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"Les Humeurs" de Sélène – le Body count, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer

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"Les Humeurs" de Sélène – le Body count, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer



Il y a des discours qui sentent la naphtaline, même quand ils se déguisent en vérités “sociales” ou “biologiques”.


Le dernier en date ? Celui qui prétend que le nombre d’amants d’une femme déterminerait sa “valeur”.


Comme si le corps féminin devait encore se mesurer, se compter, se comparer.

Comme si notre désir avait besoin d’un code-barres.


Ce fantasme du “body count” n’est qu’une vieille ficelle du patriarcat : celle qui prétend protéger, alors qu’elle contrôle.

On veut bien des femmes libres, à condition qu’elles ne le soient pas trop.

On les veut désirables, mais pas désirantes.

Jouissives, mais pas puissantes.


Et ce qui me sidère, c’est d’entendre certains dire, très sérieusement :


“Je ne veux pas fonder une famille avec une femme qui a eu trop d’hommes.”


C’est grave.

Grave, parce qu’on ne parle plus ici de préférence, mais de peur de la femme vivante.


Grave, parce que ce discours enferme encore l’amour dans une logique de pureté et de contrôle. Comme si fonder une famille devait se faire avec une femme “neuve” plutôt qu’avec une femme vraie.


Le plaisir d’une femme n’est pas un trophée, c’est une langue à part entière.

Chaque amant n’est pas un chiffre, mais une rencontre, un fragment, une exploration.


Et ceux qui comptent sont souvent ceux qui ne savent pas faire l’amour — ils additionnent parce qu’ils n’ont jamais su goûter. Ceux aussi qui ont peur. Peur des femmes qui savent ce qu’elles veulent, qui osent le dire, le demander, le vivre.


Parce qu’une femme qui sait jouir d’elle-même n’a plus besoin d’être choisie : elle choisit.


Alors oui, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer.

Et s’il fallait vraiment parler de rareté, ce n’est pas celle du “produit” qu’il faudrait questionner, mais celle des hommes capables de rencontrer une femme autrement que par son passé.


Selene





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