Non, se frotter pour jouir n’est pas une masturbation de « gamine »
- Selene

- il y a 7 minutes
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Non, se frotter pour jouir n’est pas une masturbation de « gamine »
Il existe encore une drôle de hiérarchie dans nos façons de parler de masturbation.
Certaines pratiques seraient adultes, sexy, désirables.
D’autres paraîtraient maladroites, enfantines, pas suffisamment sophistiquées.
Et parmi elles, il y a le fait de se frotter.
Contre un coussin. Un matelas. Ses propres cuisses. Une surface. Ou contre le corps de son ou sa partenaire.
Parce que cela ressemble parfois aux premières façons dont certaines personnes ont découvert le plaisir, cette manière de se masturber peut être regardée comme quelque chose que l’on aurait dû abandonner en grandissant.
Comme si, une fois adulte, il fallait apprendre à « mieux » se masturber.
Pourtant, notre corps ne se préoccupe absolument pas de savoir si notre façon de prendre du plaisir est suffisamment adulte, esthétique ou sexy.
Il répond à ce qui lui fait du bien.
Quand nos représentations nous apprennent à « bien » nous masturber
Nous ne construisons pas notre représentation de la sexualité dans le vide.
Films, séries, réseaux sociaux et surtout pornographie participent à créer tout un imaginaire de ce à quoi une sexualité est censée ressembler.
La masturbation féminine y est notamment représentée de certaines manières beaucoup plus souvent que d’autres.
À force de voir les mêmes gestes, on peut finir par intégrer inconsciemment une sorte de scénario : voilà comment une femme adulte se masturbe.
Et lorsque notre corps préfère autre chose, une question peut apparaître :
Est-ce que je le fais mal ?
Non.
La masturbation n’est pas une chorégraphie. Elle n’a pas à être jolie à regarder.
Certaines personnes aiment la pression plus que les mouvements des doigts
Nous n’avons pas tous et toutes besoin du même type de stimulation.
Certaines personnes apprécient particulièrement les mouvements précis. D’autres recherchent davantage une pression constante, des contractions musculaires, un mouvement du bassin, un contact plus large ou encore un frottement rythmé.
C’est notamment ce qui explique que certaines personnes trouvent spontanément du plaisir en serrant les cuisses ou en frottant leur bassin contre un support.
Cette préférence peut rester présente toute la vie.
Et pourquoi faudrait-il la perdre ?
Si votre corps a trouvé une manière particulièrement efficace et agréable d’accéder au plaisir, il n’existe aucune obligation de la remplacer par une méthode supposément plus adulte.
Le support peut devenir le corps de l’autre
Et c’est là que cette façon de se donner du plaisir devient également intéressante dans la sexualité à deux.
Le frottement n’est pas condamné à rester une pratique solitaire.
Le corps du partenaire peut lui-même devenir une surface de contact : une cuisse, un bassin, un ventre, une partie du corps contre laquelle il est agréable de venir chercher pression, chaleur et mouvement.
On sort alors d’une conception de la sexualité dans laquelle l’un « fait quelque chose » à l’autre. Les deux corps peuvent simplement chercher ensemble la manière dont ils aiment se rencontrer.
Cela suppose évidemment de pouvoir communiquer, ajuster le contact et respecter ce qui est agréable pour chacun.
« Mais ce n’est pas très sexy… »
Pour qui ?
C’est peut-être finalement la question la plus importante.
Lorsque nous observons notre sexualité depuis l’extérieur, nous pouvons commencer à nous demander à quoi nous ressemblons.
Est-ce que ma position est jolie ? Est-ce que ma façon de bouger est sexy ? Est-ce que mon partenaire trouve cela excitant ? Est-ce que je ressemble à ce que je crois qu’une personne désirante devrait être ?
Et progressivement, nous devenons spectateur ou spectatrice de notre propre corps.
Or le plaisir nous demande souvent exactement l’inverse : revenir à ce que nous ressentons.
Une sexualité satisfaisante n’a pas besoin d’être photogénique.
Et si votre partenaire se masturbe ainsi ?
Alors peut-être que la meilleure chose à faire est d’être curieux plutôt que de juger.
Voir quelqu’un se masturber devant soi peut être une forme importante de dévoilement.
La personne vous montre quelque chose de très intime : la manière dont son corps fonctionne lorsqu’elle n’essaie pas de correspondre à vos attentes.
Observer cela peut même devenir une formidable source d’informations.
Quelle pression recherche-t-elle ?
Quel rythme ?
Quel mouvement ?
Quelle position lui permet de se sentir libre ?
Qu’est-ce qui semble augmenter son plaisir ?
Au lieu de penser : « Ce n’est pas comme cela que j’imaginais la masturbation », on peut se demander :
« Qu’est-ce que cette personne est en train de m’apprendre sur son plaisir ? »
Et cette question change beaucoup de choses.
Il n’existe pas de diplôme de bonne masturbation
On peut aimer se frotter toute sa vie.
On peut préférer la pression aux mouvements plus précis.
On peut avoir besoin de serrer les jambes.
On peut aimer utiliser un support.
On peut avoir découvert cette façon de faire très jeune et continuer à l’apprécier des décennies plus tard.
On peut aussi avoir envie d’explorer d’autres formes de plaisir sans jamais abandonner celle-ci.
Une pratique ne devient pas immature simplement parce qu’elle ressemble à la manière dont nous avons découvert notre corps.
Nos premières explorations nous ont parfois simplement appris quelque chose que notre corps savait déjà très bien : ce qui lui fait du bien.
Et peut-être que grandir sexuellement ne consiste pas toujours à apprendre de nouvelles techniques.
Parfois, cela consiste surtout à cesser d’avoir honte de celles qui fonctionnent déjà.
Et si le regard de l’autre avait laissé une trace ?
Parfois, savoir rationnellement qu’il n’y a rien de « mauvais » dans notre façon de prendre du plaisir ne suffit pas. Une remarque, une moquerie, un jugement ou certaines expériences peuvent laisser de la gêne, de la honte, modifier notre rapport à notre corps ou nous empêcher de nous abandonner comme avant.
Si vous sentez que quelque chose reste bloqué, que certaines paroles continuent de vous accompagner malgré vous, ou que vous aimeriez simplement retrouver une sexualité plus libre et plus sereine, je peux vous accompagner en sexothérapie, sans jugement et à votre rythme.
Les consultations peuvent se faire par écrit, par téléphone ou en visioconférence, selon ce qui vous met le plus à l’aise.
Selene





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