagé de l’un à l’autre.

L'un m’écoutait. L’autre me dévorait du regard.

Le trader s’est un moment retiré dans sa tente, sentant qu'il était de trop. Du moins c'est ce que je pensais, à ce moment-là. Le corps du bronze, lui, ne m’a pas quittée du regard. Et c'est à ce moment que j'ai su.

Je suis allée vers le spa, pieds nus, nue sous ma robe de coton. L’homme du bâtiment m’a suivie. Ma proposition. Deux heures passées, lune pleine, vapeur sur l’eau.

Dès que j’ai posé le pied dans l’eau, il m’a attrapée par la taille. Ses lèvres étaient brûlantes. Il m’a embrassée. Sans un mot. Un baiser chaud, franc, sans détour.

Il m’a plaquée contre lui comme s’il voulait me faire rentrer dans sa peau. Mes mains ont glissé le long de ses hanches, l’eau éclaboussait nos peaux déjà moites.

Et puis…La fermeture éclair d’une tente. Des pas dans l’herbe. Le trader est revenu.Il nous a vus. Il n’a pas rebroussé chemin.

Il s’est déshabillé lentement, ses yeux dans les miens, comme pour dire :

"On ne termine pas une dernière nuit si vite."

Il s’est glissé dans l’eau, en silence. Sans colère. Juste… le regard fixe. Et moi, entre eux deux, je n’ai rien dit. Je me suis reculée. Je les ai regardés. J’ai laissé mes jambes s’ouvrir un peu plus sous la surface. Et j’ai attendu.

Mes bras se sont accrochés au rebord du spa. J'ai laissé mes cheveux tremper doucement, mes pieds flotter… puis glisser vers eux. L’un d’abord, un frôlement sur la cuisse. Puis l’autre, un effleurement du pied, sur le tibia, puis plus haut, un peu plus audacieux. Je les ai regardés, à tour de rôle. Ils se sont regardés aussi. J'ai souri. J'étais devenue le courant dans lequel ils nageaient sans repère. Et cette sensation était indescriptible.

J'ai senti que c’était le moment. Je me suis approchée, lentement, et suis venue m’asseoir sur l’un d’eux.

Je me suis installée, dos contre lui. Ses jambes de chaque côté des miennes. Son torse brûlant contre mon dos. Ses bras sont venus m’enlacer, m’englober. Je suis contenue. Enveloppée. Et pourtant, c’est moi qui orchestre.

Mes jambes s’ouvrent, naturellement, dans l’eau. Je suis de face pour l’autre. Celui qui me regarde avec cette envie pure, presque animale. Il est si proche. Je tends la main vers lui, l’attire doucement. Et nos bouches se rencontrent. Long baiser, humide, profond, que je module. Ma langue invite, puis se retire. Je veux qu’il me suive, me cherche, me goûte.

Derrière, l’autre a glissé ses mains sur mes cuisses. Puis entre. Ses doigts me caressent, me préparent. Je me cambre contre lui. Je le sens dur, présent, tendu. Je soupire. Mon bassin ondule à peine.

Je suis au centre, connectée à leurs deux souffles.

Leurs regards se croisent à travers moi. Ils n’échangent pas de mots. Mais ils savent.

Ils savent que je les veux tous les deux. Que je joue, que je choisis, que j’offre.

Je prends la main de celui qui est face à moi, et la pose sur ma poitrine. Il la masse, l'effleure, la serre. Je gémis doucement, en m’ouvrant un peu plus à l’autre derrière moi. Il me pénètre lentement, dans l’eau. Je pousse un long soupir, le regard ancré dans les yeux du premier.

Ma bouche embrasse encore. Mon dos se cambre. Je suis traversée, tenue, prise et libre à la fois. Je suis reine. Je suis mythe.

Je me redresse légèrement, attrape les deux visages, les rapproche. Ils se cherchent du regard. Je les embrasse l’un après l’autre. Et je laisse ma main descendre, effleurer, choisir…


Je me lève lentement, l’eau ruisselle sur ma peau, mes seins offerts à l’air de la nuit. Je suis debout dans le spa, ils sont encore assis, chacun de part et d’autre, à peine remis du baiser que je viens de leur voler. Je les regarde, un sourire en coin, féline, souveraine.

Leur regard monte sur moi, lent, avide, incrédule. Je tends une main vers chacun, et je les saisis fermement par les cheveux. Pas pour les blesser. Pour les dompter.

Ils comprennent. Leurs yeux s’enflamment. L’un se penche entre mes cuisses, lèvres prête à m’accueillir, l’autre glisse ses mains vers mon fessier, puis y dépose sa bouche. Et sa langue parcourt le reste du chemin.

Je reste debout, cambrée, les doigts dans leurs cheveux comme on tient les rênes d’un attelage sauvage. Je ne guide rien. Je m’offre à leur soif. Et pourtant, je les contrôle — chaque mouvement, chaque gémissement, chaque frémissement vient de moi.

