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  • Cinq textes publiés dans L’Épiderme et Sottopelle : quand les mots quittent enfin la maison

    Cinq textes publiés dans L’Épiderme et Sottopelle : quand les mots quittent enfin la maison Il existe des moments que l'on espère longtemps sans savoir s'ils arriveront un jour. Puis un matin, un message arrive. Une publication paraît. Et l'on réalise soudain que les mots écrits dans le silence ont trouvé leur chemin. Aujourd'hui, je peux enfin partager une très belle nouvelle : cinq de mes textes ont été publiés dans le numéro consacré au deuil de la revue L'Épiderme, également diffusé dans sa version italienne, Sottopelle. Voir mes textes apparaître dans une publication bilingue, portée à la fois en français et en italien, est une émotion particulière. L'écriture voyage déjà lorsqu'elle quitte nos carnets. Elle voyage davantage encore lorsqu'elle franchit les frontières. L'antichambre du deuil Pour ce numéro intitulé Après que tout s'effondre, j'ai proposé un ensemble de textes réunis sous le titre : L'antichambre du deuil. Le texte de présentation qui accompagne cette publication ouvre un territoire qui m'est familier : celui des pertes qui commencent parfois avant l'absence elle-même. Ces moments où rien n'est encore terminé, mais où tout vacille déjà. Le deuil n'y apparaît pas seulement comme une conséquence. Il devient une présence lente. Une ombre qui s'installe. Une transformation silencieuse du monde. Les textes publiés sont : Quelques mois Tu vas mourir Le déguisement des jours légers La nuit n'a pas encore avalé le monde Alors les hommes n'ont rien appris Du deuil intime au deuil collectif Les quatre premiers textes explorent le deuil intime. Ils parlent de l'attente. De la peur. De l'annonce. De l'impuissance. De ce moment étrange où l'on commence déjà à perdre quelqu'un alors qu'il est encore là. Ils interrogent aussi la mémoire, le corps, la solitude et les silences que l'on transporte avec soi lorsque plus rien ne semble avoir de sens. Le cinquième texte s'écarte volontairement de cette sphère intime. Alors les hommes n'ont rien appris est un texte engagé consacré aux guerres et aux deuils collectifs. Il évoque les civils ensevelis, les familles amputées, les exils forcés et les morts qui deviennent des statistiques avant d'être oubliés. Car derrière chaque conflit, il y a toujours des vies ordinaires arrachées au monde. Et derrière chaque guerre, il y a des deuils invisibles qui continuent longtemps après le silence des armes. Voir ses mots vivre ailleurs Écrire est souvent une activité profondément solitaire. On écrit dans un carnet. Dans un document. Dans une chambre. Dans un moment de colère ou de tristesse. Parfois même sans savoir si quelqu'un lira un jour. Puis un jour, les mots quittent la maison. Ils rencontrent des lecteurs inconnus. Ils cessent de nous appartenir entièrement. Je crois que c'est ce qui me touche le plus aujourd'hui. Ces textes ont été écrits à une période particulière de ma vie. Ils portent des émotions, des questionnements et des paysages intérieurs qui m'accompagnent depuis lors . Les voir publiés dans ces pages leur donne désormais une existence qui ne dépend plus seulement de moi. Une rencontre littéraire Au-delà de la publication elle-même, cette aventure m'a permis de rencontrer une équipe profondément investie dans la création littéraire. Leur confiance m'a particulièrement touchée. Je remercie sincèrement toute l'équipe de L'Épiderme et de Sottopelle pour leur accueil, leur regard sur mon travail et leur confiance. Quand une porte s'ouvre Nous passons souvent beaucoup de temps à attendre certaines reconnaissances. Parfois elles n'arrivent pas. Parfois elles prennent une forme différente de celle que nous avions imaginée. Cette publication ne change pas le monde. Mais elle me rappelle quelque chose d'essentiel : Les mots ont leur propre destinée. Et parfois, après des années d'écriture discrète, ils finissent par trouver leur place. Auprès d’un être, d’une communauté, d’une revue… Je suis heureuse que les miens aient trouvé la leur dans les pages de L'Épiderme et de Sottopelle. Et j'espère que cette aventure littéraire ne fait que commencer. Selene Pour découvrir la revue et le travail de l'association, vous pouvez consulter leur site et leurs publications. La revue complète de mai ici. (En français) Et en Italien ici. Un immense merci à toute l'équipe pour cette belle aventure éditoriale.

