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Ce qui brûle en moi

Ce qui brûle en moi


Ce qui brûle en moi
Ce qui brûle en moi

On m’a demandé un jour : « Tu n’as pas peur de t’ennuyer, après ? »

Au lit. Dans le couple classique. Dans la durée.


J’ai souri.

Parce que si je regarde en arrière, je sais la vérité : à peu de choses près, toutes les audaces, les jeux, les inventions, c’était moi.

C’est moi qui ai porté la fantaisie, qui ai inventé, initié, osé, partagé une petite portion de moi.

Certes, encouragée, parfois accompagnée, mais la source, l’étincelle, c’était la mienne.


Et je n’ai jamais cessé de m’amuser. Dominante, joueuse, audacieuse, exploratrice.

Des voyages, des expériences, du shibari à Venise, du canoë au BDSM, des rires à table jusqu’aux feux dans la chambre.


Alors non : je n’ai pas peur de l’ennui. Je porte le jeu comme un drapeau.


Cet été, j’ai parlé de mes goûts, de mon évolution, de mes envies, avec trois hommes totalement différents (âge, profession, parcours de vie, physiques...)


Et en quelques minutes, j’ai vu leurs regards changer. Je savais que je pourrais les convertir, les surprendre, les emporter dans mon univers.

Parce que ma richesse intérieure est là, et qu’elle est immense. J'ai surpris des regards portés à mes pieds comme une confidence, une curiosité pour mon univers, une confession sur l'envie de découvrir ce que c'est que d'être "pris en main" par une femme...


Et à la fois, pas simplement pour réaliser un fantasme, mais bien dans l'idée de s'épanouir à deux dans cette connexion particulière de corps et d'âmes.


Et je sais donc une chose essentielle : les hommes capables d’ouvrir les yeux existent.

Des hommes qui reconnaissent une chance quand elle se présente.

Des hommes qui ne fuient pas l’intensité, mais qui savent la recevoir, l’honorer, la rendre et la faire grandir. Des hommes qui ont parfois souffert pendant des années de solitude à deux.



Et il me reste encore tant à découvrir, tant à expérimenter.

Je sais qu’un jour, après ces temps de jeûne, de disette de sensations, de retenues imposées, mon corps explosera comme un feu d’artifice. Et je sais que je ne veux plus vivre dans le pays des fantasmes ( j'ai quand même rédigé 14 scénarios en une année), le temps du changement est amorcé. J'ai suffisamment attendu, mûri, intériorisé. Je veux maintenant ressentir dans ma chair.


Je parle de feu d'artifice en connaissance de cause, je l’ai senti déjà dans d’autres temps de privation choisis : après quatre jours sans rien manger ou boire (jeûne sec), croquer dans un concombre devenait une extase. Les goûts étaient décuplés.

Alors imaginez… Quand je vais faire renaître ce feu en moi, dans la vraie vie que j'ai quitté trop longtemps, il sera incandescent.



Et pourtant, malgré ma force créatrice, malgré mon feu, je sais aussi ce que je désire profondément : un abandon.

Le bon.

Pas celui qui détruit ou humilie.

Pas celui qui laisse seule.


Mais l’abandon qui lie deux âmes.

Celui où je n’ai plus besoin de contrôler, où je peux tout offrir, sans peur, sans calcul, sans masque.

Un abandon qui est confiance.

Un abandon qui est lumière.

Un abandon qui est amour.


Ce jour-là, je me donnerai tout entière.

Ce jour-là j'aurais plaisir à l'attente à nouveau, une satisfaction folle à l'idée de me retrouver entièrement disponible pour l'autre, dans le jeu qui est amour. A aller au bout de mes possibilités physiques et intellectuelles, au bout de mes rêves les plus secrets dont je n'ai pas encore écrit les scénarios, car j'ai bien l'intention de les vivre et de les faire vivre à quelqu'un que j'aurai choisi et qui m'aura choisi.


Et ce sera la plus belle des (r)évolutions.


Parce qu’au fond, il n’y a pas de règles ni de cadences figées. Certains vivent leur désir dans le tumulte, d’autres dans le silence. Parfois on traverse des saisons de disette, parfois des feux d’été. Et tout est juste, tant que l’on écoute sa voix intérieure.


C’est ça, le vrai secret : rester fidèle à soi, à son rythme, et accueillir l’autre quand il vient danser au même tempo.


Selene

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