Archive: le fumeur de bagatelles
- Selene De Beaumont
- 2 sept.
- 1 min de lecture
Archive: le fumeur de bagatelles

J’avais 30 ans. J’écrivais comme on fume une bagatelle, en cherchant la beauté des volutes, mais en me dissimulant derrière elles.
Aujourd’hui, je n’écris plus comme ça. Je n’ai plus peur d’incarner mes mots, de leur donner un corps, d’être dans la vérité qui brûle, dans l’explosion de l’instinct.
Relire ces lignes, c’est mesurer le chemin parcouru — de la fumée au feu.
Selene
Le fumeur de bagatelles
Là, un nuage
D’opium, de vie, un présage,
D’où fuyaient des nuées
De mots, de souffles, un été.
Encore là, une volute,
Frivoles chimères et luttes,
Volatilisent les corps,
Exhalent la rosée encore…
Fallait pas,
Sombre vapeur,
Amour et fumée,
Asséchaient les peurs,
Si vite tabac passé,
M’enfumer le cœur.
Lui, Le fumeur
De bagatelles, de masques, le charmeur,
Qui faisait vibrer le sol,
De fièvre, d’ivresse, un envol.
Puis ici, une musique,
Vaines spirales épiques,
Envoûtent les âmes,
Émanent du psylle infâme…
Fallait pas,
Sombre vapeur,
Amour et fumée,
Asséchaient les peurs,
Si vite tabac passé,
M’enfumer le cœur.
Elle, l’élève
De secrets, d’alcôve, la sève
D’où s’envolaient des rayons
De poudre, d’étoiles, un frisson.
Toujours elle, une rescapée,
Nébuleuse étape piégée,
Marque la chair,
S’évade et perd.
Fallait pas,
Mirage erreur,
Passion et brume,
Dévastaient un coeur,
Si vite tombé le costume,
Consumer mes heures.










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