  • Les Lunes d’un Cœur : un livre né dans les nuits

    Reçois ton exemplaire dédicacé Les Lunes d’un Cœur : un livre né dans les nuits Il y a des livres qu’on écrit avec l’encre. Et d’autres qu’on écrit avec les nerfs, les silences, les insomnies, le désir, les cicatrices et les vérités qu’on n’arrive plus à contenir. Les Lunes d’un Cœur est né comme ça. Dans les nuits blanches. Dans les trop-pleins. Dans les manques. Dans ce besoin viscéral de transformer quelque chose de brûlant en mots capables de tenir debout. Ce recueil rassemble 200 éclats de lune. 200 fragments intimes, sensuels, lucides, parfois tendres, parfois féroces. Des textes écrits pour les femmes qui ressentent trop fort. Pour celles qui aiment avec le ventre, le cœur, la peau. Pour celles qui ont attendu. Pour celles qui se sont perdues parfois. Et pour celles qui recommencent doucement à se choisir. Et sûrement aussi pour les hommes. Ceux qui n’ont pas peur du feu des femmes. Ceux qui savent qu’une femme intense n’est pas “trop”, mais profondément vivante. Les Lunes d’un Cœur parle du désir féminin, oui. Mais aussi de la manière dont une femme aime, doute, brûle, résiste, s’abandonne parfois. Ces textes s’adressent à ceux qui veulent mieux comprendre ce langage-là. Pas pour le contrôler. Pour l’écouter. À ceux qui savent que derrière certaines femmes farouches, il y a simplement une vérité qui demande à être reconnue. Chaque page est un murmure. Une brûlure. Une caresse. Un miroir. J’ai voulu un livre qu’on puisse ouvrir au hasard au milieu de la nuit. Un livre qu’on garde près de soi. Qu’on annote. Qu’on offre. Ou qu’on serre contre soi quand certaines émotions deviennent trop grandes pour rester silencieuses. Aujourd’hui, je vous propose quelques exemplaires dédicacés. Chaque livre est signé à la main, avec une attention particulière portée à la personne qui le recevra. Parce qu’au fond, ce livre n’est pas seulement un objet. C’est une rencontre. ✨ Exemplaire dédicacé — 25 € frais de port inclus 💌 Paiement via PayPal ou CB 📖 Envoi en France Pour commander votre exemplaire, vous pouvez vous rendre sur ma boutique. Avec tendresse, Selene

  • Vaginisme : ce qu’on ne dit jamais (et que tu dois savoir)

