Libre
- Selene De Beaumont
- 5 juin
- 2 min de lecture
Libre
J’ai porté trop d'absence,
et de questions
enfouies sous la peau.
Errant dans les rues
de ma vie,
comme une âme abandonnée.
Et même si tout en moi
était brisure, ecchymose,
silence gercé et chagrin,
du cœur, de l’esprit et du corps,
voilà que soudain,
un matin a glissé
sur ma peau fatiguée.
Un ciel,
un soleil,
un pétale doux,
une aube fraîche,
un vent clair
qui fait sourire les cheveux,
ont décidé de se poser sur moi,
et de réchauffer mes yeux.
Ils n'ont rien promis.
Ils m'ont juste rappelé,
que j'étais vivante.
Mon cœur,
mon esprit et mon corps
semblent prêts à se multiplier,
à voir encore
tout le beau
qu’il y a au bord du monde.
Je fais le choix que plus jamais
je ne dépose de courriers à la lune,
plus de regards aux étoiles,
plus de messages aux oiseaux
et au vent,
et plus d'ensorcellement
aux liens invisibles.
Je n’écoute que l’eau claire
qui glisse dans les chemins,
la rondeur d’un fruit mûr
qui tombe au sol sans bruit,
la chaleur sèche d’un mur
auquel on peut enfin s’appuyer
sans peur qu’il ne s’effondre.
Je tends l’oreille au chant des cigales
Plus qu’aux souvenirs,
je tends la main vers la feuille nouvelle,
vers les choses simples et sûres.
Le pain.
Le sel.
La peau qui frissonne par plaisir
et non par manque.
Je suis à l’heure du tangible.
Des présences vraies.
Des mains qui serrent,
pas qui fuient.
Des regards clairs,
pas des silences fuyants.
Je ne veux plus d’énigme
à déchiffrer à l’aube.
Je veux un nom,
un souffle,
un visage éveillé tout contre moi.
Pas des absences poétisées,
pas des échos inventés,
par mon cœur,
piégé dans les ravins
du passé.
Je veux des nuits sans attente.
Des jours qui n’ont pas besoin d’être traduits.
Un présent à déguster
à toute vitesse
avant qu'il ne ferme.
Je marche.
Pieds nus,
sur cette terre qui n’exige rien.
Je veux l’eau,
le feu simple,
les mains visibles,
le regard sans détour,
et le cœur qui tremble.
Je ne demande rien.
Mais je me tiens prête.
Pour ce qui est vrai.
Pour ce qui vient.
Mon cœur, mon esprit, mon corps
veulent bâtir,
et non implorer.
Ils tendent leurs ailes,
à qui ne recule pas.
Ils ne veulent plus
ensorceler de fantômes
mais marcher main dans la main
sur l'écorce, la roche.
Avec le pas sûr
de l'amour qui ne doute pas,
de l'amour qui s'écrit
sur la chair,
à l'encre de l'éternité.
Je suis libre,
et ma liberté ne veut plus jamais
faire de prières
à ceux qui ne répondent pas.
Libre.
Selene










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