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- Fièvre
Fièvre Fièvre Il pourra s’asperger de mille parfums, se brûler la peau à l’encre d’autres souffles. Il pourra poser ses lèvres nues sur des ombres délicates, inscrire un autre nom dans sa tête… Mais c’est bien son sourire que son corps réclamera, encore, en tremblant. Il pourra écrire des lettres sirupeuses, s’évader en mille lieux qu’elle ne connaît pas, avancer à toute allure pour balayer sa trace et suivre de nouveaux pas. Il pourra hurler sa voix dans une rage folle, maudire le jour qui l’a conduit jusqu’à elle, gratter l’éclat de leur amour à la rouille de ses doigts, salir leurs draps et jeter toute trace d’elle… Mais c’est bien son cœur que son cœur réclamera, encore, en tremblant. Elle restera celle qu’il rejoint chaque nuit dans le silence de ses pensées et dans le creux de son âme. Elle restera celle qui a écrit un avant et un après. Elle restera celle de ses rêves les plus purs et les plus sombres. Elle restera l’insomnie de ses nuits. Elle restera celle qui a laissé au fond de lui une marque de feu, dont l’odeur sauvage l’assaillira dans l’ombre, jusqu’à le réveiller en sueur. Elle restera le jour éternel — celui des matins doux, dont la saveur jamais ne meurt. Il sentira encore ses ongles s’ancrer dans sa chair, la morsure lente de ses lèvres qui n’ont connu que lui, lui rappeler qu’il l’a portée comme une fièvre, et que de ce mal, il ne peut guérir. Car ce qui est sacré ne peut être souillé. Ce qui est sacré brille dans les grottes les plus obscures. Ce qui est sacré fait renaître une aube claire en plein orage. Selene
- Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 3 : Quand il creusa, il toucha bien plus que la terre.
Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 3 : Quand il creusa, il toucha bien plus que la terre. Journal d'une semeuse de troubles épisode 3 Le petit déjeuner a laissé une trace dans l’air, un mélange de café noir, de bacon et de sous-entendus parfaitement cuits. Steven s’est levé avec un regain d’énergie. Peut-être le café. Peut-être moi. Il prend sa bêche, un peu trop fermement. Il s’attaque à un parterre comme s’il devait y enfouir ses pensées. Je m’installe non loin, avec un livre que je ne lis pas. Les pages tournent, mais mes yeux sont ailleurs. Exactement là où il est. Il transpire. Je le regarde. Il le sent. Je ne le cache pas. Il ne comprend pas si c’est une torture ou une initiation . Alors je te lève. Je marche doucement vers lui. Silence . Chaleur. Feuillage frémissant de tension. Herbes hautes qui espionnent la scène. Je m’arrête à un mètre. Juste ce qu’il faut pour ne pas le toucher. « Tu veux que je t’aide à planter quelque chose ?” Ma voix est douce. Elle glisse. Elle pique. Il me regarde. Il hésite. Il ne sait pas si je parle de graines ou de gestes. Alors j’effleure une tige de gingembre : “Faut savoir ce qu’on met en terre… y a des choses qui poussent très vite quand on s’y prend bien.” La phrase résonne dans ma tête longtemps après l’avoir prononcé, Je savoure la couleur que je viens de tatouer sur ses joues. Il avale sa salive. Et ses principes . Surtout ses principes. Pendant qu’il creuse, il sait : ce qu’il touche n’est plus seulement la terre. C’est une histoire qui germe , sans qu’aucun mot ne l’ait encore nommée. La bêche ? Ce n’est que le début des ennuis. Selene
- Merci