    Vaginisme : ce qu’on ne dit jamais (et que tu dois savoir) Vaginisme On en parle à demi-mot, souvent avec gêne. Comme si le vaginisme était un secret honteux. Pourtant, il concerne bien plus de femmes qu’on ne le croit. Et derrière le silence, il y a de la honte, de la culpabilité, parfois même la peur de ne pas être “une femme comme les autres”. La vérité ? Ce n’est pas une fatalité. Et surtout, ça ne remet pas en cause ta féminité, ou ton désir. 1. Ce que l’on appelle “vaginisme” Le vaginisme, c’est une contraction réflexe du périnée. Un blocage involontaire, qui rend la pénétration difficile, douloureuse, voire impossible. Mais il ne s’agit pas seulement de “ne pas pouvoir”. Il peut prendre différentes formes : impossibilité d’insérer un tampon ou de réaliser un examen médical contraction immédiate au moment d’une tentative de pénétration douleurs ou impossibilité lors des rapports peur ou appréhension associée à la pénétration Chaque femme vit une expérience unique. 2. Ce qu’on ne dit jamais 👉 Ce n’est pas “rare” ni “anormal”. 👉 Ce n’est pas “dans la tête” ni une question de volonté. 👉 Ce n’est pas un échec personnel. 👉 Derrière, il peut y avoir du stress, des émotions, un vécu intime ou un contexte médical. Le vaginisme n’est pas une faute, c’est un signal. 3. Les conséquences invisibles Au-delà de la sexualité, le vaginisme peut impacter : La confiance en soi La relation de couple (silences, frustrations, évitements) Le désir (qui peut diminuer par peur d’avoir mal) Le poids du tabou nourrit l’isolement et rend la souffrance plus lourde qu’elle ne devrait l’être. 4. Ce que tu dois savoir 💡 Le vaginisme n’est pas une fatalité. 💡 Il existe des outils doux et progressifs pour avancer. 💡 On peut travailler sur la confiance, la sécurité et la réconciliation avec son corps. 💡 En parler est déjà un premier pas vers la libération. 5. Et après ? Tu n’as pas à traverser cela seule. Le vaginisme peut devenir un chemin vers une intimité retrouvée, où ton corps n’est plus un obstacle, mais un allié. En tant que sexothérapeute, je t’accompagne avec bienveillance, à ton rythme, pour transformer cette difficulté en chemin de confiance et de plaisir retrouvé. 📩 Tu peux réserver un petit rendez-vous de 15 minutes pour en parler en toute confidentialité. Selene Découvrez mon recueil poétique sur le désir

