Quand une œuvre demande à sortir
- Selene

- il y a 3 jours
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Quand une œuvre demande à sortir
Il y a des textes que j’écris pour tenir debout. D’autres parce qu’ils hurlent à mes oreilles.
Et puis il y a ceux que je dois maintenant apprendre à laisser partir.

Les Lunes d’un Cœur est terminé depuis longtemps.
Dans son essence, dans sa vérité, dans ce qu’il avait à dire.
Je le sais. Je le sens. Je n’en doute pas.
Et pourtant, je tarde.
Non pas parce que l’œuvre n’est pas prête.
Mais parce que le moment où elle quitte mes mains me fait peur.
J’ai écrit ce recueil dans une zone très intime, très nue, très organique.
Il est né sans stratégie, sans attente, sans regard extérieur. Enfin presque.
Il m’a accompagnée, portée, parfois même sauvée.
Aujourd’hui, ce n’est plus l’écriture qui me met en difficulté.
C’est la mise en page.
Le cadre.
Les choix techniques.
Les mentions légales.
La peur de “mal faire”, de “mal éditer”, de trahir le texte par une forme qui ne lui rendrait pas justice.
Je crains qu’il ne soit pas assez beau.
Je crains d’oublier quelque chose.
Je crains que le regard posé dessus change… et me fasse vaciller.
Parce que cette fois, je ne l’écris plus seulement pour moi.
Je veux le montrer.
Le proposer.
Le porter.
Aux lectrices et lecteurs, aux bookstagrammeuses.
Peut-être à des salons.
Peut-être à des inconnus.
Et cette idée-là me bouleverse.
Ce n’est pas un manque de fierté.
Au contraire.
C’est parce que je l’aime profondément que je tremble.
Je suis exigeante, parfois trop.
Je relis, je reprends, je questionne chaque détail.
Je suis à la moitié de la relecture complète des Éclats et je sais que j’irai au bout.
Je n’ai pas voulu de bêta-lecteurs.
Pas parce que je me crois au-dessus.
Mais parce que ce texte est encore trop vivant en moi.
Trop sensible.
Trop vrai.
Je sais pourtant que je vais le mener à terme.
Je sais que je vais traverser cette peur.
À mon rythme.
Avec délicatesse.
Les Jardins Lunaires ont toujours été un refuge.
Mais un refuge n’est pas une cachette.
Un jour, il faut ouvrir la grille.
Et ce jour-là approche.
Selene










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