Merci Je me demande s’il s’en souvient. De ce moment précis. Où il m’a dit je t’aime, comme on ouvre une porte, plein d’élan, plein d’espoir. Et j’ai murmuré : merci . Pas par cruauté. Mais parce que c’était le seul mot que je pouvais dire sans mentir. Je n’étais pas prête. Ou peut-être que je l’étais, mais pas pour lui. Et lui… Il a cru que c’était de la pudeur. Que ça viendrait. Mais non. Ça ne vient pas, l’amour, quand il n’a pas planté ses racines au début. Alors, plus tard, quand je suis partie, — il faisait jour ou nuit — j’ai soufflé : « Je ne t’aime plus. » (Comme si c’était arrivé entre-temps.) Mais la vérité ? C’est que je ne l’avais jamais aimé. Pas vraiment. Pas comme il fallait. Pas comme il voulait. Je crois qu’il le savait déjà. Depuis ce merci qui sonnait si bien qu’il a préféré ne pas entendre la fin. Et rester à la porte de ces mots, qui n’ont pas beaucoup plus froissé sa veste. Selene
- « À moi-même, avec bienveillance »
« À moi-même, avec bienveillance » Le tirage de ce soir Il y a des jours où je m’en veux terriblement. De ne pas avancer. De ne pas me remettre sérieusement à ma formation. De fuir . De faire tout sauf ça. Je m’en veux de perdre du temps, alors qu’au fond, je sais à quel point j’ai envie d’y arriver. Et ce soir, une simple question posée aux cartes m’a traversée comme une flèche : Est-ce que je vais réussir à m’y mettre vraiment ? Et les larmes sont venues. Parce que cette question n’est pas anodine. Parce que derrière, il y a toute la peur de ne plus être à la hauteur, la culpabilité, le découragement, et la colère contre moi-même. L’angoisse de ne plus être cette version de moi qui savait rebondir, apprendre, changer de vie encore. Et je suis fatiguée. Et j’ai honte de cette fatigue . Je doute de moi, pour la première fois vraiment. Pas dans mon cœur . Il n’a jamais mieux su sa place. Mais dans ma force . Je me compare à celle que j’étais avant. Et je me traite comme une flemmarde. Alors que je suis juste une femme épuisée par trois années de luttes et de chaos. Quand je regarde ce que j’ai porté cette année et demi, je suis bouleversée. J’ai tenu. Ma mère qui déconne. Ma fille qui a vécu des crises graves. Et moi qui essaie de m’occuper le mieux possible de ce petit monde. Mon nouveau poste où je me suis battue, seule, sans connaître personne, sans amitié repère. Cinq établissements différents, cinq équipes. Et autant de monde à convaincre de me faire une place. Des déplacements constants. Et j’y suis parvenue… mais à quel prix ? Moi qui cherchais la paix , et non les preuves encore. Une rupture terrible. Une solitude immense, et ceux que je pensais là… ne l’étaient pas vraiment. Parfois de mon fait, parfois clairement du leur. Et personne pour m’aider. Je rêvais de ce moment à deux dans le lit, chacun un bouquin ou un ordinateur, quelqu’un à mes côtés, une main, une présence. Et des mots simples : “Tu veux que je t’interroge sur ton chapitre ? Tu vas y arriver, mon amour.” Si simples et pourtant jamais entendus, jamais vécus. Alors que j’ai déjà plusieurs reconversions à mon actif. Un besoin de quelqu’un qui regarde et dise : “je te vois, je suis là.” Pas pour faire à ma place. Juste pour que je n’aie plus à être la guerrière, le mentor et le témoin. Pour ne pas avoir à tout porter seule, encore . Parce que je n’ai plus envie de faire semblant d’être invincible . Je ne suis pas fâchée contre moi. Je suis épuisée. Et en colère contre cette partie de moi qui ne comprend pas qu’elle a le droit d’être fatiguée. Pendant trois ans, j’ai enchaîné : des galères mécaniques avec la voiture de ma fille, les démarches d’auto-école, les mails juridiques, les conflits de voisinage, deux déménagements, des travaux, un bricolage continu, et des kilomètres de route tous les jours… Et dans tout ça, j’ai travaillé. J’ai créé. J’ai aimé. Mais je me compare encore à une version de moi qui n’avait pas été si malmenée. Quoi que… Et je me juge. Et j’ai honte. Alors que j’ai tenu debout dans une tempête. Et ce soir, les cartes m’ont répondu. 🃏 La première m’a dit : Tu es en colère contre toi car tu confonds ton épuisement avec de la paresse. Ce n’est pas vrai. 