Collaboration artistique
- Selene

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Collaboration artistique
Il y a des collaborations qui ressemblent moins à un projet qu’à une rencontre artistique.
J’ai eu le plaisir de participer à cette série autour des œuvres de SamWatercolors et du modèle professionnel Aurore_artmodel, dont l’univers m’a profondément inspirée.
Continuer à découvrir le travail de Sam, ses aquarelles sensibles, ses nus délicats presque charnels, a été un vrai bonheur.
Oeuvres de @samwatercolors
Et rencontrer l’univers d’Aurore, sa présence, sa force douce, cette féminité fauve et incarnée qu’elle porte naturellement, l’a été tout autant.

Ces images ont immédiatement fait naître un texte en moi.
Un poème entre peinture, silence d’atelier, eau, chair et regard.
Je vous invite sincèrement à découvrir leur travail, leur sensibilité et leurs univers respectifs.
Et puisque certaines œuvres méritent qu’on leur laisse tout l’espace nécessaire, je vous partage ici les aquarelles issues de leur travail.
Oeuvres de @samwatercolors
Et maintenant la version intégrale de mon texte inspiré par cette collaboration.
Louve fauve
Elle est entrée
comme une louve fauve,
à pas feutrés,
caressant
la langue du sol
offerte à ses plantes fines.
J’ai effleuré ma feuille
comme on masque un trouble ;
très mal,
trop mal.
L’air s’est arrêté un instant
pour la regarder.
Mon trait, lui, s’est suspendu,
inavoué, étouffé,
alors que son peignoir
glissait de ses dunes
où déjà
je me perdais.
J’ai commencé à ouvrir sa chair
avec l’eau,
à noyer ma confusion
dans l’encre diffuse,
sur le grain du papier
qui rougissait presque
à ma place.
Dans le silence de l’atelier,
elle est restée immobile,
m’offrant les contours de sa nudité,
serment entre l’ombre et le blanc.
La grâce animale
de sa chevelure rousse
venait se déposer
au balcon de ses seins,
pleins comme le monde.
Et dans l’opulence magnifique
de ses courbes fertiles,
mon brouillon devenait mer,
aquarelle humide
soumise à la tension lente
de son ventre.
Son corps,
à la fois
carnet ouvert
et manuscrit vivant,
laissait courir l’encre
en lianes sombres
le long de son dos.
Ses tatouages
tenaient lieu de confidences,
ses lèvres
de silences retenus en otage.
J’aurais pu convoquer
une pluie de pigments,
tout le miel de la terre,
la rouille,
l’argile mêlée,
tourner autour d’elle
comme un vautour affamé.
Cette femme, mon Dieu,
avait l’abondance du corps
et le parfum du lait ancien.
Sans posture,
sans défense,
elle semblait écrite
dans la chair du monde
avant même
d’être peinte de mes mains.
Selene



















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