Dépendance au porno : et si le vrai manque, c’était le lien ?
- Selene De Beaumont
- 16 oct.
- 3 min de lecture

Dépendance au porno : et si le vrai manque, c’était le lien ?
On en parle souvent avec gêne, ou alors en plaisantant.
Mais derrière les sourires ou les jugements, il y a un vrai sujet : la place du porno dans nos vies, et la manière dont il façonne nos rapports au plaisir, au corps et au lien.
Et si le problème n’était pas le porno en soi, mais la façon dont on l’utilise… et ce qu’il vient combler ?
Ce qu’on appelle “dépendance au porno”
Le mot “dépendance” fait peur.
Mais il s’agit avant tout d’une habitude du cerveau, une réponse de plaisir rapide, facile, répétée.
Un réflexe qui court-circuite parfois la sensibilité du corps réel.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
👉 9 hommes sur 10 et 6 femmes sur 10 déclarent consommer du contenu pornographique chaque mois.*
👉 En moyenne, le premier contact a lieu autour de 11 ans, souvent bien avant d’avoir reçu la moindre éducation affective ou sexuelle.
(*Étude publiée dans The Journal of Sex Research, 2018)
Le porno, ce n’est donc pas “leur” problème, c’est notre rapport collectif au plaisir et à l’image.
Quand l’écran remplace la peau
Le cerveau apprend très vite.
Lorsqu’il associe excitation et images, il finit par réagir à l’écran plutôt qu’au corps.
Les connexions sensorielles s’affaiblissent, la patience s’érode, et la relation devient plus mentale que charnelle.
Progressivement, on peut ressentir :
🌫 une baisse du désir réel,
⚡ un besoin croissant d’images pour se stimuler,
😔 de la honte, de la culpabilité, ou une difficulté à s’abandonner.
Ce n’est pas une question de genre :
les hommes sont statistiquement plus nombreux à consommer fréquemment, mais les femmes aussi utilisent le porno — souvent dans des moments de solitude, de stress ou d’ennui.
Quand tout commence trop tôt
Certaines personnes ont été exposées au porno bien avant l’âge adulte, parfois dès l’enfance.
Or, cette exposition précoce impacte durablement la construction du désir :
le plaisir devient une performance visuelle, le corps un décor, le lien un oubli.
Chez certains, cela peut être une façon d’anesthésier un manque, une peur ou même un traumatisme précoce.
Lorsqu’un enfant est confronté à des images ou à des gestes qui dépassent sa maturité émotionnelle, il peut développer plus tard une relation confuse à la sexualité — oscillant entre fascination, compulsion et fuite.
Parler de ces blessures, c’est déjà commencer à les apaiser.
Ce qu’on ne dit pas assez
Le porno n’est pas le mal.
Il peut même, dans une consommation consciente, nourrir l’imaginaire, inspirer, éveiller des envies, donner des idées à explorer seul·e ou à deux.
Mais tout est une question de place.
Lorsqu’il devient le seul espace du plaisir, il coupe du corps, du lien, et du vivant.
Ce n’est pas le porno qu’il faut fuir, c’est l’absence de connexion qu’il faut réapprendre à combler autrement.
Comment recréer du lien
🌙 Revenir au corps : respiration, lenteur, exploration sensorielle.
🌙 Apprendre à ressentir plutôt qu’à performer.
🌙 Retrouver la curiosité du toucher, de la chaleur, de l’odeur.
🌙 En parler sans honte — seul·e, en couple, ou avec un·e sexothérapeute.
Le travail thérapeutique aide à comprendre ce que le porno vient occuper : un vide, un stress, un besoin d’évasion ou de réassurance.
Et à transformer cette habitude en un espace conscient, choisi, relié.
Ce qu’il faut retenir
Le plaisir n’est pas un spectacle.
Il se vit, il se partage, il se ressent.
Et si, au fond, ce n’était pas le porno le problème… mais le manque de lien ?
Et après ?
Je t’accompagne, seul ou en couple, pour transformer ta relation au porno et à la sexualité.
Sans honte, sans pression — avec douceur, humour et humanité.
Selene










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