🃏 La deuxième m’a brisé le cœur. Elle m’a fait pleurer. Elle m’a rappelé ce que je sais : Tu n’as pas perdu ta force. Elle s’est mise en pause parce que tu n’en pouvais plus d’être forte sans amour. 🃏 La troisième m’a doucement redonné du souffle : Tu peux recommencer en t’occupant de toi. Pas en t’obligeant. En te retrouvant. Et là, j’ai compris. Je n’ai pas “raté” ma reprise. Je suis en convalescence. Et ce n’est pas de l’échec. C’est une nécessité. Alors aujourd’hui, je vais me parler comme à une amie. Je vais me dire : 🕯️ Tu n’as rien à prouver. 🕯️ Tu peux avancer sans te forcer. 🕯️ Tu peux recommencer par une page, un paragraphe, un pas. Tu n’as pas perdu ta force, Selene. Tu es simplement en train de revenir à toi. Et les cartes… Elles m’aident à me réentendre. À retrouver cette voix douce, forte, profonde. La mienne. 🕯️ Il faut changer d’arme. Tu n’as plus besoin de ta rage. Tu as besoin de bonté envers toi. Pas de celle qu’on te donne ( même si ce serait doux ), mais de celle que tu t’offres. Vraiment. Essaie de respirer un instant avec cette phrase : Ce n’est pas que je n’y arrive pas.C’est que j’ai tout porté seule. Trop longtemps. Et maintenant, j’ai le droit de poser les armes, et de me soigner. J’ai vécu une année démesurée. Je me suis prouvée à tout le monde. Mais je ne me suis pas encore prouvé que je pouvais exister aussi dans la lenteur, dans l’après-coup, dans le soin. Et c’est maintenant que ça commence. 🩶 Et toi, où en es-tu ? Si tu as besoin d’un petit éclairage, tire une carte pour toi-même. Ou commente “💬” et je te propose un tirage pour y voir plus clair dans ton propre blocage. Tu peux directement y accéder ici . 👈 🩶 Parfois, c’est dans la douceur qu’on recommence à respirer. Selene
- Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 2 : Le petit déjeuner était presque innocent
Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 2 : Le petit déjeuner était presque innocent Journal d'une semeuse de troubles épisode 2 Épisode 2 : Le petit déjeuner était presque innocent Il est 7h42. Le soleil s’étire sur les pierres chaudes de la terrasse. Je suis là, déesse en short fluide et débardeur discret mais stratégiquement transparent, enfin, une déesse qui a déjà transpiré en tentant de déplacer un pot de pommier trop grand pour elle… Je verse le café avec une lenteur maîtrisée. Le jardin embaume la Provence, la douceur de vivre et… le fantasme. Steven entre, armé de bonnes intentions et d’un t-shirt légèrement trop serré au niveau des épaules (par accident, sûrement). Je le salue d’un simple “Bonjour” — celui qui dure un peu trop longtemps sur les voyelles, avec un air mutin. Il sent que ce jour ne sera pas juste un jour de coupe de haie. Et cette pensée lui met du rose aux joues. Je me retourne, douce et solaire : “Tu veux un café ? Ou t’as besoin d’un thé pour redescendre de ta visio d’hier après-midi ?” Il sourit, un peu troublé. Il répond “café”, mais son cerveau dit “aide-moi”. Je sors le bacon et la plancha. Le VRAI test commence. “Et le bacon… tu le veux croustillant ? Ou tu veux que je te le retourne doucement ?” Silence. Son âme quitte son corps. Il tousse. “Comme tu veux”, dit-il, la voix un peu rauque. Il ne sait même pas ce que je veux dire, et je ris à tout rompre à l’intérieur. Mais son regard est désormais bloqué sur ma main tenant la spatule comme si elle pouvait inverser sa destinée. Spoiler: elle ne peut pas. C’est écrit. Je m’approche de sa chaise, frôle légèrement son bras avec mes hanches, je pose l’assiette avec un sourire qui aurait mérité un avertissement légal : “Moi je suis sucré le matin… mais je peux faire salé si ça t’aide à tenir la bêche plus longtemps.” Il regarde le jardin. Il regarde mes jambes. Il ne sait plus ce qu’il doit tailler exactement. La suite arrive. Et crois-moi, la bêche n’est que le début des ennuis. Selene
