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Lune rouge - prison de désir

Lune rouge - prison de désir


Prison de désir
Prison de désir

Je sens mon sexe battre entre mes cuisses.

Il m'interrompt en plein geste,

me force à plonger la main dans l'urgence,

à me toucher comme une voleuse,

brusquement,

comme si ma survie en dépendait.


Ce désir est à moi.

En moi.


Je suis son otage et sa passagère,

sa victime et sa tortionnaire.

Mon corps est un dessert subtil,

et je n'ai qu'un cri :

qu'on me dévore à sa mesure.


Chaque parcelle de ma peau hurle

sa douleur de n'être pas caressée.

Je rêve de mille mains pour m'apaiser,

ou d'une seule, la bonne,

pour me réduire au silence.


Mes seins sont tendus,

mes doigts trouvent mille prétextes pour les frôler.

Je joue avec ma ceinture,

je réajuste un vêtement,

je caresse sous de faux motifs.

Je suis un désert qui se frôle lui-même,

et je meurs de soif.


Je ne veux pas des caresses vides,

ni des gestes mécaniques,

ni des soupirs sans visage.

Je veux l'incendie.

Celui qui consume et qui sauve,

celui qui m'arrache à moi-même

pour me déposer nue,

dans les yeux de celui qui sait voir.


Alors j'attends.

Je serre mes cuisses,

je serre mes poings,

je serre ma vie autour de cette flamme.


Chaque nuit,

elle m'arrache des tremblements,

chaque jour,

elle me ronge de l'intérieur.

Mais je préfère brûler dans l'attente

plutôt que me dissoudre dans le vide.


Car je sais qu'un jour,

il y aura des mains pour me défaire,

une bouche pour mordre mes silences,

un corps pour répondre à la violence de mon désir.

Et ce jour-là,

je n'aurai plus de mots.

Seulement le cri,

seulement la jouissance,

seulement la délivrance d'un feu

qui enfin trouve son ciel.


Selene

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