J’ai longtemps eu envie de te manquer
- Selene De Beaumont
- 27 oct.
- 3 min de lecture
J’ai longtemps eu envie de te manquer

J’ai longtemps eu envie de te manquer,
que ton besoin de moi te dépasse,
si c’était le prix à payer pour tes bras et ton regard.
Je t’aurais accueilli dans tout —
les pas contradictoires,
les paroles hésitantes,
les gestes qui trahissent une envie du corps
ou une pulsion irrationnelle du cœur.
Tout, sans aucune exception —
pourvu que tu sois là,
pourvu que tu me rejoignes,
pourvu que je te voie encore une fois.
Mais ce n’était pas la bonne route.
Ce n’est plus moi, aujourd’hui.
Je ne veux pas d’un homme perdu,
qui me prendrait pour un refuge,
ni devenir le sac où l’on dépose son vide.
Je ne veux pas être un souvenir obstiné
qui hante les nuits avant de céder au matin,
et qu’on finit par rappeler par faiblesse.
Je mérite d’être choisie.
Par quelqu’un qui sait que je suis la seule pour lui.
Par quelqu’un qui a réfléchi, et compris,
que je ne suis pas un abri de passage,
mais un monde à aimer.
Par quelqu’un qui embrasse ses sentiments
comme autant de forces dans la vie,
qui comprend qu’aimer, c’est respirer plus intensément,
et que c’est la seule chose
qui nous rend vraiment vivants.
Je veux être aimée
par quelqu’un qui saura me rassurer,
me guérir de cette peur du départ
que j'ai dû affronter.
Quelqu’un qui sait — ou réalise —
que je suis son évidence,
celle avec qui il veut marcher la vie,
celle sans qui l’horizon existe,
mais avec moins de couleurs,
moins d’éclats.
Quelqu’un qui me cherche,
même quand je suis là.
Qui n’envisage pas le monde
sans la musique de mon rire,
ou la douceur de ma main.
Je n’ai jamais voulu te manquer.
J’ai voulu être avec toi — simplement.
J'ai voulu t'aimer dans tout ce que tu es.
Pas comme une ombre qui s’accroche,
mais comme une chaleur tranquille,
un souffle qui apaise,
une caresse dans les jours gris.
Je n’ai pas cherché à laisser un vide.
Je t’ai offert un espace
plein de confiance,
sans le moindre doute.
Mais tu as confondu ma présence avec une prison,
et mon amour avec un terrain d’observation.
Ta soif de liberté t’a enfermé
bien plus encore que moi.
Aujourd’hui, je comprends :
tu ne te bats pas contre moi,
tu te bats contre la poussière qui est restée dans l'air,
une fois que tu as claqué la porte sur nous.
C'est peut-être la version de toi, celle que tu étais,
quand tu savais m’aimer,
qui t'a un jour manquée.
Mais certainement pas moi.
Car quelqu’un qui aime,
cherche la rencontre,
pas l’éloignement.
Et sûrement pas à faire du mal sciemment.
Moi, je n’ai plus à lutter.
J’existe.
Je sais ce que je veux.
Je sais mes espoirs.
Je sais les parfums que j’ai à offrir.
Et c’est assez.
Je ne fuis plus rien —
ni ma peine,
ni ton souvenir,
ni la trace que l’amour a gravée en moi.
Je regarde droit dans ce qui brûle,
et c’est là que je retrouve ma lumière.
Tu peux encore te cacher derrière tes masques,
moi, je choisis de vivre à visage ouvert.
Je ne cherche plus à prouver.
Je ne sais même pas si j'ai raison.
Je me relève,
chaque jour, le plus possible,
parfois forte, parfois moins,
simplement.
Parce que tout ce que j’ai traversé
avait un sens.
Parce que tout ce feu m’a rendue plus vivante,
et plus vraie.
Je n’ai aucun regret,
même si j’avais rêvé d’une autre fin.
Tous les rêves ne peuvent être exaucés.
Et c’est la seule douceur amère,
que je garde de notre chemin.
Selene










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