- Les Lunes s’ouvrent…
Les Lunes s’ouvrent… ✨ Les jardins lunaires changent de peau Ce n’est plus une seule voix . C’est un chœur de vérités . Celles que j’ai vécues, il y a peu, il y a loin . Celles que j’ai imaginées . Celles qu’on m’a confiées . Celles que j’aurais pu vivre . Celles que vous avez certainement vécues. À partir d’aujourd’hui, 🌘 certaines Lunes ont pleuré 🌔 d’autres ont brisé 🌑 d’autres ont traversé Éclat de lune retrouvé Des fragments d’histoires. D’amour, d’amitié, de famille… Parfois vraies. Parfois fausses. Passé proche, passé lointain, futur imaginaire. Mais toujours senties . Toujours justes . Je ne vous dirai pas ce qui m’appartient. Je ne le saurai pas toujours moi-même. Car mon cœur devient un temple. Et les Lunes… un espace de résonance . À lire. À ressentir. À projeter. 🩶 Bienvenue dans la mue. Selene
- Aménager un bout de liberté
Aménager un bout de liberté Big jet plane 🚐✨ Francis a dix mois. C’est mon fourgon. Mon compagnon de route, de rêve, d’ailleurs. On a déjà roulé un peu, pris la route ensemble… Mais je n’ai encore jamais dormi dedans. Pas une seule nuit. Pas encore. Et pourtant, ça me titille. Pas pour partir loin, pas pour faire comme les autres. Juste pour être là, avec moi, autrement. Simplement . J’adore les proportions :-D et le fait que je ne sois qu’un tronc 😂 alors je vous la partage ! (Sans mentionner la conductrice…) Avant, j’avais une idée plus grande , plus parfaite. Je me voyais accompagnée, épaulée, construisant quelque chose de d’instagrammable, de beau, de fonctionnel, de “comme il faut”. Mais voilà : je ne voyais pas comment, seule. Et puis je me suis demandé : de quoi je me sens capable, moi, aujourd’hui ? Pas dans six mois. Pas après mille tutos ou mille euros. Juste là. Avec mes mains, mes moyens, mes envies douces de vanlife. Alors je vais faire simple . Des caisses empilées. Des tapis de yoga. Une chute de lino si j’en trouve. Ce ne sera pas parfait. Mais ce ne sera pas rien. Ce sera mon refuge ambulant. Mon silence à roulettes. Mon nid de fin d’été. Parce qu’en fait, je n’ai plus envie de perfection. J’ai envie de mouvement. De me sentir capable, même à petite échelle. De faire quelque chose… juste pour moi. ✨ Ce ne sera pas du grand art. Mais ce sera du vrai. Et toi ? De quoi tu te sens capable aujourd’hui, si tu ne cherchais pas à bien faire… mais à te faire du bien ? Selene
- Et si le vrai amour de soi commençait… quand tout s’effondre ?
Et si le vrai amour de soi commençait… quand tout s’effondre ? On nous apprend à nous aimer dans la réussite. Quand on avance. Quand on est forte. Quand on assure sur tous les plans. Et peut-être encore plus, certainement encore plus… quand on est une femme. On s’aime quand on coche les cases : ✨ être une bonne mère ✨ être une femme qui assure ✨ être une humaine fonctionnelle et inspirante. Et c’est vrai : c’est plus facile de s’aimer dans la performance. Quand on sent qu’on mérite. Quand on a le rôle. L’image. Le masque brillant. Mais que reste-t-il de cet amour, quand le masque tombe ? Quand la réussite se retire ? Quand on est fatiguée, lente, vulnérable ? C’est là que tout se joue. Aimer celle qui ne donne rien. Qui ne “sert” à rien. Qui ne va pas bien. Qui pleure dans la cuisine sans raison. Aimer cette version de soi. Celle que personne ne glorifie. Celle qu’on nous a appris à cacher. C’est ça, la vraie mue. Parce que le succès ne transforme pas, il camoufle. Il fait tenir le décor. Mais la brisure, elle, révèle. Elle désarme. Elle déshabille. Et c’est là qu’on peut enfin choisir : Non pas de faire illusion. Mais d’être. Je ne veux plus être applaudie. Je