Je ne suis pas intense. Je suis vraie.
- Selene

- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Je ne suis pas intense. Je suis vraie.

On me dit parfois que mon écriture est intense.
Je crois surtout qu’elle est assumée.
Et peut-être que, dans une société où les femmes apprennent encore très tôt à filtrer leur désir, leur langage, leur manière de regarder, leur manière d’avoir faim… cela suffit déjà à déranger.
Quand j’écris certains textes, notamment ceux de mes lunes les plus charnelles, je ne cherche pas à provoquer gratuitement. Je ne cherche pas non plus à jouer un rôle de femme fatale, ni à construire un personnage calibré pour séduire un regard masculin précis.
J’essaie seulement d’être vraie.
Vraie dans ma façon de ressentir.
Vraie dans ma manière de désirer.
Vraie dans mon regard sur les corps, les tensions, les silences, les jeux de pouvoir, les envies qui traversent parfois une femme sans qu’elle ose toujours les dire.
Parce qu’au fond, les femmes parlent de désir depuis toujours.
Parfois discrètement.
Parfois entre copines, autour d’un verre, dans un éclat de rire ou une confidence plus basse.
Mais beaucoup apprennent encore à édulcorer ce qu’elles ressentent. À rendre cela acceptable. Élégant. Pas trop direct. Pas trop vivant.
Comme si le désir féminin devait rester contenu dans des formes rassurantes.
Et pourtant, une femme peut être tendre et avoir faim.
Douce et profondément charnelle.
Poétique et traversée d’images très physiques.
Elle peut aimer regarder.
Elle peut avoir envie.
Elle peut mener la danse parfois.
Elle peut aussi aimer être guidée.
Elle peut rire du désir tout en le vivant pleinement.
Pourquoi faudrait-il toujours choisir entre la femme sage et le fantasme fabriqué ?
Je crois que ce qui dérange parfois dans mes textes, ce n’est pas tant leur sensualité. C’est le fait qu’ils soient écrits depuis l’intérieur d’une femme qui ne s’excuse pas de ressentir.
Une femme qui ne parle pas uniquement à travers ce qu’on attend d’elle.
Ni dans le prisme exclusif du regard masculin.
Même si ce regard peut être désiré, aimé, joué, célébré parfois.
Je ne rejette ni les hommes, ni les jeux de séduction, ni certaines dynamiques de domination ou d’abandon. Elles existent aussi dans mes lunes. Elles peuvent être belles, troublantes, consenties, jubilatoires.
Mais je refuse l’idée qu’une femme doive vivre son désir uniquement dans une posture dictée de l’extérieur.
Le désir féminin est vaste.
Contradictoire parfois.
Ludique.
Animal.
Spirituel.
Tendre.
Sombre.
Libre surtout.
Et je crois qu’il est important que les femmes puissent enfin parler depuis elles-mêmes.
Pas pour choquer.
Pas pour copier les hommes.
Pas pour devenir “comme eux”.
Mais pour cesser de se censurer intérieurement.
Mon écriture n’est d’ailleurs pas qu’une seule couleur.
Les Lunes d’un Cœur parlent aussi du manque, de la mémoire, de l’amour, des blessures, du silence, de la douceur, de la reconstruction.
Le feu n’est qu’une de mes lunes.
Mais cette lune-là aussi mérite d’exister.
Sans honte.
Sans caricature.
Sans devoir se déguiser.
Alors non…
Je ne suis pas intense.
Je suis vraie.
Et peut-être que, parfois, c’est pire.
Selene





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