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10 fausses bonnes idées sur la fellation : votre bouche n’a pas besoin d’être performante

  • Photo du rédacteur: Selene
    Selene
  • il y a 8 heures
  • 6 min de lecture

10 fausses bonnes idées sur la fellation : votre bouche n’a pas besoin d’être performante


La performance n'a pas lieu d'être !
La performance n'a pas lieu d'être !

Il suffit de chercher quelques conseils sur la fellation pour tomber rapidement sur tout un vocabulaire de performance.

Comment être « meilleure ». Comment aller plus profond. Comment tenir plus longtemps. Comment supprimer son réflexe nauséeux. Comment impressionner son partenaire avec une gorge profonde.


Comme si pratiquer une fellation consistait à acquérir progressivement un ensemble de compétences jusqu’à devenir suffisamment doué·e.


Mais depuis quand le plaisir partagé est-il devenu une épreuve technique ?

Une fellation n’a pas besoin d’être spectaculaire. Elle n’a même pas besoin de ressembler à l’image que nous nous en faisons.


Et surtout : votre bouche n’a pas besoin d’être performante.

Voici donc 10 fausses bonnes idées qu’il serait peut-être temps de laisser de côté.


1. « Une bonne fellation doit aller profondément »


Non.

La profondeur n’est pas une unité de mesure du plaisir.

Certaines personnes apprécient une stimulation profonde. D’autres beaucoup moins. Et la personne qui pratique peut, elle aussi, apprécier ou détester cette sensation.

Or on trouve parfois l’idée qu’il faudrait « entraîner » progressivement sa gorge pour parvenir à accepter une pénétration plus profonde.


Mais avoir un réflexe nauséeux n’est pas un échec sexuel.

C’est un réflexe physiologique de protection.


On peut évidemment découvrir progressivement ce que son corps tolère et apprécie lorsque l’envie vient réellement de soi. Mais il n’existe aucune raison de transformer un inconfort important en compétence à acquérir simplement pour correspondre à une représentation de la « bonne fellation ».

Si votre corps vous dit stop, il n’a pas raté l’exercice.

Il vous donne une information.


2. « Plus on en prend, meilleur c’est »


Là encore, pourquoi ?

Une grande partie des sensations peut provenir de zones accessibles sans chercher une profondeur maximale.

Et surtout, chaque personne possède ses propres préférences.

La sexualité n’est pas une compétition où quelques centimètres supplémentaires permettraient d’obtenir une meilleure note.

Parfois, moins profond mais beaucoup plus attentif sera infiniment plus agréable.

3. « Il faut surtout faire des va-et-vient »


C’est probablement l’image la plus répandue de la fellation.

La bouche avance. La bouche recule. Et on recommence.


Sauf qu’une bouche possède aussi… une langue.


On peut lécher, embrasser, effleurer, entourer, alterner bouche et mains, changer de pression ou de rythme, pincer, aspirer.


Et il n’y a aucune obligation de concentrer toute l’attention sur une seule zone.


Selon les préférences de la personne, les testicules, le périnée, l'anus, l’intérieur des cuisses ou d’autres parties du corps peuvent également participer à l’expérience.


La fellation peut être beaucoup plus vaste qu’un simple mouvement de va-et-vient.


4. « Il existe une technique qui fonctionne sur tous les hommes »


Celle-là serait très pratique.

Malheureusement — ou heureusement — elle n’existe pas.

Certains aiment beaucoup de pression. D’autres très peu.

Certains apprécient énormément certaines stimulations qui laisseront un autre homme parfaitement indifférent.

Certains aiment qu’on varie énormément. D’autres préfèrent qu’on continue exactement le même mouvement lorsqu’ils approchent de l’orgasme.


Et même : certains hommes peuvent ne pas particulièrement aimer recevoir une fellation.


Être un homme ne signifie pas automatiquement aimer toutes les pratiques que notre imaginaire collectif associe à la sexualité masculine.

La meilleure source d’information reste donc rarement un tutoriel.

C’est la personne qui se trouve avec vous.


5. « Si je dois demander ce qu’il aime, c’est que je ne suis pas très doué·e »


C’est probablement l’une des idées les plus dommageables en sexualité.

Nous avons parfois cette étrange croyance selon laquelle être bon au lit signifierait deviner.

Deviner où toucher. Deviner comment. Deviner à quelle vitesse. Deviner ce que l’autre veut.


Mais demander :

« Tu préfères comme ça ? »« Plus doucement ? »« Tu veux que je continue ? » ne témoigne pas d’un manque d’expérience.


Cela témoigne surtout d’une capacité à s’intéresser au corps réel que l’on a devant soi plutôt qu’à une technique apprise ailleurs.

Et la communication n’a pas forcément besoin de devenir un interrogatoire.

Les mots, les mouvements du corps, la respiration, les gestes de l’autre peuvent participer à cet ajustement lorsque chacun se sent suffisamment libre de communiquer.


6. « Il faut reproduire ce qu’on voit dans le porno »


La pornographie montre quelque chose.

Elle ne constitue pas un mode d’emploi.