veux être vue. Je ne veux plus jouer un rôle. Je veux simplement rencontrer , vraiment. Moi. Et l’autre. Sans costume, sans étendard, sans armure. Parce que le vrai amour commence là . Dans le dénuement. Dans les larmes qu’on n’habille pas. Dans les silences qui ne servent aucun récit. Et tu sais quoi ? Le succès ne transforme pas. Il maquille. ✨ La vraie mue… elle vient quand on accepte de ne plus paraître. Quand on ne fuit plus nos parts honteuses. Quand on choisit d’être du côté de la révélation. Scars to your beautiful Et toi ? Est-ce que tu t’autorises à t’aimer… même quand tu ne vas pas bien ? Est-ce que tu la regardes avec bienveillance celle-là ? Celle qui n’avance plus, mais qui est encore là. Selene
- Aimer autrement n’est pas aimer mal - Ou comment j’ai cessé de croire qu’il fallait mériter l’amour en se conformant
« Ce n’est pas parce que j’aime autrement que j’aime mal. » 🌿 Aimer autrement n’est pas aimer mal - Ou comment j’ai cessé de croire qu’il fallait mériter l’amour en se conformant 1. Ce qu’on attend de nous, et ce qu’on est Depuis l’enfance, on m’a dit comment aimer. Que ce soit en tant que fille / petite-fille, en tant qu’amie, en tant que femme. Les appels réguliers, les messages quotidiens, les rituels de présence imposés : voilà ce que signifiait “être une bonne personne” qui prend soin des autres et du lien. Et j’ai tenté. J’ai même obéi à des injonctions souvent. Mais j’ai compris que dans cette obéissance et surtout dans l’acceptation que je devais probablement faire mal, je m’éteignais . 2. Le langage unique de l’attachement : une violence douce Il y a autant de manières d’aimer qu’il y a de cœurs . Certains aiment en présence constante, d’autres dans le silence fidèle. Certains par des mots, d’autres par des actes. Et quand on impose à l’autre une norme affective , on l’oblige à choisir entre sa nature et notre validation . Ma fille me l’a montré récemment. Elle traverse une crise avec une amie proche, qui lui a demandé de revoir certaines de ses réactions. Et elle a choisi de le faire. Pas pour plaire. Mais parce qu’elle a senti qu’il y avait là quelque chose de juste. Elle ne s’est pas trahie, elle s’est ajustée. C’est très différent. 3. Je ne suis pas dépendante, je suis intensément loyale Certains m’ont dit que mon attachement était excessif . Qu’en amour, je devenais dépendante. Mais ce qu’ils appellent “dépendance”, c’est l’expression d’un lien profond, qui ne s’effrite pas au premier silence . Parce que j’aimais fort. Parce que j’attendais parfois. Parce que je souffrais de l’absence. Aimer fort n’est pas aimer mal. Et c’est aussi ma capacité à interrompre ma vie pour un(e) ami(e) qui souffre , à me déplacer pour aider , à ne pas juger ce que je ne vis pas … Ce n’est pas de la dépendance affective. C’est de la loyauté du cœur. 👉 La dépendance affective , c’est quand on ne peut plus faire un choix seul. Quand le regard de l’autre devient condition de notre valeur. Quand on ne sait plus qui l’on est, en dehors du lien. Moi, j’ai toujours fait mes choix seule. De carrière. De ville. De maison. De chemin de vie. J’ai eu mal parfois. Mais je suis restée quand je croyais encore . Et ça, ce n’est pas une faiblesse. C’est une forme de fidélité à ce que j’ai ressenti. C’est pareil pour l’amitié : Je ne suis pas toujours là dans les appels ou les sorties. Mais je suis là quand tout s’effondre, pour célébrer, pour guider aussi parfois. Quand il faut porter, héberger, interrompre, consoler. Je ne suis pas une présence de surface. Je suis une présence de fond. 4. Mes limites aujourd’hui Je ne veux plus jamais qu’on ose me signifier que j’aime "mal" . Qu’en amour, je suis trop. Et qu’en amitié, je ne suis pas assez. Je n’autoriserai plus jamais qu’on