Je te vis comme un fleuve
- Selene De Beaumont
- 30 avr.
- 2 min de lecture
Je suis retombée sur ce texte.
Je croyais l’avoir partagé, et puis non. Peut-être parce qu’il était trop brut, trop vivant, trop… à moi.
Aujourd’hui, je le relis avec d’autres yeux. Il témoigne.
De ce que c’est, parfois, de vivre un amour seule.
Pas un manque. Pas une supplique. Juste une vérité qui circule encore.
Alors je le dépose ici, sans attente.
Pour moi.
Et peut-être pour quelqu’un d’autre, quelque part, qui vit un fleuve semblable.
(P.S. : Oui, je sais pour le saumon. Mais que celui qui s’est déjà senti bien en nageant à contre-courant me jette la première écaille.)
Le voilà pour vos yeux salés. 🐟
Je te vis comme un fleuve
Je pourrais te dire que je t’aime.
Mais ce n’est pas assez.
Je te vis.
Je te vis dans chaque souffle,
dans chaque espoir,
dans chaque rêve de demain.
Je te vis encore,
alors même que tu as souhaité notre fin.
Je te vis comme un fleuve s’écoule vers la mer,
sans qu’on ne pense à lui.
Tu coules en moi,
malgré tes contre-courants,
tes ruissellements dans les pierres.
Tu restes dans notre lit.
Pour toujours.
On pourra s’épuiser de toutes nos forces —
on n’a jamais vu un poisson remonter un fleuve à contre-courant.
Le courant, c’est notre amour.
Il n’est pas stagnant.
Il n’est pas opaque.
Il est transparent,
frais,
évident.
La fatigue que l’on ressent,
c’est la lutte.
C’est le refus de se laisser porter.
Mais la vitesse du courant n’est pas notre ennemie.
Elle est la seule direction
qui peut nous emmener vers la mer de notre amour.
Là où, mouillés de vérité,
nous pourrons être heureux.
Selene










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