top of page

Je ne sais pas quand c’est né.

Peut-être que ça existait déjà.
Peut-être que ça existait déjà.

Je ne sais pas quand c’est né.

Peut-être que ça existait déjà.

Avant.

Mon corps, lui, savait.

Bien avant moi.

Avant que le cœur comprenne,

avant que je l’admette.

Et même lui, parfois, bafouille encore.


Je ne me souviens pas du premier baiser.

Je crois qu’il avait déjà eu lieu.

Mille fois.

Dans mes rêves,

dans mon ventre,

dans une autre vie peut-être.


C’est drôle comme certains souvenirs sont flous,

comme s’ils n’étaient pas d’ici.

Je me rappelle des milliards de baisers.

Pas le premier.

Mais tous les autres.

Comme si nous nous étions attendus depuis des âges.

Des éons, tu disais.

Je ne connaissais pas

mais j’avais fait comme si.


Je disais souvent que c’étaient des becquées.

Mais peut-être que c’étaient des tentatives de se rejoindre.

De se retrouver.

Encore.

Toujours.

Sans jamais se perdre.

Et pourtant…


Je ne sais pas quand c’est né.

Et je ne sais pas quand c’est mort.

Si c’est mort.

Si c’est possible.

Pour moi.


Peut-être que j’ai tout réfréné.

Peut-être que j’ai tout créé.

Pour toi.

Mais aussi pour moi.

Je me tenais au bord de tes lèvres.

Comme au bord d’un monde.

Un précipice ultime.

En espérant que ce soit toi qui viennes.

Mais c’est moi qui brûlais.

Comme si tu avais le droit de déclencher

ce que je m’interdisais encore.


Je ne sais pas si c’était toi.

Ou une mémoire plus ancienne.

Mais le désir que je provoquais chez toi,

je le portais déjà toute entière.


Et peut-être que c’est ça, l’amour.

Quelque chose qu’on reconnaît, qu’on crée, qu’on retient.

Quelque chose d’indatable.

Quelque chose qui a toujours été là.

Moi, je sais que j’y ai cru.

Et je sais que j’y suis encore.


Toi, je ne sais pas où tu t’es perdu.

Je ne sais même pas si je suis née un jour à tes yeux.


Selene



Commentaires


bottom of page