Leurs bouches me dévorent en même temps. Ma tête part en arrière. Je ris. Je soupire. Je gémis. Je suis bloquée de l’avant, prise de l’arrière, mangée vivante, adorée, possédée à la bouche.

L’un me tient les cuisses. L’autre me tire lentement vers lui, embrassant la peau sous mes reins. Et moi, les deux mains agrippées à leurs crânes trempés, je me balance doucement, me donnant toute entière.

C’est moi qui impose la cadence. C’est moi, la tempête, le feu, l'ouragan qui les emporte tout à fait.

Et au moment où mes jambes commencent à trembler, où le plaisir monte comme une vague violente, je murmure entre deux halètements :

— Suivez-moi. Tous les deux.


Je sors du spa, nue, ruisselante, sans un mot de plus. Ils obéissent, silencieux, comme deux ombres brûlantes, à peine capables de contenir leur excitation. Je sais qu’ils me regardent marcher, que leurs yeux sont fixés sur le mouvement de mes hanches, sur les gouttes qui glissent le long de mes jambes, sur la manière dont je laisse mes cheveux s’égoutter dans mon dos.

Je pousse la porte de ma chambre. Ils entrent derrière moi, encore dans la pénombre.

Je n’allume pas la lumière. Je veux que tout reste à la lueur des lampes de chevet et de la lune.

Je me retourne vers eux. Ils sont là, debout, presque tendus d’attente. Je m’approche, comme une louve pour les observer, les détailler. L’un plus musclé, l’autre plus nerveux.

Deux corps d’hommes, deux formes de désir. Deux énergies. Et moi, au centre.

Je me glisse sur le lit, à genoux, les cuisses légèrement écartées, mes mains sur mes propres seins, comme pour leur montrer ce qu’ils vont avoir. Et je les appelle d’un simple geste de la main.

— Approchez. Vous savez ce que vous voulez. Moi aussi.

L’un vient devant, s’agenouille pour m’embrasser à pleine bouche, les mains sur ma taille. L’autre s’installe derrière moi, caresse mes reins, mes hanches, m’embrasse la nuque. Je soupire déjà, prise en étau entre deux corps brûlants. Je suis entre eux, exactement où je veux être.

L’un m’embrasse. L’autre me pénètre doucement d’un doigt, juste pour me rappeler que je suis à eux, ce soir. Je me cambre. Je soupire. Je souris.

— Allez-y. Montrez-moi ce que c’est… être désirée ensemble.

Je me laisse tomber sur le lit, à demi allongée, les cuisses entrouvertes, l’air de dire : approchez.

Ils se regardent. L’un glisse entre mes jambes, sans un mot, happé. L’autre, déjà derrière moi, à genoux, me découvre, m’ouvre, m’explore avec une lenteur calculée.

Leurs langues se croisent en moi. Leur souffle se fond et me confond. Leur faim m’électrise.

Je gémis, sans retenue. Mon corps se cambre entre eux. Je les tiens par les cheveux, l’un puis l’autre, les guide comme une reine affamée.

Ma peau devient braise, mes hanches dansent à leur rythme. Ils se synchronisent, l’un sur mon plaisir le plus cru sous moi, l’autre sur ma chair la plus vulnérable face à moi. Et je ne suis plus qu’un feu nourri de deux bouches, deux sexes, deux souffles, deux fièvres.

Je me tends. Je me perds. Je me répands dans leur dévotion.

Et quand je sens que tout explose, je me redresse, encore haletante, je les fixe, avec ce regard qui ne demande pas la permission.

— Maintenant, c’est moi qui choisis de que vous faites et quand vous le faites.

Et je ris, nue, brûlante, libre. Parce qu’ils savent tous les deux qu’ils sont devenus mes amants cette nuit, mais jamais mes égaux.


Depuis, j’ai fermé l’annonce. Plus de tente. Plus de bras nus à réparer mes clôtures. J’ai changé de toilettes. En bois. Solides. Respectueuses de la dignité masculine et de l'environnement. Je lui envoie parfois des photos. Il répond par un sticker ironique. On n’a plus jamais parlé du spa. Mon jardin a repris ses secrets.

Mais parfois, quand je regarde le spa sous la lune, je me demande si c’était réel…ou si mon corps a inventé ce souvenir pour ne pas oublier comment c’est, quand deux hommes vous regardent comme si vous étiez la dernière nuit d’été de leur vie toute entière.


Selene


Je vous rappelle que je peux écrire pour vous des scénarios personnalisés plus ou moins intenses, plus ou moins crus pour réveiller votre passion de couple. N'hésitez pas à lire le post correspondant "Les mots du désir" ici. Ou prenez directement un rdv avec moi ici.
















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