me colle des étiquettes : « Trop entière, pas assez démonstrative. Trop disponible, pas assez régulière. »Toujours trop ou pas assez, selon les cases de l’autre. Et aimer quelqu’un profondément, pleurer son absence, croire à ce lien, c’est juste aimer fort. J’ai toujours décidé seule, de mes amours, mes passions, mes départs, ma maison, mes métiers, mes silences. Je n’ai jamais attendu qu’on me dise qui être. J’ai attendu qu’on me voie. Et c’est très différent. J’aime intensément, oui. Mais je suis libre . Et c’est peut-être ça, au fond, qui effraie le plus. Parce que je sais aimer , mais je sais aussi partir . Et quand je pars, ce n’est pas une mise en scène. C’est définitif. Et il y a des amours ou des amitiés qu’on enterre sans fleurs, sans fracas. Juste parce qu’on n’y respire plus. Parce qu’on nous demande d’aimer autrement que comme on aime. Et selon moi, l’amitié ne devrait pas ressembler à un programme, à une fréquence, à une discipline. Et surtout ne devrait pas justifier de porter un calque moralement supérieur sur quelqu’un. Car comme pour l’amour, il n’y a pas un seul langage. Il y en a plusieurs. Certain·es aiment par les mots, d’autres par les gestes, d’autres par la présence muette. Moi, j’aime comme je suis : en profondeur, sans condition, sans performance . Je peux ne pas écrire pendant un mois ou plus, mais faire 600 km s’il faut être là. Je peux interrompre un moment précieux si quelqu’un a besoin de déposer. J’aime dans l’action, dans la constance invisible. Je n’ai jamais aimé par habitude. Seulement par choix . Alors aujourd’hui, je dis à ma fille : "Tu peux aimer fort. Mais pas à n’importe quel prix. Et surtout : pas au prix de ton amour-propre ." Je veux qu’elle sache qu’elle mérite d’être aimée telle qu’elle est . Qu’elle peut vouloir évoluer, mais jamais pour gagner l’amour de quelqu’un . Qu’ on n’aime pas mieux en étant moins soi . Et que ceux qui lui feront croire le contraire cherchent à contrôler, pas à aimer . Il n’y a pas qu’une seule bonne façon d’aimer. Mais il y a de mauvaises façons d’exiger. Aimer autrement n’est pas aimer mal. C’est simplement aimer libre. Et c’est parfois aimer plus vrai. 💬 Et toi ? Comment aimes-tu ? Quel est ton langage du cœur ? T’a-t-on déjà reproché ta façon d’aimer, comme si elle était trop ou pas assez ? As-tu déjà douté de ta manière d’aimer, simplement parce qu’elle ne rentrait pas dans les cases ? Raconte-moi. Je crois qu’il est temps de réhabiliter toutes les façons d’aimer. Celles qui ne crient pas. Celles qui n’écrivent pas tous les jours. Celles qui se déplacent sans bruit mais avec tout leur cœur. Celles qui ne savent pas faire semblant. Selene
- Le jour sans lumière
Le jour sans lumière Le jour sans lumière Il y a des jours où rien ne tient debout. Pas même moi. Pas même mes croyances en l’amour, en demain, en l’éventualité d’un apaisement. Tout est flou, usé, sans éclat. Comme un miroir qui ne renvoie plus rien, qu’un vieux reflet, un peu trop seul, un peu trop tard, un peu trop vrai. Je me sens vieille, mais pas d’années. Vieille d’avoir trop espéré, trop offert. Vieille d’avoir attendu à des endroits où l’on ne revient pas. Vieille d’avoir cru que l’amour pouvait suffire à deux. Je me sens mal-aimée. Non pas absente des regards, mais ignorée dans ma profondeur. Comme si ce que j’ai donné n’avait jamais eu de poids, comme si ma tendresse n’avait été que décor. Aujourd’hui, rien ne me soulève. Ni le ciel, ni les mots, ni les cartes. Même ma colère dort. Reste cette fatigue, au bord des yeux, et cette solitude que personne ne peut serrer. Alors je ne me force plus. Je laisse le jour passer. Je laisse la peine couler. Je me laisse, un peu. Et peut-être que c’est ça, aussi, l’amour de soi. S’abandonner