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Scénarios Interdits #17 – La partie de billard

  • Photo du rédacteur: Selene
    Selene
  • il y a 4 heures
  • 5 min de lecture

Scénarios Interdits #17 – La partie de billard


La partie de billard
La partie de billard



 

Il s’est penché sur la table comme si le monde dépendait réellement de cet angle précis.

 

La lumière suspendue au-dessus de nous découpait ses épaules dans une clarté chaude. Le reste de la pièce disparaissait presque. Il n’y avait plus que le velours vert, ses mains, et cette concentration qui le rendait terriblement sérieux. Et attirant.

 

Moi, je n’ai pas regardé la bille.

 

J’ai regardé ses doigts.

 

La craie bleue qu’il frotte avec lenteur sur l’embout. Le bois poli qui glisse dans sa paume. La manière dont son pouce ajuste, vérifie, insiste.

 

Il retient son souffle.

 

Je m’approche.

 

Très près.

 

Assez pour sentir la chaleur de son dos à travers le tissu. Assez pour que mon parfum trouble sa ligne parfaite.

 

« Tu vises laquelle ? » je murmure.

 

Il sourit sans me regarder.

 

La bille blanche part. Collision nette. La rouge caresse la bande avant de rouler jusqu’à la poche.

 

Précis.

 

Je me rapproche encore.

 

Mon genou effleure sa cuisse. Accidentellement. Ou presque.

 

« Toujours aussi précis ? »

 

Ma main descend derrière lui.

 

Lentement.

 

Je sens sous ma paume la tension de son corps. Une pression brève sur ses fesses. Ferme. Insolente.

 

Je n’insiste pas.

 

Mais je ne retire pas tout de suite.

 

« Ne force pas surtout. »

 

Cette fois, sa respiration change. Je la sens dans son dos. Plus courte. Plus dense.

 

Le coup suivant part trop vite.

 

À peine trop.

 

Il rate.

 

Minuscule erreur. Délicieuse fissure dans son assurance.

 

Vexé, il se redresse. Son regard s’assombrit.

 

« Viens. »

 

Il place la queue dans ma main. Ses doigts referment les miens avec autorité.

 

Je me penche.

 

Ma robe effleure le rebord de la table. Le velours accroche légèrement le tissu. Ma peau frissonne.

 

« Ne bouge pas. »

 

Sa paume glisse le long de mon poignet. Ajuste l’angle. Descend un peu plus bas pour corriger l’alignement.

 

Son torse se plaque contre mon dos. Stable. Chaleureux.

 

Son souffle glisse dans mon cou.

 

« Regarde la blanche. C’est elle qui décide du jeu. Si tu frappes trop vite, tu perds. Si tu hésites, tu perds. »

 

Je sens sa voix plus que je ne l’entends.

 

« Tout est dans le contrôle. »

 

Il ralentit mon geste. Guide le va-et-vient presque imperceptible qui prépare l’impact.

 

« Maintenant. »

 

Je frappe.

 

Le choc est doux. Presque intime.

 

La bille roule.

 

Le temps se dilate. Elle frôle la bande, hésite, revient dans une trajectoire parfaite.

 

Puis s’enfonce lentement dans la poche.

 

Je me redresse.

 

Il est encore contre moi.

 

Je relève la tête.

 

« Le secret, c’est l’effet. Tu vois ? »

 

Oui.

 

Je vois très bien.

 

Je vois le trouble dans son silence.

Je vois qu’il n’a pas oublié ma main.

Et je crois qu’il n’est plus certain de maîtriser la partie.

 

Surtout que j’ai décidé d’en changer les règles.

 

Je me suis allongée sur la table de billard sans le prévenir. Le velours a accroché mes cuisses nues sous la robe. La lumière suspendue au-dessus de nous rendait la scène presque irréelle.

 

Il a levé les yeux.

 

Enfin.

 

Je me suis cambrée légèrement, juste assez pour que le tissu remonte, juste assez pour que le jeu devienne autre chose.

 

« Tu disais que la blanche décide ? »

 

Ma voix était calme.

 

Le silence autour de nous vibrait.

