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La Lune bleue nuit s’éclaircit

Éloge de l'amour simple
Éloge de l'amour simple

La Lune bleue nuit s’éclaircit


Il y a longtemps que je vis entourée de mots.

Ils m’ont sauvée, consolée, traversée. Ils m’ont permis de braver un silence que je n’avais pas désiré et de pouvoir aller au bout de mes ressentis.

Mais trop souvent, ils portaient la trace du manque, le goût d’une absence, la morsure d’un feu qui brûle.

Je croyais que c’était ça, la vérité de l’amour — ce qui se perd, ce qui fait mal, ce qui reste dans la nuit.


Aujourd’hui, quelque chose en moi veut autrement.

Je ne veux plus de cette douleur qui me tient éveillée. Je veux réapprendre à rêver le beau, à célébrer la douceur.

À croire que l’amour n’a pas besoin de drame pour être profond ou être prouvé.

Qu’il peut se dire dans la simplicité d’un regard, le silence d’un soir, la chaleur d’une main, les mots d'une réconciliation douce.


J’avais besoin de faire un chemin de croix face aux choses que je ne me pardonnais pas.

Mais aujourd’hui, je décide que j’ai assez souffert, que mon repentir est sincère et cela doit me suffire.

Il est temps, je ne mérite plus de vivre dans cette peine.


J’ai longtemps cru que la profondeur se mesurait à la souffrance.

Que la beauté naissait du manque, que l’amour, pour être vrai, devait saigner un peu. Les années où j’avais vu ma mère pleurer la disparition de mon père y sont peut-être pour quelque chose.


J’ai caressé l’ombre jusqu’à la connaître par cœur, j’y ai déposé mes mots, mes larmes et mes prières.

Elle m’a façonnée — mais elle n’est plus ma maison.

Elle ne m’a rien rendue.

Aujourd’hui, je veux apprendre à écrire autrement.

À laisser la lumière s’asseoir à ma table.

À célébrer le beau, le simple, le doux.


Je veux écrire l’amour qui ne blesse pas, celui qui s’éveille dans un geste, dans un rire partagé, dans la lenteur d’un matin tranquille, dans le merveilleux du quotidien, dans la joie de la sécurité et dans le bonheur de l’amour réciproque.


Je veux faire l’éloge de la tendresse sans drame, du feu qui éclaire sans brûler, de la chaleur qui tient au cœur et qui dure, simplement.


Le charnel, désormais, sera un prolongement du cœur — non plus une lutte ou une frustration mais une offrande.

Et si la vie me prête encore ses silences, je les remplirai de beauté plutôt que d’absence.


Car il est temps, enfin, de chanter le beau, et d’en espérer l’écho au bord de mes fenêtres.

Je n’en ai pas fini avec l’absence. Elle continuera de traverser mes mots, parfois douce, parfois bleue nuit.

Mais elle ne sera plus un abîme — seulement un souvenir habité de lumière.


Je veux que mes Lunes s’ouvrent désormais à tout ce qui vit, à la douceur, au feu tranquille, à la beauté du simple, au rêve du demain.

J’écrirai encore les manques, bien sûr, mais ils ne seront plus la seule langue de mon cœur.



Peut-être que la paix n’est pas un renoncement,

mais la forme la plus pure de l’amour.


Voici un premier échantillon...



Douceur du soir


Le film continue, quelque part,

dans un lieu qui n’a plus vraiment d’importance,

loin, très loin derrière la brume de nos souffles.

Les voix se brouillent,

dans une langue étrangère à cet instant.

Les images défilent,

et tout devient un bourdonnement doux,

comme un souvenir qui s’efface

à mesure qu’il respire.


Les reflets du film dansent sur ta peau.

Je joue avec tes cheveux du bout des doigts,

sans vraiment y penser,

comme on effleure le calme pour s’y réfugier.

Tes paupières se ferment doucement.

Je devine ton sommeil avant qu’il ne vienne.

Tes lunettes glissent, je les attrape au vol,

et ma main s’attarde là,

sur la courbe tranquille de ta tempe,

à t’effleurer comme on retient un rêve,

juste le temps d’embrasser

les murmures de tes battements.


Le silence s’installe.

Je coupe la lumière jalouse

qui nous regarde en baissant les yeux.

La pièce redevient nuit.

Tu bouges à peine, cherches ma main,

tu sembles un enfant

perdu dans un magasin.

Je me glisse contre toi,

comme on rejoint une évidence.


Et dans la chaleur tranquille de ton corps,

le monde entier peut bien s’éteindre, je suis chez moi.


Les cauchemars nous emporteront peut-être,

mais ensemble, nous n’avons plus peur de rien.



Selene

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