Ce n’était pas de l’amour. C’était du pouvoir.
- Selene De Beaumont
- 23 juin
- 6 min de lecture
Ce n’était pas de l’amour. C’était du pouvoir.
Pour celles et ceux qui aiment seuls.
Ce texte est pour toi, si tu vis un amour unilatéral.
Si tu attends un signe, une réponse, une présence qui ne revient jamais vraiment.
Si tu es resté·e prisonnier·ère d’un silence, d’un regard lointain, d’un lien qui vacille.
Si tu souffres des allers-retours d’un homme qui ne s’explique pas, mais t’observe encore de loin.
Si tu sens que ce n’est pas de l’amour, mais tu n’arrives pas à le lâcher.
Alors ce texte est pour toi.
Ce n’était pas de l’amour. C’était du pouvoir.
Toi, tu aimais vraiment, même dans l'absence.
Tu donnais, tu espérais, tu bâtissais des ponts invisibles pour qu’il puisse revenir, au cas où. Tu regardais les signes, tu lisais entre les silences. Tu étais fidèle à lui et puis à ton coeur.
Tu appelais ça de la patience. De la loyauté. De l’amour.
Mais ce n’était pas réciproque. Ce n’était pas du lien.
C’était du pouvoir. Un pouvoir étrange, discret, insidieux. Celui de partir sans prévenir d'abord. Celui de regarder sans se montrer maintenant.
Celui de te laisser deviner, d’attendre que tu poses les mots qu’il ne dira jamais.
Celui de te faire douter de toi, pendant que lui se tait.
Un pouvoir qui étouffe. Qui fait mal. Et qui ne veut ni te perdre, ni vraiment te retrouver.
Alors tu finis par comprendre :
Là où il y a du pouvoir, il ne peut pas y avoir d’amour.
❤️ L’amour, c’est autre chose. L’amour n’a pas besoin de gagner. L’amour ne manipule pas le silence.
L’amour rassure, éclaire, répond, construit.
L’amour ne se cache pas derrière un masque.
L’amour ne regarde pas l’autre souffrir en se demandant si c’est “le bon moment pour revenir” ou en se disant "elle va s'en sortir, ce n'est pas mon rôle", ou pire qui sait "bien fait, moi aussi je souffre".
L’amour avance, même bancal.
L’amour parle, même maladroitement.
L'amour surtout nous fait nous dépasser, franchir nos zones floues, nos zones d'ombre, il nous expose et nous fait aller plus loin.
L’amour est un mouvement, pas une tombe.
Aujourd’hui je me le rappelle :
Ce n’était pas de l’amour.
C’était un déséquilibre.
Un jeu à un seul joueur.
Un pouvoir sur moi.
Et je reprends le mien.
Pas pour écraser, ni pour punir.
Juste pour me relever.
Pour respirer à nouveau.
Et pour n’offrir mon cœur qu’à ceux qui le prennent avec les deux mains, et sans costume. Sans se cacher derrière un rôle. Sans chercher à impressionner, ni à posséder.
Je n’attends ni statut, ni sécurité, ni maturité parfaite.
Mon amour ne s’évalue pas à l’aune de ce que l'autre gagne, de ce qu'il accomplit, ou de qu'il peut m’offrir matériellement. Il n’a pas besoin d’un homme fini, d’un homme prêt.
Il n’a besoin que de vérité.
Car ce que je ressens, c’est un battement simple, brut, sans raison.
Une évidence nue. Une eau claire qui coule malgré moi.
Je n’ai jamais demandé à être rassurée par des preuves extérieures. Je voulais simplement qu’on vienne, qu’on parle, qu’on tende la main, qu’on marche à mes côtés — sans fierté déplacée, sans jeu, sans détour.
En mars, je l’avais invité à regarder le blog.
À découvrir le lieu que j’avais créé, comme un autel en hommage à notre histoire. Je voulais qu'il voit le cadeau de mon temps, et de ce que je lui avais donné.
Un espace vivant, ouvert, où ma voix pouvait enfin résonner — là où lui avait choisi de la réduire au silence.
J’espérais qu’il y verrait clair.
Qu’il comprendrait où j’en étais.
Mes réflexions, mes prises de conscience, tout ce qu’il nous restait à réparer, des deux côtés.
Je voulais lui montrer que je ne fuyais pas mes torts, que j’étais lucide, honnête, prête à parler vrai.
Et surtout, j’espérais qu’il ressentirait ma sincérité.
Qu’il oserait s’approcher, sans peur, porté par quelque chose de plus grand que sa fuite. Notre amour.
Car moi, je n’avais jamais douté de ses sentiments.
Mais le temps a passé. Les jours, les mois, et ses silences, ses absences, ses gestes sans cohérence… ont eu raison de cette ouverture en ce lieu.
Alors aujourd’hui, je le dis simplement :Il n’est plus le bienvenu ici.
Ce qu’il fait, ce n’est pas de l’amour.
C’est une intrusion.
