Anorgasmie : ce qu’on ne dit jamais
- Selene De Beaumont
- 7 oct.
- 3 min de lecture
Anorgasmie : ce qu’on ne dit jamais

Et si le problème n’était pas le corps ?
On en parle peu, ou alors à voix basse, comme d’un échec intime.
Certaines femmes disent : “je n’y arrive pas”.
D’autres : “je crois que je n’en ai jamais eu”.
Et derrière ces mots, il y a souvent un mélange de gêne, de solitude, et de culpabilité. Comme si l’orgasme était une preuve — de féminité, de plaisir, ou même de normalité.
Mais non.
L’absence d’orgasme n’enlève rien à ta valeur, ni à ton désir.
Elle te parle simplement d’un chemin à explorer autrement.
1. Ce que l’on appelle “anorgasmie”
L’anorgasmie désigne la difficulté ou l’impossibilité d’atteindre l’orgasme, malgré le désir et la stimulation.
Elle peut être :
primaire, quand une femme n’a jamais connu d’orgasme
secondaire, quand il y en a eu par le passé, mais plus maintenant
situationnelle, quand il ne se produit que dans certains contextes (seule, à deux, selon la stimulation…)
Mais surtout, elle n’est pas figée.
Ce n’est pas une incapacité, c’est un verrou de confiance.
2. Ce qu’on ne dit jamais
👉 L’orgasme ne se “cherche” pas, il s’apprivoise.
👉 Le corps n’oublie jamais, mais il a parfois besoin d’être réentendu.
👉 Beaucoup de femmes n’ont jamais appris à se connaître — vraiment.
Derrière l’anorgasmie, il y a souvent un rapport au corps façonné par la performance : faire plaisir, être désirable, “réussir” son rapport.
Mais le plaisir n’aime pas la pression. Il se cache, dès qu’on le surveille.
3. Les conséquences invisibles
L’anorgasmie n’est pas qu’un trouble sexuel.
C’est parfois le reflet d’une déconnexion : entre le corps et le cœur, entre le plaisir et la sécurité.
Elle peut entraîner :
une baisse du désir (“à quoi bon ?”)
de la culpabilité (“je devrais y arriver”)
une distance dans le couple (“je fais semblant”, “je me renferme”)
Mais il existe un autre chemin.
Celui de la lenteur, de la curiosité, et du retour à soi.
4. Ce que tu dois savoir
💡 Le plaisir n’est pas un but, c’est un langage.
💡 L’orgasme n’est pas une obligation, c’est une conséquence naturelle de la détente.
💡 La clé, c’est la réconciliation avec ton corps, à travers la douceur, la respiration, et la sécurité.
Et c’est précisément là que le rituel commence.
🌙 Rituel intime : se reconnecter à ses sensations
Un moment pour toi.
Sans attente.
Juste pour sentir, sans devoir “réussir”.
Étape 1 – Crée ton espace.
Ferme la porte. Baisse la lumière. Enveloppe-toi d’une couverture douce.
Pose-toi une main sur le cœur, une autre sur le bas-ventre.
Respire profondément.
Sens ton souffle qui descend jusque dans ton bassin.
Étape 2 – Réveille tes sens.
Choisis une huile, une texture, une musique lente.
Passe tes doigts sur ta peau — bras, cuisses, ventre, seins — sans but.
Juste pour sentir la température, la douceur, la vie.
Étape 3 – Explore sans objectif.
Laisse-toi guider par ce qui appelle ton attention.
Pas pour atteindre quelque chose, mais pour écouter ton corps.
Observe où tu te crispes, où tu respires plus fort, où tu sens une chaleur monter.
Ce sont des signaux, pas des tests.
Étape 4 – Reviens à ton souffle.
Si ton esprit part, ramène-le vers ta respiration.
L’orgasme, c’est une onde. Elle circule quand on la laisse faire.
Étape 5 – Termine avec gratitude.
Quand tu sens que c’est suffisant, remercie ton corps.
Même s’il n’y a pas eu d’orgasme.
Le plaisir commence quand tu cesses de te juger.
5. Et après ?
Tu n’as pas à “savoir faire”.
Tu as juste à te retrouver.
Le travail en sexothérapie t’aide à comprendre les freins, les schémas et les émotions liés au plaisir.
C’est un chemin de confiance, pas de performance.
Tu n’as pas à traverser cela seule.
L'anorgasmie peut devenir un chemin vers une intimité retrouvée, où ton corps n’est plus un obstacle, mais un allié.
Parce qu’apprendre à jouir, c’est aussi apprendre à s’aimer.
Selene










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