top of page

Le jour sans lumière

Le jour sans lumière

Le jour sans lumière
Le jour sans lumière

Il y a des jours où rien ne tient debout.

Pas même moi.

Pas même mes croyances en l’amour, en demain, en l’éventualité d’un apaisement.

Tout est flou, usé, sans éclat.

Comme un miroir qui ne renvoie plus rien, qu’un vieux reflet,

un peu trop seul, un peu trop tard, un peu trop vrai.


Je me sens vieille, mais pas d’années.

Vieille d’avoir trop espéré, trop offert.

Vieille d’avoir attendu à des endroits où l’on ne revient pas.

Vieille d’avoir cru que l’amour pouvait suffire à deux.


Je me sens mal-aimée.

Non pas absente des regards,

mais ignorée dans ma profondeur.

Comme si ce que j’ai donné n’avait jamais eu de poids,

comme si ma tendresse n’avait été que décor.


Aujourd’hui, rien ne me soulève.

Ni le ciel, ni les mots, ni les cartes.

Même ma colère dort.

Reste cette fatigue, au bord des yeux,

et cette solitude que personne ne peut serrer.


Alors je ne me force plus.

Je laisse le jour passer.

Je laisse la peine couler.

Je me laisse, un peu.

Et peut-être que c’est ça, aussi, l’amour de soi.

S’abandonner doucement, sans exigence,

quand on n’a plus la force de se retenir.


Et puis admettre, aussi,

que ce n’était pas moi qu’il rejetait,

mais une image trop floue pour qu’il ose la regarder en face.

Qu’il ne m’a jamais vraiment vue.

Pas en entier.

Pas dans cette force tranquille que j’ai.

Pas dans ce chaos tendre que je cache.


Je me sens ignorée, sous-estimée.

Pas par méchanceté.

Mais parce qu’il n’a jamais voulu savoir ce que j’étais capable d’aimer.

Ce que j’étais capable de porter. De traverser.

Je me suis habituée. Trop.

Je me suis habituée. Trop.

À moins.

À froid.

À vide.

Et un jour, on s’étonne de ce qu’on supporte.

La nuit éduque les âmes perdues en catimini.

Tu n’as même pas eu besoin de donner d’ordres :

ton absence m’a dressée à l’aveugle,

jusqu’à me faire oublier que je mérite mieux.

Mieux que des souvenirs qui brûlent.

Mieux que ce silence qui hurle à travers mes murs.

Mieux que cette image devenue floue

d’avoir été tout pour quelqu’un.

Ou, du moins…de l’avoir cru.


Selene


Commentaires


bottom of page