  • L’interview complète : ce que je n’ai pas eu le temps de dire

    L’interview complète : ce que je n’ai pas eu le temps de dire L'interview complète ici J’ai eu la joie d’être interviewée par Scandal (@bbb.scandal) sur Instagram récemment. Comme souvent pour les carrousels, le format publié a été raccourci, condensé, lissé. Alors j’ai eu envie de déposer ici la version complète de cet échange. Parce que les mots ont besoin d’espace. Parce que l’intime ne se résume pas totalement en quelques lignes. Et parce que, derrière ce que je partage, il y a une voix, un parcours, une manière d’habiter le monde. Voici donc, pour vous, l’entretien dans sa version intégrale. Présentation & parcours Je suis Selene, enseignante en reconversion. Je souhaite devenir accompagnante de l’intime, de façon plus globale. À découvrir sur mon site : leslunesduncoeur.fr. Je n’ai pas vraiment “choisi” l’écriture. Elle est arrivée quand certaines choses ne trouvaient plus leur place ailleurs. Au début, c’était très intime. Presque caché. Déjà pendant l’enfance. Et puis c’est devenu un langage. Un moment où je me connectais à mes émotions, que j’ai longtemps mises de côté, au profit de l’action et de la volonté. Une manière de donner de la place à ce qui reste, ce qui fait mal, ce qui déborde… ce que je ne disais à personne à voix haute. La lune, l’intime, le désir La lune, ce n’est pas un symbole pour moi. C’est un miroir. Je m’y reconnais. Entière et pourtant changeante. Je peux être pleine, lumineuse, ouverte. Et quelques jours plus tard, me retirer, disparaître, devenir presque invisible. Mais je suis toujours là. Il y a en moi ces phases. Ces élans, ces creux, ces retours. Des moments où tout exulte, et d’autres où tout se tait. L’intime, c’est cet endroit-là. Celui qu’on ne montre pas. Celui qui pourtant gouverne tout. Et le désir, c’est une énergie qui circule, même en silence. Probablement l’une des plus grandes pulsions de vie que nous puissions ressentir. Ce sont des espaces mouvants, des terrains de jeu et de création intenses pour moi. Et j’aime écrire depuis ces endroits-là. Les Lunes d’un Cœur : comment tout est né Les Lunes d’un Cœur, est né d’un trop-plein émotionnel. Des textes écrits à différents moments, mais avec un même fil : se rappeler, ressentir, attendre, désirer, retenir, aimer. Je ne voulais pas raconter mon histoire. Je voulais déposer des fragments d’intime. Et que chacun puisse s’y reconnaître, à sa manière. Entrer en résonance avec des cœurs éprouvés comme le mien. Mon écriture : plusieurs températures Je ne sais pas si j’ai un style. Mais j’ai une voix. Et plusieurs températures. Parfois fiévreuse, à peau ouverte. Parfois calme et lucide. Parfois tranchante et ironique. Mon écriture est intense, incarnée, sensuelle. Et de temps en temps, elle laisse aussi place à l’humour. Je suis exigeante, mais je ne cherche pas à faire joli. Je cherche à dire juste. Se dévoiler sans tout donner Ce n’est pas difficile de me dévoiler. Parce que je ne montre pas tout. Je montre ce qui est prêt à être dit. Il y a une différence entre se dévoiler et se livrer entièrement. Je choisis ce que j’offre. Et je garde encore plein de mystères. Ce qui m’inspire J’écris depuis les silences. Depuis ce qui reste coincé. Une absence, un regard, un message jamais envoyé… Et tout ce que le corps retient. J’écris depuis ça. Et plus largement, j’ai toujours admiré Charles Baudelaire, Fernando Pessoa, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Victor Hugo. J’ai aussi beaucoup lu de correspondances amoureuses. J’écris à partir de chansons, de photographies, d’œuvres d’art, de paysages, d’instants vécus qui me touchent. Le partage sur les réseaux Au départ, j’écrivais pour tenir. Pas dans l’optique d’être lue. J’écrivais parce que je n’avais plus de fenêtre pour dire. Parce que j’avais besoin d’être entendue. C’était d’abord adressé à l’absence. Et puis j’ai vu que ça résonnait ailleurs. Alors j’ai laissé les mots circuler. Je me suis laissée toucher par ce bonheur étrange de faire vibrer d’autres cœurs. Et j’ai fini par comprendre que j’avais une voix, au-delà de ce qui m’avait poussée à écrire. L’écriture n’est pas un refuge Je n’aime pas trop le mot “refuge”. Parce que ça donne l’impression qu’on s’y cache. Moi, j’ai plutôt l’impression que je m’y confronte. Que je vais gratter là où ça pique. La poésie, c’est l’endroit où je ne peux pas tricher. Où je vais au bout de ce que je ressens : l’amour, la colère, la peine, la folie, le désir, l’injustice… Ce n’est pas toujours confortable. Souvent, ça me vide. Mais c’est vrai. Et peut-être que c’est ça, au fond, qui apaise. Mes projets Je prépare Les Lunes d’un Cœur – L’organique, ainsi que deux autres recueils, dont des nouvelles érotiques. J’ai eu du temps cette année — même si ce n’était pas toujours simple. Et j’ai essayé d’en faire quelque chose de vrai. Merci à Scandal pour cet échange, la pertinence des questions, et merci à vous qui me lisez ici, dans cet espace plus libre, plus vaste, plus fidèle à ce que je suis. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Les Apéros poétiques au jardin

    Les Apéros poétiques au jardin Les apéros poétiques Il y a des soirs où la lumière s’adoucit, où les voix se posent, où les mots trouvent leur place. J’ai eu envie de créer ces moments-là. À partir de ce printemps, je vous accueille dans mon jardin pour des apéros poétiques en petit comité, entre lecture, partage et douceur. Le déroulé de la soirée Nous nous retrouverons à 18h pour un accueil autour d’un verre, avant de nous installer pour un premier temps de lecture. Je proposerai environ 30 à 35 minutes de textes issus de mon univers Les Jardins Lunaires : des textes tour à tour sensibles, drôles, sombres, romantiques… parfois charnels. La soirée se poursuivra ensuite autour d’un apéro convivial, propice aux échanges. Un second temps plus libre pourra ensuite prendre place : lecture de textes personnels de la part des personnes présentes qui le souhaitent, partage de poèmes que l'on aime, ou simplement écoute à nouveau. Au programme Verre d’accueil (prosecco & framboises) Apéro maison (quiches, pizza, houmous, crudités, fromages, douceurs de saison) Boissons (verre de rosé, citronnade, eau, jus de fruits…) Informations pratiques 🕕 18h – 20h 📍 Rendez-vous au parking de la pêche (nous monterons ensuite ensemble jusqu’au jardin) 👥 10 personnes maximum 🔞 Réservé aux adultes 💫 20€ par personne Les places sont volontairement limitées pour préserver l’intimité du moment. 👉 Réservation obligatoire via le site. Ici. Important: Les soirées étant organisées en petit comité, toute réservation est considérée comme ferme. En cas d’empêchement, le billet pourra être cédé à une autre personne, mais ne pourra pas être remboursé. En cas de conditions météorologiques défavorables (pluie ou vent fort), la soirée sera reportée à une date ultérieure (sous 3 semaines maximum). Au plaisir de vous accueillir, Selene 🌙 Découvrez mon recueil sur BOD

