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Quand un poème appelle un autre poème

  • Photo du rédacteur: Selene
    Selene
  • il y a 23 heures
  • 2 min de lecture

Quand un poème appelle un autre poème



Il y a des lectures qui nous accompagnent longtemps.

Et puis il y a celles qui nous arrêtent net.


En ouvrant 50 sonnets pour mes 50 printemps de Souleymane Diamanka, je ne pensais pas refermer le livre pour écrire. Pourtant, dès les premiers sonnets, l’un d’eux s’est imposé à moi.


La pluie.


Cette pluie si familière, si intérieure, qui traverse aussi une grande partie de mon propre univers poétique.


Sans réfléchir, j’ai eu envie de lui répondre.

Non pas pour prolonger son texte, encore moins pour le réécrire, mais pour entrer, le temps d’un sonnet, dans cette conversation silencieuse que les poètes entretiennent parfois à travers les choses.


Son poème regarde la pluie.

Le mien regarde le sourire qui revient après elle.


J’aime croire que la poésie est aussi cela : une main tendue entre deux écritures, où chacun conserve sa voix tout en laissant résonner celle de l’autre.


J’ai eu la joie de savoir que Souleymane Diamanka avait lu mon texte et d’échanger quelques mots avec lui. Son accueil, d’une immense générosité, m’a profondément touchée.


Voici donc ce sonnet, né d’une lecture, d’une émotion… et de cette pluie qui, décidément, n’a jamais fini de tomber sur nos pages.


Réponse au Sonnet 3 de Souleymane Diamanka


Ce matin ne reste plus qu’un sourire dans le ciel

Les nuages ont fait leurs valises craignant le pire

Entre l’église et l’enfer sommeillent les soupirs

Alors que le jeune soleil avant son heure épanche le miel


L’ombre du matin à chaque coin ouvre des portes

La pluie y demeure yeux bandés prête à mordre la nuit

À reculons, elle danse liquide sur les joues et dans les puits

Chacun y va de son prix, pourvu que les larmes sortent


Elle a la persistance des chants qui se sont tus

Le goût amer des promesses rompues

Ce matin le sourire a chassé la pluie


Mais les vers sans cesse la soulèvent

Plus loin, au-delà de l’essentiel, monte la sève

Au nom de la vie, qui détruit et nourrit.


Merci à Souleymane Diamanka pour cette lecture inspirante et pour l’élan créatif qu’elle a fait naître.


Selene

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