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Ça, c’est non. (Ou l’art de poser des frontières sans se justifier)


Ça, c’est non. (Ou l’art de poser des frontières sans se justifier)


Dire NON
Dire NON

Il y a des soirées qu’on n’oublie pas.

Pas parce qu’elles ont été parfaites.

Mais parce qu’elles nous ont confrontées à ce qu’on ne veut plus.


Parce qu’elles nous rappellent que dire non, c’est parfois l’acte le plus sacré d’amour envers soi.


Ce week-end, j’étais invitée chez une amie. On est sorties dans un resto-tapas qui se transforme en piste de danse. Il était déjà 23h, la musique était bonne, mais la piste vide. Alors j’ai dansé. Pas pour me montrer, pas pour séduire. Juste pour le plaisir. Pour l’élan. Parce que j'en avais assez d'attendre que quelqu'un se lance.

Parce que je sais que je peux parfaitement être ce quelqu'un.


Et une des amies de mon amie lui a dit : « Qu’est-ce que j’aimerais avoir son cran… »

Elle parlait de ce geste anodin, mais si rare : oser.

Pour le plaisir. Pour allumer une étincelle.


Et cette étincelle, elle a pris.

Petit à petit, tout le monde s’est mis à danser.

On alternait entre cocktails et musique, entre rires et déhanchements. C’était joyeux, simple.


Jusqu’à ce moment.


J’étais revenue m’asseoir à table.

Et lui, cet homme que j’avais remarqué déjà plusieurs fois derrière moi, pesant, s’est approché. Trop près. Sans invitation.

Il a posé son bras autour de mes deux épaules. Il s’est penché, sa bouche presque contre mon visage, et il m’a dit :


« Je voulais te dire, vraiment, tes jambes… Elles sont incroyables. Avec mes potes, on n’en pouvait plus de te regarder… »

Je suis restée figée une seconde. Son bras toujours là. Pesant. Non désiré. Son regard gluant. Il ne me voit pas. Il voit un corps. Une silhouette. Un fantasme. Il me parle comme s’il achetait un produit.

Et ses mots me collent à la peau comme une salissure.

Je n’ai pas bougé, je suis restée calme et j’ai répondu :


« Ah oui ? Vraiment? Et tes potes aussi pensent ça ? »

Il les a appelés.

Un d’eux s’est approché, visiblement mal à l’aise.

Et là, j’ai compris. Ce n’était pas un compliment. Ce n’était même pas de la drague.

C’était une mise en vitrine. Un étalage. Une pièce de viande.


Alors j’ai dit, assez fort au nouvel arrivé, pour que tout le monde entende :


« Tu devrais dire à ton pote de ne pas me parler aussi près de la bouche. »

La glue a reculé. Et a disparu. La légende dit qu'il est allé ramasser ses dents quelque part dans un musée de la honte.


L’autre a souri, gêné. Il n'était visiblement pas très fier de l'audace de son camarade de soirée.

On s’est claqué la main, vite fait, comme pour solder l’incident, et il est reparti.


Mais moi, j’ai gardé la sensation.

L’intrusion. Le dégoût.

Le besoin urgent, brûlant, de dire NON.


Mais ce n’est pas tout.


Ces derniers mois ont aussi été ceux des limites posées avec une amie. Une relation que je ne peux plus appeler amitié sans me trahir. Une personne à qui j’avais laissé beaucoup d’espace dans ma vie.

Et qui, par son comportement, par des paroles ou des silences, par son incapacité à respecter ce que je suis devenue et tant d'autres choses… m’a fait perdre l’envie d’être son amie.


Alors j’ai mis fin à ce lien.

Non pas dans le bruit, ni dans la haine. Mais dans une lucidité froide, douce et sans retour :

Ce que tu as fait là, c’est trop. Je n'ai plus envie de continuer. Ça, c’est non.

Et puis il y a le cercle familial. Les non-dits, les alliances bancales, les vérités déformées, les pactes de silence, les histoires maquillées pour que personne ne perde la face. Aux dépens des autres, sans scrupules. J’en suis fatiguée. Je ne veux plus vivre dans mille nuances de mensonges et de manipulations.

Et surtout je ne veux pas qu’on me demande de faire semblant. Je ne veux plus être complice des choix malsains des autres. Ça, c’est non.


Je suis en quête d’authenticité radicale, même si ça dérange. Même si ça blesse. Même si ça isole, parfois. Mais étonnamment ou pas, j'ai le sentiment que cela fait et va faire entrer les personnes qui ont les mêmes désirs de vérité et de sincérité que moi.


Et je préfère être seule dans la vérité qu'entourée dans le mensonge.

Les liens, amour / famille / amitié / professionnels, quels qu'ils soient, je les veux vrais, sans masques, sans mensonges, sans paroles détournées, sans stratégies.


Je dis oui à l'honnêteté, à la tendresse, à l'authenticité, à l'âme qui s'invite nue, à l'amour dans sa pureté parfois douloureuse.

Je dis non aux masques, aux faux-semblants, aux demi-mots, aux actes non assumés, aux intentions floues.



Ce week-end, j’ai compris que fixer des limites, ce n’est pas ériger des murs.

C’est créer un territoire sain.

Je suis dans une phase de vie où poser mes limites est une nécessité vitale.

Et ce n’est pas un mur.

C’est un filtre.


C’est dire : voici ce que je suis, ce que je mérite, ce que je refuse désormais.

J’ai longtemps confondu la bienveillance avec la tolérance à tout prix. Mais aujourd’hui je sais : dire non, c’est me choisir.




✦ Et toi, c’est quoi ta liste de NON ?


Ce post est une invitation.


💥 À dresser ta propre liste de “Ça, c’est non”.

💥 À refuser ce qui t'abîme.

💥 À t'autoriser à exiger de l’amour, oui, mais pas sans respect.

💥 À rappeler à ceux qui oublient que tu n’es pas un corps qu’on admire ou critique, ni une amie qu’on garde par habitude, ni une complice dans une mascarade, ni un pantin à qui l'on raconte n'importe quoi.


Ma liste, elle ressemble à ça (non exhaustive...):


  • Se faire toucher sans consentement, même sous couvert de flatterie ?

    👉 Non.

  • Être réduite à mon physique, même par quelqu’un qui me « trouve jolie » ?

    👉 Non.

  • Qu’un proche me lie à un mensonge, à un secret ou à un non-dit toxique ?

    👉 Non.

  • Qu’on me moralise, qu’on me jauge, qu’on me regarde de haut ?

    👉 Non.

  • Qu’on me retienne par culpabilité ?

    👉 Non.

  • Qu’on joue avec mes sentiments sous prétexte d’être perdu.e ?

    👉 Non.



Et ce non-là… c’est un acte d’amour.

Pour moi.

Pour mon corps.

Pour mon cœur.

Pour le cocon que je veux pour moi.


✨ Dire NON.

Ça prend trois secondes.

Et ça change tout.


Selene

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