doucement, sans exigence, quand on n’a plus la force de se retenir. Et puis admettre, aussi, que ce n’était pas moi qu’il rejetait, mais une image trop floue pour qu’il ose la regarder en face. Qu’il ne m’a jamais vraiment vue. Pas en entier. Pas dans cette force tranquille que j’ai. Pas dans ce chaos tendre que je cache. Je me sens ignorée, sous-estimée. Pas par méchanceté. Mais parce qu’il n’a jamais voulu savoir ce que j’étais capable d’aimer. Ce que j’étais capable de porter. De traverser. Je me suis habituée. Trop. Je me suis habituée. Trop. À moins. À froid. À vide. Et un jour, on s’étonne de ce qu’on supporte. La nuit éduque les âmes perdues en catimini. Tu n’as même pas eu besoin de donner d’ordres : ton absence m’a dressée à l’aveugle, jusqu’à me faire oublier que je mérite mieux. Mieux que des souvenirs qui brûlent. Mieux que ce silence qui hurle à travers mes murs. Mieux que cette image devenue floue d’avoir été tout pour quelqu’un. Ou, du moins…de l’avoir cru. Selene
- Ce que je peux, ce que je ne peux pas, ce que je décide
Ce que je peux, ce que je ne peux pas, ce que je décide Ce que je peux, ce que je ne peux pas, ce que je décide Ce matin, j’ai pris une claque en consultant mon compte : 👉 demi-salaire versé, 👉 aucun complément de la mutuelle. J’avais oublié que c’était ce mois-ci. Et j’avais naïvement cru que ça se ferait tout seul. Erreur classique : croire que le temps ou le silence règle tout. Le temps peut aider, mais il n’agit pas à notre place. Alors j’ai paniqué. Vraiment. J’ai annulé mon rendez-vous médical, mis en pause la préparation du fourgon. J’ai pensé à mes crédits. À ce qui allait tomber. À ce que je ne pourrais pas payer. J’ai eu peur. Je me suis sentie prise de court, fatiguée, submergée. La gorge nouée. Le cœur qui s’emballe. Je connais ce film. Mais je sais que rester figée ne change rien. Alors… j’ai bougé. J’ai fait ce que je pouvais. Et c'est déjà beaucoup . 🛠️ Ce que j’ai mis en place, concrètement : 📌 J’ai écrit à la mutuelle pour lancer le complément et j'ai joint les pièces nécessaires. 📌 J’ai appelé les organismes de crédit. L’un m’a confirmé que j’avais encore du temps. L’autre a accepté une suspension. 📌 J’ai contacté mon banquier. 📌 J’ai priorisé. Respiré. Réajusté. Ensuite, je me suis assise. Dehors. Avec mes chiens. Un thé chaud dans les mains, à l'ombre. J’ai regardé autour de moi. Vraiment. Et surtout, j’ai regardé en moi. Ce que j’ai construit. Ce que je tiens. Ce que je suis capable d'endurer. Je me suis souvenue que cette sensation de noyade, je l’avais déjà vécue. Et que j’étais toujours remontée. Pas toujours indemne. Mais plus forte. Pas pour minimiser. Mais pour m’en souvenir. Parce que parfois, ce que l’on imagine est bien plus effrayant que la réalité. Et il arrive même que la réalité finisse par nous surprendre de la plus jolie façon. Au fond, la seule chose que je pouvais choisir maintenant, c’était ma manière de traverser ce moment. La clé, ce n’est pas le miracle . C’est une série de petits gestes . Chaque jour. Et j’ai pensé à tout ce que j’avais fait ces derniers temps, aux petits riens qui comptent : le retour de la lecture, de la récup' et de l'écriture, les billets de train pour ma fille et son amie, l’anniversaire que je lui ai souhaité dignement, le fait qu’elle profite d’un séjour en Suisse en ce moment avec son parrain, les courses faites, la maison pleine de vie, le temps que j’ai pour moi, les promenades au bord des rivières. Alors je me suis recentrée: ✔️ Je peux : garder mon calme, poser les actions justes au bon moment, demander de l'aide, expliquer, reporter... ✔️ Je ne peux pas : forcer les réponses à venir plus vite et les virements à se faire en claquant des doigts. ✔️ Je décide : de faire un pas, même