Et si le but n’était pas une arrivée, mais un mouvement ?
- Selene De Beaumont
- 4 mai
- 2 min de lecture
Et si le but n’était pas une arrivée, mais un mouvement ?
Il y a des jours où je sens les regards. Pas malveillants, mais interrogateurs. Où va-t-elle ? Quel est son projet ? Est-ce que ça se vend ? Est-ce qu’il y a un but derrière tout ça ?
J’imagine les questions, les doutes qu’on projette sur mon changement de trajectoire. Parce qu’on a du mal à comprendre ceux qui osent s’éloigner de la ligne droite. Ceux qui n’ont pas de plan tout prêt à montrer.
Mais moi, je suis en mouvement. Je suis en construction. Je cherche les réponses en marchant, pas au bout d’une course.
Peut-être que mon nouveau livre sera édité. Peut-être pas. Mais je tente. Un "grand philosophe" disait : le non, tu l'as déjà ... Et même si oui… est-ce que cela fera de moi une écrivaine à plein temps ? Pas forcément.
Est-ce que c’est ce que je veux, d’ailleurs ? Je ne suis même pas sûre. Ce livre, ce projet, ce retrait du monde, ce silence…ce sont des pierres posées sur mon chemin. Des élans. Des éclats. Des fragments de moi que je laisse émerger, non pas pour qu’on les valide, mais pour m’autoriser à exister autrement.
A un moment, j’admirais ce que je croyais être la réussite : une trajectoire stable, des choix rassurants, une image cohérente. Mais aujourd’hui, je vois autre chose.
Je vois que certaines vies bien rangées sont tissées de peurs muettes, d’élans jamais suivis, de mots jamais écrits, de désirs passés sous silence. Je vois qu’il y a des chemins très balisés qui n’osent pas vraiment s’écarter, même quand le cœur le réclame.
Et moi… je n’ai plus envie de coller à ces repères. Je n’ai plus envie qu’on me dise à quel rythme me réparer, ni ce que je dois lâcher pour “retrouver ma paix”.
Je ne veux pas me blinder. Je veux ressentir.
Je ne veux pas m’éteindre pour rentrer dans une case qu’on appelle "équilibre". Je choisis le mouvement, même si je ne sais pas où il mène. Je choisis l’authenticité, même si elle déstabilise et ne trouve parfois pas d’écho.
Et ce que je gagne en perdant certaines certitudes, c’est une intimité nouvelle avec moi-même. Un espace de vie plus grand que la performance ou la conformité. Un souffle.
Mon corps me l’a dit. Il me l’a crié, même. Et cette fois, j’ai écouté.
J’ai vécu une histoire d’amour bouleversante. Je me rapproche de ma fille après des tempêtes.
Je n’ai pas perdu mon temps. Je suis en train de le reprendre.
Alors oui, vivre sans savoir exactement où l’on va, c’est difficile. Mais ce n’est plus insupportable.
Parce que je sens, doucement, que quelque chose de juste est en train de se dessiner.
Et ça, c’est déjà une forme d’arrivée.
Et toi…
Oses-tu enclencher un mouvement, en étant fidèle à ton cœur ?
Ou passes-tu ton temps à imaginer toutes les arrivées possibles, au point de freiner ton élan… Et, peut-être, de ne jamais vraiment prendre la route ?
Selene









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