Il vient comme un voleur.
Il prend ce qui le nourrit — un shoot de souvenirs, un shoot de sentiments, un shoot d'amour narcissique — puis repart.
Sans un mot.
Sans un regard.
Sans une trace (ou presque...).
Et ça, ce n’est pas digne.
Ce n’est pas équilibré.
Ce n’est pas du lien.
Il sait où j’habite.
Il connaît mon numéro de téléphone — sauf s’il l’a supprimé.
Et sinon, il reste les réseaux.
C’est là que je suis.
C’est là que je suis ouverte, si un jour il ressent vraiment l’envie d’un échange, d’une vraie discussion.
Mais pas ailleurs.
Pas en douce.
Pas dans l’ombre.
Pas pour venir vérifier qu’il a encore une place.
Pas pour se flatter d’avoir été aimé par quelqu’un comme moi.
Pas pour se nourrir de ce qu’il a laissé derrière lui… et me laisser vide, à nouveau.
Je ne veux plus de ce fonctionnement.
Je n’en peux plus de ce déséquilibre.
Moi, j’attends qu’il donne.
Un vrai geste.
Une vraie parole.
Pas une présence muette qui prend sans jamais offrir.
Ce qu’il fait aujourd’hui est injuste.
Malsain.
Et je n’en veux plus.
💔 Parfois, je suis en colère contre moi, comme ce matin, où j'ai été réveillée à 6h par un cauchemar. Dans lequel, je revivais encore ce rejet, lui qui voit que je suis là, m'adresse un mot pour vérifier puis s'enferme dans sa chambre.
Mais je dois me pardonner.
Je souffre parce que je suis vraie.
Parce que je ne sais pas jouer.
Parce que je ne sais pas mentir.
Parce que quand j'aime, j'engage tout.
Mais lui, il n’est pas là. Il ne revient pas. Il regarde. Et il se tait.
Et ça, c’est destructeur.
Parfois je me demande si je suis folle. Mais je ne suis pas folle. Et surtout je ne suis pas faible. Bien au contraire.
Je suis une femme qui a donné, espéré, attendu, parlé, tendu la main, aimé avec tout son cœur.
Et lui, il a choisi de ne pas me répondre.
Il a choisi de ne pas m’aimer comme on aime une femme qui te donne son âme.
Il a peut-être ses raisons, ses blessures, ses blocages.
Mais aucune blessure ne justifie de faire du mal. De jouer avec le cœur des autres, de leur voler ce qu'ils ont de plus précieux.
Et si cela arrive, on doit avoir la décence de le reconnaître auprès de la personne concernée, de reconnaître sa douleur, et de souhaiter corriger ce comportement et au moins de s'en excuser. Et lorsque l'Amour existe, le Pardon existe. Mais seulement face à la Vérité crue.
Et ça fait mal parce que mon cœur ne parle pas ce langage-là. Il cherche le lien, il cherche le vrai.
Mais lui, il ne répond qu’à son propre tempo — et à ses propres besoins.
Il m’a dit d’ailleurs froidement en partant : nous n’avons pas les mêmes besoins, alors que jusque-là oui, « j’ai besoin d’être seul ».
Et j’ai entendu son besoin, je lui ai proposé alors de le rejoindre juste une fois par semaine, juste de venir me coucher auprès de lui en silence, sentir quand même sa présence.
Lui a nié mes besoins totalement. Et m’a niée totalement.
Alors quand la douleur revient me saisir, je me répète ce mantra que tu peux aussi utiliser:
Je ne veux plus d’un amour qui me laisse au sol sans venir me voir. Je ne veux plus souffrir pour quelqu'un qui se tait.
Je me rends compte qu'il y a des gens qui n’aiment pas.
Ils prennent.
Ils aiment qu’on les aime.
Ils aiment avoir une place dans ta tête.
Ils aiment te sentir à portée de main.
Mais ils ne prennent jamais le risque de venir vraiment.
De parler. De se livrer. D’accueillir.
Parce que ça, ce serait de l’amour.
Et eux, ils veulent du pouvoir.
Ils veulent avoir le dernier mot.
Décider du moment.
Choisir si tu existes aujourd’hui, ou non.
Ils veulent être le soleil, et toi, la fleur qui se tourne vers eux.
Mais l’amour, ce n’est pas ça.
L’amour, c’est un choix qui se fait à deux.
Pas un jeu d’ombres où l’un regarde, jauge, disparaît et revient.
L’amour, ce n’est pas le silence.
Ce n’est pas faire croire qu’on ne ressent rien.
Ce n’est pas laisser l’autre dans le doute, le manque, l’inquiétude.
Ce n’est pas du pouvoir.
C’est du lien.
Et moi, je mérite un lien.
Pas une guerre.
Pas un trône vide.
Pas un fantôme.
Je mérite qu’on me parle.
Qu’on me rejoigne.
Qu’on m’aime pour de vrai.
Selene










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