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Libre

Libre



J’ai porté trop d'absence,

et de questions

enfouies sous la peau.

Errant dans les rues

de ma vie,

comme une âme abandonnée.

Et même si tout en moi

était brisure, ecchymose,

silence gercé et chagrin,

du cœur, de l’esprit et du corps,

voilà que soudain,

un matin a glissé

sur ma peau fatiguée.


Un ciel,

un soleil,

un pétale doux,

une aube fraîche,

un vent clair

qui fait sourire les cheveux,

ont décidé de se poser sur moi,

et de réchauffer mes yeux.

Ils n'ont rien promis.

Ils m'ont juste rappelé,

que j'étais vivante.


Mon cœur,

mon esprit et mon corps

semblent prêts à se multiplier,

à voir encore

tout le beau

qu’il y a au bord du monde.

Je fais le choix que plus jamais

je ne dépose de courriers à la lune,

plus de regards aux étoiles,

plus de messages aux oiseaux

et au vent,

et plus d'ensorcellement

aux liens invisibles.

Je n’écoute que l’eau claire

qui glisse dans les chemins,

la rondeur d’un fruit mûr

qui tombe au sol sans bruit,

la chaleur sèche d’un mur

auquel on peut enfin s’appuyer

sans peur qu’il ne s’effondre.

Je tends l’oreille au chant des cigales

Plus qu’aux souvenirs,

je tends la main vers la feuille nouvelle,

vers les choses simples et sûres.

Le pain.

Le sel.

La peau qui frissonne par plaisir

et non par manque.

Je suis à l’heure du tangible.

Des présences vraies.

Des mains qui serrent,

pas qui fuient.

Des regards clairs,

pas des silences fuyants.

Je ne veux plus d’énigme

à déchiffrer à l’aube.

Je veux un nom,

un souffle,

un visage éveillé tout contre moi.

Pas des absences poétisées,

pas des échos inventés,

par mon cœur,

piégé dans les ravins

du passé.

Je veux des nuits sans attente.

Des jours qui n’ont pas besoin d’être traduits.

Un présent à déguster

à toute vitesse

avant qu'il ne ferme.


Je marche.

Pieds nus,

sur cette terre qui n’exige rien.

Je veux l’eau,

le feu simple,

les mains visibles,

le regard sans détour,

et le cœur qui tremble.

Je ne demande rien.

Mais je me tiens prête.

Pour ce qui est vrai.

Pour ce qui vient.


Mon cœur, mon esprit, mon corps

veulent bâtir,

et non implorer.

Ils tendent leurs ailes,

à qui ne recule pas.

Ils ne veulent plus

ensorceler de fantômes

mais marcher main dans la main

sur l'écorce, la roche.

Avec le pas sûr

de l'amour qui ne doute pas,

de l'amour qui s'écrit

sur la chair,

à l'encre de l'éternité.


Je suis libre,

et ma liberté ne veut plus jamais

faire de prières

à ceux qui ne répondent pas.


Libre.



Selene

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