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Quand je pense à mon état d’esprit il y a quinze jours à peine…

Dernière mise à jour : 6 juin

Quand je pense à mon état d’esprit il y a quinze jours — peut-être un peu plus, à vrai dire, j’ai cessé de compter.


J’étais encore prise dans ce flou.

Il y avait un reste d’attente.

Des “et si”, des lettres que je n’écrivais plus,

mais que je pensais trop fort.

Des questions en suspens.

J’étais blessée, perdue, presque vide.

Et puis, tout a basculé.

Quelque chose a craqué.

Un déclic.

Un événement violent, inattendu, concret.

Quelque chose qui m’a rappelée à la vie, au présent.

Là, dans le corps.

Dans le cœur.

Dans la vie.

Une douleur m’a traversée,

comme une gifle du destin.

Et j’ai compris.

Que je ne pouvais plus continuer à donner là où rien ne poussait.

Que je ne voulais plus être celle qui espère pour deux.

J’ai vu la mort en face,

même brièvement.

La perte de mémoire.

La douleur.

La panique.

Et derrière tout ça,

une rage de vivre qui ne demandait qu’à sortir.

Une voix qui hurlait :

“Tu ne peux pas t’oublier encore.”

J’ai compris que j’avais survécu à trop.

Que mon corps m’a protégée.

Que j'étais celle qui devait me protéger.

Qu’il est temps de l’honorer,

et de m’honorer moi.

De cesser d’implorer l’invisible,

les absents,

les fantômes.

Et je commence enfin à donner sens à tous les événements durs de cet année.

J’ai repris les rênes.

J’ai équilibré mes relations.

Choisi mes liens.

Rebâti mon énergie.

Réfléchi à mon travail.

Entamé un changement,

qui se fera sur la durée.

Je suis une tempête douce,

une force tranquille.

Je suis toujours aussi solaire,

même blessée.

Et aujourd’hui,

je veux le beau,

le vrai,

le vivant.

Pas des silences flous,

pas des signes codés.


Je veux des mains. Des regards. Des évidences.


Et pourtant, j'écrivais ceci il y a 15 jours (je crois, j'ai enfin cessé de compter)…



Parfois je me demande…

Est-ce que c’était si facile ?

Facile de partir,

De me quitter,

De se défaire de mon parfum,

De mes caresses, de mes mots doux,

De jeter les souvenirs comme des vieux pulls usés ?

Facile de faire comme si j’étais morte ?

Comme si je n’avais jamais existé ?


Alors il a voulu me montrer qu'il avançait.

Avec une autre, ou plusieurs.

Avec un message flou, signé de quelqu'un d'autre

— peut-être lui...

C’était quoi, ce geste ?

Une façon de dire :« Je trace ma route, tu n’es rien » ?

Pourquoi tant de mépris ?

Pourquoi cette violence douce,

Désinvolte ?

Pourquoi ce poignard dirigé vers mon cœur ?


Parfois je me demande…

Se rend-il compte que j’ai écrit un livre pour lui ?

Pour nous.

Comme une main tendue dans le noir,

Comme des petits cailloux semés pour un jour

Retrouver le chemin de l’évidence.

Des nuits entières à lui écrire,

En pensées,

En lettres qu'il ne lira peut-être jamais,

En prières muettes,

En images obsédantes dans ma tête,

En rêves et en cauchemars.


Parfois je me demande…

Se rend-il compte que je l'ai attendu,

Des heures durant,

Devant chez lui, sous un soleil hurlant,

Dans la rue, à la vue de tous,

Tous les soirs chez moi,

Dans mon jardin, au moindre bruit,

En suivant des yeux une voiture

Aux couleurs de celle qu'il avait…

Des secondes

Qui se sont additionnées à des heures,

puis des jours, des semaines,

Des mois à attendre un signe de lui,

À lui écrire sans réponse,

À pleurer seule, sans sa main, sans sa voix,

Sans rien comprendre à rien.

À mettre de côté les luttes de pouvoir.

À ne plus en vouloir du tout, d’ailleurs.

À faire taire ceux qui disaient :

« Tu te rabaisses, tu t’humilies »

Quand moi je ne ressentais

Que de l’amour. Et de la compassion.

Est-ce mal ?


Et lui, jamais il ne s'est dit :

« On vient de m’offrir quelque chose d’unique » ?

A-t-il cru à un piège ?

À une intention cachée ?

Il n’y en avait pas.

C’était juste ma lumière.

Juste l’envie qu’elle le réchauffe un peu,

L’aide à respirer, à se reconstruire.

Je croyais qu'il voulait bâtir sa sécurité,

Se remettre debout.

Mais il a préféré jeter ses deniers au vent,

Pour quelques plumes,

Rejouer de vieilles scènes,

Et m’exposer à ça — Sans conscience.


Pourquoi ?

Pense-t-il que je feins ma douleur ?

Que je dissimule quelque plan obscur ?

Pense-t-il que mes ombres le poursuivent encore ?

Ces ombres, je n’en voulais pas.

Je croyais qu'il en avait besoin.

Je n’ai pas menti.

Je n’aspirais qu’à une chose :

Notre tendresse.

Notre vérité nue.

Nos plus beaux sentiments.


Et lui…

Il n’aspirait plus à rien.

Et c’est ça, le plus dur.


Oui, j’ai tout essayé.

J’aurais tout fait.

J’aurais dépassé mes peurs,

Gravi mes gouffres,

Sauté dans le vide,

Juste pour une seconde dans ses bras,

Pour son sourire,

Pour ses yeux posés sur moi comme un abri.

J’aurais jeté des sorts.

Inventé des formules.

Défait les étoiles, s’il l’avait fallu.

Car il n’y avait rien de plus beau,

Pour moi,

Que les instants partagés avec lui.

Et j'aurais donné tout ce que j’avais

Pour retrouver cet homme-là.

Celui que j’ai tant aimé.



Et maintenant ?

Les Dolomites
Les Dolomites

Je n’ai plus d’espace pour les énigmes.

Plus de place pour les “peut-être”.

Plus de temps pour attendre que quelqu’un me voie.

Je veux vivre.

Alors voilà ce que je vais faire :

Je vais partir.

Cet été, ce sera les Dolomites.

La pierre.

L’altitude.

Le silence qui répond.

La nature qui ne ment pas.

Et comme la vie aime surprendre,

je pense que je ne partirai pas tout à fait seule.

Je vais chercher un compagnon de route, pour me rassurer un peu, quelqu’un de doué en mécanique (condition sine qua non), capable de dompter Francis (mon vieux Vito de 30 ans). Quelqu’un de fiable. D’inattendu. Quelqu’un avec qui je partagerai le bruit du vent dans les pins, quelques bières et peut-être un café brûlant au bord d’un col au lever du soleil.

Cela doit bien se trouver sur des sites de roadtrip, camping ou woofing!



Selene






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