SQUASH
- Selene

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SQUASH
Les mots frappent
aux vitres du thorax,
sans relâche.
Balles chaudes enfermées
dans ce huis clos moite
d’un corps en cage,
dont le seul revers
revient toujours
amorti,
vide contre soi.
Je joue seule,
contre les parois vivantes
d’une ossature invisible.
Et le tin
ne claque plus.
Il soupire à peine
dans les fentes
de la vacuité.
Essoufflée
dans ma propre vie,
dans cette enceinte tuméfiée
où personne n’entre plus,
le cœur qui ricoche
sur le verre froid
des nuits de lutte.
Mes doigts écorchés
par les hurlements du manque
ne parviennent plus
à chauffer
cette peau morte,
chair opaque gelée
de n’avoir plus été serrée.
Plus de lèvres dans le cou.
Plus de bras autour du cœur.
Plus de mains au fond du ventre.
L’air, lui aussi,
a fait ses valises
et déserté la poitrine.
À sa place,
entre les côtes,
des fantômes mâchent
cette peau sans rebond
au tempo hachuré,
où la friction
n’arrache aux cuisses,
enceintes fermées,
qu’un bruit sourd,
un frottement sec,
inhabité.
Squash.
Retenu dans l’angle mort
des entrailles de la solitude,
où même le désir hésite à revenir,
craignant de suffoquer en silence
entre les murs des souvenirs.
Selene





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