Quand le corps devient poésie
- Selene

- il y a 2 jours
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Quand le corps devient poésie

Il y a quelques jours, un peintre m’a proposé une collaboration.
Mettre mes mots sur ses aquarelles de nus artistiques.
Et sans vraiment m’y attendre, quelque chose en moi s’est mis à sourire doucement.
Parce que son travail m’a touchée.
Parce qu’il y a dans ses traits quelque chose de délicat, de vivant, presque silencieux.
Des corps esquissés sans brutalité.
Des courbes qui ne cherchent pas à impressionner, mais simplement à exister.
Et puis, je crois que cette rencontre arrive à un moment particulier de ma vie.
Depuis longtemps, j’écris le corps.
Le manque.
Le désir.
La féminité.
Les traces que la vie laisse sur nous.
Mais il y a une différence immense entre écrire le corps… et accepter d’habiter pleinement le sien.
Alors oui.
Dans quelques mois, j’aimerais moi aussi m’essayer à la pose à l’occasion d’un cours d’artistes peintres.
Pas pour provoquer.
Pas pour jouer un personnage.
Pas pour prétendre que je me trouve parfaite chaque matin dans un miroir.
Je reste une femme pudique.
Avec ses complexes.
Ses hésitations.
Ses zones d’ombre parfois.
Mais cela n’empêche pas une autre vérité d’exister en même temps :
J’ai simplement décidé d’embrasser pleinement la personne que je suis.
Avec mon histoire.
Mon corps réel.
Ma féminité.
Ma sensibilité.
Mes contradictions aussi.
Je crois qu’il existe une immense différence entre montrer un corps… et honorer un corps.
Pendant longtemps, j’ai regardé le mien comme un lieu à corriger.
Peut-être qu’un jour, je le regarderai enfin comme une œuvre à habiter.
Et peut-être que c’est cela, au fond, devenir femme autrement : cesser doucement de se cacher à soi-même.
Selene





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