 

J’ai saisi la bille blanche et l’ai fait glisser sur mes lèvres, le long de mon cou, sur mes épaules, puis sur mes seins, très lentement. Je suis descendue sur mon ventre, traçant une ligne fraîche sur ma peau échauffée.

 

Je lui ai lancé un clin d’œil.

 

Je l’ai entendu déglutir.

 

Il s’est approché lentement.

Plus lentement que tout à l’heure.

Comme si le moindre geste pouvait faire basculer quelque chose d’irréversible.

 

Je sentais son regard sur ma peau.

Pas pressé.

Pas brutal.

 

Juste intense.

 

J’ai continué le voyage de la bille plus bas, entre mes cuisses, après avoir soulevé ma robe de l’autre main. L’air contre ma peau m’a fait frissonner. Il n’était plus qu’à quelques centimètres de moi, complètement hypnotisé par mes gestes.

 

Brusquement, il s’est emparé de la queue de billard et l’a glissée le long de ma cuisse.

 

Le bois froid contre ma peau nue.

 

Une vague m’a traversée, nette, incontrôlable.

 

Je me suis arquée davantage contre le velours, mes doigts s’ancrant dans le tapis comme pour retenir ce qui menaçait déjà de m’emporter.

 

Il a remonté lentement la queue le long de ma jambe, effleurant, traçant une ligne invisible jusqu’à la naissance de ma hanche. La lumière rouge dessinait des ombres sur ma peau, accentuant chaque mouvement, chaque respiration.

 

Je me suis tortillée malgré moi.

 

Il a laissé glisser l’extrémité du bois plus haut, soulevant le tissu sans brusquerie, savourant le pouvoir de décider du rythme.

 

Ma poitrine se soulevait plus vite.

Un soupir m’a échappé.

 

La salle semblait retenir son souffle avec nous.

 

Il a attrapé la bille noire.

 

Froide. Lisse. Implacable.

 

Il l’a fait rouler entre ses doigts avant de la poser contre ma peau. La fraîcheur m’a fait frissonner de nouveau. Il a effleuré, insisté à peine, laissant la sensation s’installer, me traverser. Il a libéré ma poitrine avant d’en frôler l’extrémité avec la bille.

 

Je tremblais.

 

Pas de peur.

 

D’anticipation.

 

Son regard a changé.

Plus sombre.

Moins joueur.

 

Il ne parlait plus.

 

Et c’est peut-être ce silence qui m’a le plus troublée.

 

Je l’ai attiré vers moi.

 

Nos lèvres se sont trouvées sans hésitation, profondes, impatientes, presque affamées. Nos langues ont inventé des paysages étrangers.

 

La table a gémi sous son poids lorsqu’il s’est hissé sur moi.

Le velours s’est froissé sous nos corps mêlés.

 

La lumière était toujours là, implacable au-dessus de nous.

Comme un projecteur.

Comme un témoin.

 

Quelqu’un aurait pu entrer.

 

La porte n’était pas verrouillée.

 

Mais à cet instant, plus rien n’existait que la chaleur, la tension, le vertige d’être vus — peut-être — et de ne pas reculer.

 

Le jeu avait quitté le tapis.

 

Et nous n’étions plus certains de vouloir gagner.

 

Il a glissé une main derrière ma nuque.

L’autre s’est ancrée à ma hanche, ferme, décidée.

 

Il ne cherchait plus à viser.

Plus à contrôler.

 

Il me cherchait, moi.

 

Il a débarrassé le peu de tissu qui m’entravait.

 

Je l’ai senti contre moi, sans distance, sans retenue. La pression de son corps répondait à la mienne, nos respirations se heurtaient, se mêlaient.

 

Je me suis ouverte à lui sans réfléchir.

 

Le velours sous mon dos.

Sa chaleur au-dessus de moi.

 

Il m’a serrée davantage, comme si la table pouvait disparaître, comme si la pièce entière pouvait s’effondrer autour de nous.

 

Il n’y avait plus de billes.

Plus d’angle.

Plus de règles.

 

Seulement cette étreinte urgente, profonde, où nos corps se sont trouvés avec une évidence presque brutale.

 

La lumière rouge nous enveloppait.

 

Et cette fois, ce n’était plus un jeu.

 

C’était une collision.

 

Selene


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