Une pratique réalisée pour être regardée répond nécessairement aussi à des contraintes visuelles : positions, mouvements, rythme, cadrage, intensité…

Or ce qui est spectaculaire à l’écran n’est pas nécessairement ce qui est le plus agréable dans l’intimité.

Lorsque nous commençons à reproduire une scène plutôt qu’à écouter nos sensations, nous risquons de devenir les spectateurs de notre propre sexualité.

Votre fellation n’a pas besoin d’être jolie à regarder.

Elle doit d’abord pouvoir être agréable à vivre pour les deux participants.


7. « Une fois commencée, il faut aller jusqu’au bout »


Non plus.

Une fellation n’est pas un contrat dont l’orgasme constituerait la clause finale.

On peut commencer et changer de pratique.

S’arrêter.

Passer aux mains.

S’embrasser.

Faire complètement autre chose.

La personne qui reçoit n’a pas échoué si elle ne jouit pas. La personne qui donne n’a pas « mal fait son travail ».

Le plaisir n’est pas toujours une ligne droite allant d’un début vers un orgasme obligatoire.

Et le consentement reste valable pendant toute la pratique : avoir envie de commencer ne signifie jamais devoir continuer.


8. « Celui ou celle qui donne doit se concentrer uniquement sur le plaisir de l’autre »


C’est peut-être ici qu’on oublie quelque chose d’essentiel : la personne qui pratique la fellation possède elle aussi un corps.

Si vous aimez donner du plaisir, la pratique peut être excitante en elle-même.

Alors pourquoi faudrait-il devenir uniquement concentré·e sur l’autre ?

Vous pouvez bouger votre bassin.

Vous caresser.

Vous masturber.

Chercher une position agréable.

Vous laisser exciter par ce que vous êtes en train de faire.


Le plaisir de l’un n’a pas besoin de demander la disparition du plaisir de l’autre.

Une fellation peut parfaitement devenir une expérience partagée, même si les deux personnes ne reçoivent pas exactement la même stimulation.


9. « Être très bon·ne, c’est impressionner l’autre »


Tenir longtemps. Aller très profond. Maîtriser telle technique. Provoquer telle réaction.

Et si nous arrêtions un instant d’essayer d’impressionner ?

Parce qu’à force de vouloir être exceptionnel·le, on peut oublier la personne réelle avec laquelle on partage ce moment.

Peut-être qu’elle ne veut pas être impressionnée.

Peut-être qu’elle veut être écoutée.

Peut-être qu’un geste très simple, parfaitement ajusté à ce qu’elle aime, lui donnera infiniment plus de plaisir qu’une démonstration technique.

La virtuosité sexuelle n’a aucun intérêt si elle nous éloigne des sensations de l’autre.


10. « Il existe une bonne façon de faire une fellation »


Finalement, toutes les fausses bonnes idées précédentes nous ramènent à celle-ci.

Non.

Il existe votre manière de la pratiquer avec cette personne, à ce moment-là.

Et elle pourra être différente avec quelqu’un d’autre.

Ou différente avec la même personne six mois plus tard.

On peut avoir envie de douceur un jour et d’intensité un autre.

On peut aimer une pratique dans certaines circonstances et ne pas la vouloir à d’autres.

On peut aussi ne jamais aimer certaines choses.

Et il n’y a rien à réparer.


Alors, qu’est-ce qu’une « bonne » fellation ?


Peut-être pourrait-on commencer par abandonner cette expression.

Parce qu’une pratique sexuelle n’est pas bonne lorsqu’elle remplit suffisamment de critères techniques.

Elle devient intéressante lorsqu’elle est désirée, consentie, confortable et agréable pour les personnes qui la partagent.


Lorsque chacun peut dire :

plus.

moins.

encore.

pas comme ça.

continue.

arrête.

j’adore.

je n’aime pas.


Et lorsque personne n’a besoin de supporter quelque chose simplement pour prouver qu’il ou elle sait « bien faire ».

La sexualité n’est pas un spectacle.

Ce n’est pas non plus une compétence que l’on doit continuellement perfectionner pour mériter le désir de l’autre.

On peut apprendre, essayer, découvrir, rire, se tromper, ajuster.

Mais peut-être que devenir plus libre sexuellement ne consiste pas à devenir plus performant·e.

Peut-être que cela consiste à devenir de plus en plus capable d’écouter ce qui nous fait du bien — et ce qui fait du bien à la personne avec laquelle nous sommes.


Et si la performance a déjà pris trop de place ?


Il peut être difficile de retrouver cette liberté lorsqu’on a longtemps pensé qu’il fallait « savoir faire », satisfaire l’autre à tout prix ou correspondre à certaines attentes sexuelles.

Certaines remarques, comparaisons ou expériences peuvent aussi laisser de la gêne, de la honte ou la peur de ne pas être suffisamment « bon·ne ».

Si ces pensées vous empêchent aujourd’hui de profiter pleinement de votre sexualité, je peux vous accompagner en sexothérapie, dans un espace sans jugement et à votre rythme.

Les consultations peuvent se faire par écrit, par téléphone ou en visioconférence, selon le format dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise.


Selene

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