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Il existe un temps au creux du cœur

  • Photo du rédacteur: Selene
    Selene
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Il existe un temps au creux du cœur

Il existe un temps
Il existe un temps

Il existe un temps

au creux du cœur,

qui commence

bien avant la vie,

et se termine

bien après la mort.


Un temps

que nul calendrier ne contient,

que nulle horloge ne gouverne.


Ce temps-là

est indicible,

incontrôlable,

inépuisable.


C’est le temps

du jour qui se lève

sur l’éternité.


Il est impétueux.

Il est sacré.


Il se promène

tout en demeurant

parfaitement immobile.


Il nous envahit.

Il transpire

sous notre peau.


Il tient chaud

dans les veines,

et saupoudre

nos yeux

de lumière.


Il est sans odeur,

et pourtant

son parfum enivre

plus profondément

que n’importe quelle fleur.


Il est la migraine

contre laquelle lutte l’âme,

bien au-delà

de ce qu’elle peut supporter.


Il monte jusqu’aux souvenirs,

aux zones enfouies,

aux chambres closes de l’être.


Il trouble,

il renverse,

il bénit parfois,

il ravage aussi.


Ce temps-là

n’a pas de goût,

puisqu’il les contient tous.


La saveur

de ce qui fut touché,

effleuré,

désiré.


La saveur

de ce qui n’a jamais eu lieu

mais a existé malgré tout.


Celle des lèvres espérées,

des fruits trop mûrs

de l’attente,

des baisers gardés

dans le silence.


Ce temps-là

se développe en bouche,

comme le ferait

un grand vin.


Il mûrit en nous.

Il tapisse les parois

de notre cœur.


Il envoûte nos chairs

et nous fait perdre

l’équilibre.


Il s’installe

jusque dans les endroits

où l’on voudrait pouvoir le chasser.


Il se glisse entre les côtes,

se cache dans les draps,

revient au détour

d’une chanson,

d’une rue,

d’une saison.


Il est ce résidu

de souvenirs trahis

que l’on essuie

sans jamais l’effacer

tout à fait.


Il pulse

à travers nos rêves.


Il s’échappe

entre nos doigts

au moment même

où l’on croit le tenir.


Et malgré tout,


il habite fidèlement

le fond de nos cœurs.


Ce temps-là

respire aussi

dans le silence.


Ce temps-là

est celui de l’amour,

avec un grand A.


L’amour

auquel on va,

même en reculant.


L’amour

qui nous appelle

sans bruit.


L’amour

qui simplement

se trouve là,


alors même

qu’on ne l’avait pas vraiment décidé.


L’amour

qui attend parfois

plus longtemps que nous.


L’amour

qui nous dépasse,

nous consume,

nous fonde.


Et parfois…


nous survit.


Selene

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