top of page

Le dernier mot


Le dernier mot


Parce que quand on aime encore...
Parce que quand on aime encore...

Je revois encore la scène.

Ton visage fermé.

Ta voix froide, qui me glaçait plus que l’hiver.

Et surtout, ce prénom, mon prénom, prononcé comme un couperet :

— « C’est fini, E. »


Je n’ai pas oublié.

Je n’oublierai jamais le silence après, ni ce « non » tranchant quand j’ai osé demander si tu ne ressentais plus rien pour moi.

C’était comme si tu avais soufflé très fort sur mon feu pour l’éteindre.


Mais tu n’as pas réussi.


Tu m’as laissée avec ce brasier, avec cette brûlure qui ne guérit pas.


Aujourd’hui encore, ton absence me lacère. J’ai peur.

Peur que ce soit vraiment terminé.

Pour toujours.

Peur de ne plus jamais croiser ton regard.

Et pourtant, tu n’as jamais quitté mon cœur.

Tu continues à vivre en moi, à travers chaque battement, chaque larme, chaque pensée qui me frappe, chaque mot que j’écris.


La messe était dite, aurais-je voulu accepter.

Mais au fond de moi, elle résonne encore. Et aucune prière n'est assez forte pour la faire taire.

Je fais tout pour avancer.

Mais mon cœur, cet imbécile heureux, continue d’espérer, d’imaginer une présence là où il n’y a plus rien.


Ces phrases reviennent au détour d’un matin, d’un souvenir, d’un silence.

Elles font mal, toujours aussi mal, même des mois après.


Parce que quand on aime encore, chaque mot du passé devient une cicatrice ouverte.

Parce que quand le cœur brûle encore, rien n’éteint l’absence.



Nous avons tous connu ces phrases glacées qui ne nous quittent pas, senti nos prénoms se briser dans la bouche de ceux qu’on aime.

Des mots qui disent la fin, alors que notre cœur, lui, continue de battre au présent.


Ils ne disparaissent pas.

Mais peut-être qu’un jour, ils deviendront des cicatrices muettes.

Des cicatrices qui n’empêchent pas d’aimer encore.



Selene


Commentaires


bottom of page