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J'existe

J’existe


J'existe.

Il m’a effacée. Comme si je n’avais jamais été là. Comme si nous n’avions rien construit, rien partagé, rien vécu. Il a tiré un trait brutal, sans me laisser un espace, une voix, une place pour dire ce que cette histoire a été. Il m’a laissée face au vide, seule avec un amour qu’il a prétendu pouvoir ranger dans l’oubli.

Mais l’oubli n’existe pas. Pas pour moi. Pas pour ce que nous avons été.

Il a parfois tenté de dire que c’était mon choix. Comme si j’avais souhaité cette absence, comme si j’avais posé la distance entre nous. Mais ce n’est pas vrai. Ce n’est pas moi qui ai tourné le dos. J’ai été et je suis encore capable de me réinventer, de nous réinventer. Seulement, il a choisi l’évitement. Il a choisi la fuite. Moi, j’aurais choisi autrement.

Et pourtant, il est là. Partout. Il peut fermer les yeux, détourner le regard, prétendre ne pas voir, mais je sais. Les coquelicots et les tournesols me poursuivent où que j’aille. Comme une trace invisible que la vie s’obstine à placer sur mon chemin. Comme un rappel que la connexion n’est pas suspendue, seulement brouillée quelque part dans les étoiles. Il peut prétendre ne rien percevoir, mais au fond, je suis sûre qu’il voit aussi.

Je ne voulais pas être un obstacle sur sa route. Je ne voulais pas l’entraver, ni lui imposer un rythme qui n’était pas le sien. J’aurais pu être un témoin discret de sa marche, de sa recherche. J’aurais pu apprendre à attendre. J’en suis la preuve vivante aujourd’hui. Mais il ne m’a pas laissée à ses côtés. Il n’a pas voulu me montrer sa vulnérabilité. Peut-être a-t-il cru que se refermer le rendrait plus fort, plus invincible. Mais cette posture lui va mal. Elle ne le rend pas moins fragile. L’amour, ce n’est pas disparaître pour protéger l’autre de soi. Aimer, c’est soutenir.

Ce blog est ma réponse au silence imposé. C’est mon droit d’exister, mon droit de dire : je ne suis pas une parenthèse, je ne suis pas une ombre, je suis une réalité que tu as choisie d’abandonner. Je ne lui demande rien. Je ne veux pas de réponse. Je ne veux pas qu’il vienne justifier, expliquer ou fuir encore. Je veux simplement qu’il sache que c’est là. Que ce que nous avons été vit dans ces lignes, même s’il refuse de le regarder en face.

Il a peut-être cru que fuir suffirait, que ne pas voir m’effacerait. Mais un amour ne disparaît pas parce qu’on choisit de ne plus y penser. Une douleur ne s’annule pas en refusant de l’affronter.

Alors voilà. J’écris. J’inscris notre histoire là où il ne pourra plus la nier. Il peut choisir de ne pas lire, mais il ne pourra pas prétendre ne pas savoir.

Moi, je vais finir. Finir ces épisodes. Et quand ce sera fait, je lui dirai que ce blog existe. Non pour qu’il réponde, non pour le faire revenir, mais pour qu’il sache. Parce que cela ne dépend pas de moi. Parce que je ne peux ni le forcer à voir, ni le contraindre à ressentir. Tout ce que je peux faire, c’est affirmer que j’existe.

J’existe.


Selene


Et vous ?

On ne décide pas pour les autres. Chacun trace son propre chemin et fait ses propres choix. Prenez le temps d’écouter votre voix intérieure, de suivre ce qui vous anime, et surtout, n’oubliez jamais que vous avez le droit d’exister pleinement.

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