petit, même tremblant au lieu de me raconter une fin du monde. Car parfois, il suffit d’un pas pour que quelque chose commence à se dénouer. Alors oui, je suis toujours dans une situation fragile. Mais je ne suis pas en danger. Pas tant que je garde les pieds dans l’herbe, les chiens pas loin, le cœur battant, et la tête tournée vers la lumière. ✨ Ce que je ne peux pas, je l’accepte. ✨ Ce que je peux, je le fais. ✨ Ce que je décide, c’est de vivre ce moment le plus sereinement possible, de ne pas me juger et de ne pas me projeter dans la catastrophe. Je décide de faire chaque pas comme s’il suffisait. Et si tu vis une tempête semblable, si tu sens que tu n’arrives plus à penser clair, que tu as besoin de déposer sans honte, ou de trouver le premier petit levier pour te redresser doucement, je te propose: 🪷 Un espace de discussion, sans honte, sans devoir bien dire, juste pour déposer, trier, et respirer. Ici . 🔮 Ou un tirage ciblé pour t’aider à enclencher une direction ou dépasser des blocages. Ici . Tu choisis. C’est toi qui sens. Mais tu n’as pas à porter ça seul·e. Pas cette fois. Ce n'est pas une baguette magique. Mais c’est une corde tendue dans le brouillard. Et parfois, c’est tout ce dont on a besoin. Ce que tu vis n’est pas une fin. C’est peut-être un seuil . Ce que je peux Selene
- Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 1 : L'homme qui se perd et se laisse faire...
Journal d'une semeuse de troubles #Épisode 1 : L'homme qui se perd et se laisse faire... Journal d'une semeuse de troubles épisode 1 J’ai passé une annonce. Enfin, pas une vraie annonce. Mais j’ai laissé entendre qu’en échange du gîte (une tente Decathlon Fresh & Black – oui madame, j’ai du standing, même quand j’invite quelqu'un à dormir dans les bois) et du couvert (je me débrouille plutôt honorablement, merci), je cherchais des bras (je me contenterais de 2 pour le moment). Pour désherber. Pour tailler. Pour m’aider à dompter ce foutu jardin en jungle douce. Souplesse appréciée et maniement du manche niveau expert. Un a dit oui. Enfin, je me suis concentrée sur un... J’ai apprécié. Le visuel, certes. Mais surtout les compétences. La vitesse d’exécution. Enfin, l’adaptabilité . Le sourire. La bonne humeur au service de la tâche (et des miennes, un peu aussi). Mais voilà que le lendemain, au moment de retrouver le chemin… il se perd. Littéralement. GPS en grève, intuition débranchée, orgueil au volant. Mais bon, paraît que : “Ça va aller, j’ai l’habitude de me débrouiller seul.” Moi, évidemment, j’étais déjà en voiture. Parce que je le sentais. Pas besoin de plan quand on connaît les trajectoires floues par cœur. Je le retrouve à l’orée du presque-nulle-part, un peu tendu, un peu désorienté. Il dit : — J’allais m’en sortir, tu sais. — Mais bien sûr… Mais c’est plus amusant quand c’est moi qui te retrouve. s Et puis, j’étais déjà en route, parce que je savais que tu allais te paumer. Encore. Et je déteste rester en suspension. Enfin... Il hésite. Puis : — Bon… d’accord. Je n'ai pas l'habitude mais je vais me laisser faire. Et là, la perche était trop belle. Je lui lance un “Tout à fait, laisse-toi faire” , avec cette voix… vous savez, celle qui peut vouloir dire « détends-toi, je gère » , ou bien « prépare-toi, mon joli ». J'ai voté. C'était la seconde option. Et cette assurance mi-fée, mi-sorcière, capable d’ensorceler les plantes et les hommes. On a ri. Fort. Un rire qui sentait la menthe, le thym… et un peu le péché . Le genre de rire qui dénoue les épaules et les souvenirs. Il est monté dans la voiture. Et, pour une fois, il s’est laissé guider. Il ne savait absolument pas où mais surtout avec qui... ✨ Et ce n’était que le premier trouble semé… La suite arrive bientôt. Selene
