  • Tenir debout : le livre qui m’a rappelé ce que j’attends encore de l’amour

    Tenir debout : le livre qui m’a rappelé ce que j’attends encore de l’amour Tenir debout Il y a des livres que l’on lit distraitement, entre deux obligations, comme on regarde passer un train. Et puis il y a ceux qui arrivent au moment exact où quelque chose vacille en nous. Tenir debout de Mélissa Da Costa a été de ceux-là. Je l’ai ouvert dans une période étrange, lourde, traversée de fatigue, de questions familiales, de silences intérieurs et de pensées qui reviennent sans prévenir. Je cherchais peut-être à m’évader. J’y ai trouvé bien davantage : un miroir. Ce roman raconte un couple déséquilibré au départ. Lui, brillant, narcissique, installé dans sa lumière. Elle, plus jeune, admirative, effacée, vivant à l’ombre de ses exigences. Puis un accident vient tout fracasser. Le corps, les certitudes, les rôles, les apparences. Et c’est là que l’histoire commence vraiment. Parce que ce que j’ai aimé dans ce livre, ce n’est ni la souffrance ni le drame. Ce n’est pas la violence des situations ni la dureté de certaines scènes. C’est ce qui surgit au milieu des ruines : la possibilité d’un amour plus vrai. Un amour qui ne repose plus sur la séduction du début. Un amour qui découvre l’autre autrement. Un amour qui lutte. Un amour qui doute. Un amour qui s’agace, se rejette parfois, mais continue malgré tout à revenir vers l’essentiel. Ce livre m’a rappelé quelque chose d’important : je ne crois plus à l’amour parfait. Je ne crois plus aux débuts flamboyants qui suffiraient à tout garantir. Je ne crois plus aux promesses faciles, aux élans sans lendemain, aux mots qui ne survivent pas à la première tempête. Ce que je crois désirer désormais, c’est autre chose. Un amour capable de traverser les saisons difficiles. Un amour qui se choisit encore quand le décor tombe. Un amour qui découvre la vérité de l’autre après la chute. Un amour qui reste quand les rôles s’effondrent et qui se multiplie dans la vérité et l’acceptation de l’autre. « Je l’aime davantage aujourd’hui que je ne l’ai jamais aimée. » Un amour qui sait dire : je te vois maintenant, et je reste. Peut-être est-ce rare. Peut-être est-ce exigeant. Mais certaines lectures viennent nous rappeler que nos désirs profonds ne sont pas absurdes. Ils sont simplement plus profonds que ce que l’époque vend à la surface. Tenir debout m’a touchée parce qu’il parle, au fond, de cela : aimer quelqu’un quand il n’a plus rien à prouver. Et être aimée quand l’on ne joue plus aucun personnage. Je crois que c’est ce genre d’amour que j’attends encore. Pas celui qui impressionne. Celui qui tient debout. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Le déguisement des jours légers

