Fou - Nouvelles lunes #2 / Regards Masculins
- Selene De Beaumont
- 31 août
- 2 min de lecture
Fou - Nouvelles lunes #2 / Regards Masculins

Je dois être fou.
Il me suffit de la savoir dans la pièce.
Son parfum me déchire la poitrine,
son rire s'éparpille en éclats contre ma peau.
Et mon corps s’embrase avant même qu’elle ne m’ait effleuré.
Je ne vois plus rien autour.
Plus rien que ses yeux qui m’avalent.
Ses jambes qui m’encerclent déjà.
La courbe de son cou où je voudrais glisser.
Et son ton, qui sait exactement ce qu'il veut.
Alors, je détourne les yeux.
Je fixe un détail, n’importe quoi,
juste pour ne pas rester muet, abruti,
juste pour qu’elle ne lise pas dans mon regard
à quel point elle m’a déjà dévoré.
Je lui dis des choses débiles, je bafouille
et je crois qu’elle me trouve idiot.
Elle me trouve idiot et ne se gêne pas pour me le dire.
Mais qu’importe.
L’essentiel, bordel, c’est qu’elle me trouve. Et qu'elle me fouille.
Je suis là, nu dans mes bras ouverts,
sans armure, sans masque.
Je ne sais pas quand elle viendra,
ni ce qu’elle voudra,
mais je sais une chose : je suis prêt.
Prêt pour ses lèvres qui s'égarent,
pour sa langue qui m’ouvre en deux,
et m'arrache des promesses venues d'un autre monde,
pour ses mains qui cherchent et déchirent
tout ce qu’il y a de clos en moi.
Qu’elle m’embrasse et je m’écroule.
Qu’elle me morde et je meurs.
Qu'elle m'aime et je disparais.
Je suis désarmé, réduit à rien qu’à elle.
Cette femme, mon Dieu…
Elle me tétanise.
Elle entre dans ma tête avant d’entrer dans mon corps.
Elle me fait peur, elle me fait jouir d’avance.
Je pourrais brûler sous son souffle.
Je pourrais renaître sous son cri.
Et si je la fixe trop longtemps,
j'ai peur qu'elle ne voie tout:
mon désir brut, ma faim nue, mon vertige.
Ma faiblesse face à elle, mes larmes d'enfant.
Alors je m'accroche comme un naufragé à son radeau.
Depuis elle, je meurs mille fois.
Mais je nais à chaque fois qu’elle dit qu’elle me veut.
Selene
Nouvelles lunes #2 / Regards Masculins










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