« À moi-même, avec bienveillance »
- Selene De Beaumont
- 5 août
- 4 min de lecture
« À moi-même, avec bienveillance »

Il y a des jours où je m’en veux terriblement.
De ne pas avancer.
De ne pas me remettre sérieusement à ma formation.
De fuir. De faire tout sauf ça.
Je m’en veux de perdre du temps, alors qu’au fond, je sais à quel point j’ai envie d’y arriver.
Et ce soir, une simple question posée aux cartes m’a traversée comme une flèche :
Est-ce que je vais réussir à m’y mettre vraiment ?
Et les larmes sont venues.
Parce que cette question n’est pas anodine.
Parce que derrière, il y a toute la peur de ne plus être à la hauteur, la culpabilité, le découragement, et la colère contre moi-même.
L’angoisse de ne plus être cette version de moi qui savait rebondir, apprendre, changer de vie encore.
Et je suis fatiguée.
Et j’ai honte de cette fatigue.
Je doute de moi, pour la première fois vraiment.
Pas dans mon cœur. Il n’a jamais mieux su sa place.
Mais dans ma force.
Je me compare à celle que j’étais avant.
Et je me traite comme une flemmarde.
Alors que je suis juste une femme épuisée par trois années de luttes et de chaos.
Quand je regarde ce que j’ai porté cette année et demi, je suis bouleversée.
J’ai tenu.
Ma mère qui déconne.
Ma fille qui a vécu des crises graves.
Et moi qui essaie de m’occuper le mieux possible de ce petit monde.
Mon nouveau poste où je me suis battue, seule, sans connaître personne, sans amitié repère.
Cinq établissements différents, cinq équipes.
Et autant de monde à convaincre de me faire une place. Des déplacements constants.
Et j’y suis parvenue… mais à quel prix ?
Moi qui cherchais la paix, et non les preuves encore.
Une rupture terrible.
Une solitude immense, et ceux que je pensais là… ne l’étaient pas vraiment.
Parfois de mon fait, parfois clairement du leur.
Et personne pour m’aider.
Je rêvais de ce moment à deux dans le lit, chacun un bouquin ou un ordinateur, quelqu’un à mes côtés, une main, une présence.
Et des mots simples : “Tu veux que je t’interroge sur ton chapitre ? Tu vas y arriver, mon amour.”
Si simples et pourtant jamais entendus, jamais vécus.
Alors que j’ai déjà plusieurs reconversions à mon actif.
Un besoin de quelqu’un qui regarde et dise : “je te vois, je suis là.”
Pas pour faire à ma place.
Juste pour que je n’aie plus à être la guerrière, le mentor et le témoin.
Pour ne pas avoir à tout porter seule, encore.
Parce que je n’ai plus envie de faire semblant d’être invincible.
Je ne suis pas fâchée contre moi.
Je suis épuisée.
Et en colère contre cette partie de moi qui ne comprend pas qu’elle a le droit d’être fatiguée.
Pendant trois ans, j’ai enchaîné :
des galères mécaniques avec la voiture de ma fille,
les démarches d’auto-école, les mails juridiques, les conflits de voisinage,
deux déménagements, des travaux, un bricolage continu,
et des kilomètres de route tous les jours…
Et dans tout ça, j’ai travaillé. J’ai créé. J’ai aimé.
Mais je me compare encore à une version de moi qui n’avait pas été si malmenée. Quoi que…
Et je me juge.
Et j’ai honte.
Alors que j’ai tenu debout dans une tempête.
Et ce soir, les cartes m’ont répondu.
🃏 La première m’a dit :
Tu es en colère contre toi car tu confonds ton épuisement avec de la paresse. Ce n’est pas vrai.
🃏 La deuxième m’a brisé le cœur. Elle m’a fait pleurer. Elle m’a rappelé ce que je sais :
Tu n’as pas perdu ta force. Elle s’est mise en pause parce que tu n’en pouvais plus d’être forte sans amour.
🃏 La troisième m’a doucement redonné du souffle :
Tu peux recommencer en t’occupant de toi. Pas en t’obligeant. En te retrouvant.
Et là, j’ai compris.
Je n’ai pas “raté” ma reprise.
Je suis en convalescence.
Et ce n’est pas de l’échec.
C’est une nécessité.
Alors aujourd’hui, je vais me parler comme à une amie.
Je vais me dire :
🕯️ Tu n’as rien à prouver.
🕯️ Tu peux avancer sans te forcer.
🕯️ Tu peux recommencer par une page, un paragraphe, un pas.
Tu n’as pas perdu ta force, Selene.
Tu es simplement en train de revenir à toi.
Et les cartes…
Elles m’aident à me réentendre.
À retrouver cette voix douce, forte, profonde.
La mienne.
🕯️ Il faut changer d’arme.
Tu n’as plus besoin de ta rage.
Tu as besoin de bonté envers toi.
Pas de celle qu’on te donne (même si ce serait doux),
mais de celle que tu t’offres. Vraiment.
Essaie de respirer un instant avec cette phrase :
Ce n’est pas que je n’y arrive pas.C’est que j’ai tout porté seule. Trop longtemps. Et maintenant, j’ai le droit de poser les armes, et de me soigner.
J’ai vécu une année démesurée.
Je me suis prouvée à tout le monde.
Mais je ne me suis pas encore prouvé que je pouvais exister aussi dans la lenteur, dans l’après-coup, dans le soin.
Et c’est maintenant que ça commence.
🩶
Et toi, où en es-tu ?
Si tu as besoin d’un petit éclairage, tire une carte pour toi-même.
Ou commente “💬” et je te propose un tirage pour y voir plus clair dans ton propre blocage.
Tu peux directement y accéder ici. 👈
🩶
Parfois, c’est dans la douceur qu’on recommence à respirer.
Selene



























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