    Le déguisement des jours légers Il y a des maisons où le temps continue de faire semblant. On y parle encore du prix des oranges, des films du soir, des gestes de tous les jours. Et pourtant, derrière la cuisine, derrière les rires, quelque chose tremble déjà. Et je l’entends. Le déguisement des jours légers Je t’entends rire à la cuisine comme si de rien. Tu cuisines avec lui, le temps est bon, sa voix est douce. Plus douce que jamais. Je t’entends raconter d’ici des histoires banales, le prix des oranges, mille fois ressassé, mais pour une fois entendu. Je t’entends marcher dans la maison, tes pas agiles, ton ombre légère qui volette, fragile. Où se cache ton corps, le vrai ? Je t’entends regarder un film, un truc idiot pour ne pas penser, s’envoler de là. Puis il suffit d’un mot. D’un mot de trop. Et ton visage se défait. Tes yeux se noient dans une peur si nue qu’ils en deviennent étrangers. Ta bouche se tord comme si l’air te manquait déjà. Comme si quelqu’un, quelque part, avait commencé à te retirer le sol, te fendre les os. Ça ressemble à ça, la mort proche, tu crois ? On fait semblant une partie des minutes. On rit à la cuisine. On parle du prix des oranges. On laisse traîner des gestes de vivants comme des leurres. On saupoudre la vie de miettes de joie pendant qu’elle nous gangrène le toit. Puis dès qu’on s’assoit, le poids du monde vient se blottir dans le ventre. Les nausées remontent. On brise l’horloge. On vomit des cadrans. Et le déguisement des jours légers prend feu. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Le célibat long est-il devenu suspect ?

    Le célibat long est-il devenu suspect ? On me demande comment je tiens. Jamais pourquoi je choisis. Seule sur le terrain Quand je dis que je suis célibataire depuis presque deux ans, certains me regardent comme on observe une anomalie statistique. Il y a dans leurs yeux un mélange de curiosité, de doute et de projection. Comme si l’absence durable d’homme devait forcément cacher un drame, un dysfonctionnement… ou une frustration ingérable. Rarement une seule hypothèse plus simple : peut-être qu’une femme peut choisir le temps, le calme, la fidélité à elle-même, plutôt que l’occupation immédiate du vide. Je vous raconte. Quand je dis à certains hommes que je suis célibataire depuis presque deux ans, il y a souvent ce petit blanc. Ce silence chargé de calculs, d’hypothèses, de soupçons. Deux ans ?! Mais vraiment… vraiment ? Genre rien ? Tu ne couches pas “quand même”, histoire de dire que tu es libre tout en t’occupant discrètement ? Comment ça, rien ? Alors quoi… elle n’aime pas les hommes ? Elle n’aime pas le sexe ? Elle a un problème caché ? J’avoue, cela me fait rire. Très doucement rire. Comme on sourit devant des enfants persuadés que le soleil se couche parce qu’ils ferment les yeux. Puis viennent les autres hypothèses. Alors quoi… elle déteste les hommes ? Elle est restée fixée sur son ex ? Elle pleure encore dans un plaid gris en regardant la pluie devant une série débile? Elle a un problème ? Ou pire : le précédent a laissé une trace impossible à égaler, une empreinte trop profonde, un fantôme trop grand pour les pièces suivantes. Et du coup, ça se demande d’un coup si c’est possible de faire pipi plus loin… C’est fascinant comme, dans une époque où tout se remplace en trois clics, la fidélité au vide devient suspecte. On vit dans un monde où beaucoup envisagent l’amour comme un banc de touche. Le numéro 7 sort ? On fait entrer le 16. Même poste, même système, même terrain. Il suffit de courir un peu, d’embrasser correctement, d’envoyer deux messages le matin et le match repart. Mais non. Parfois, quand une personne sort du terrain, on n’a pas envie de faire entrer quelqu’un d’autre. Parfois, on regarde simplement la pelouse en silence, pieds nus dans les herbes froissées en se demandant pourquoi les lignes blanches ont été tracées. Pour séparer? Pour se rejoindre? Parce que la partie, sans cette présence-là, n’a plus le même sens. Parce qu’un être humain ne se remplace pas comme un joueur fatigué. Et surtout, parce qu’il faut du temps. Du temps pour ranger les habitudes de quelqu’un dans des tiroirs invisibles. Du temps pour cesser de tendre la main vers une absence qui ne regarde pas dans notre direction. Du temps pour savoir si l’on veut encore partager son café, son lit, ses dimanches, ses peurs, ses désirs, son désordre. Du temps pour décider si l’on veut rejouer… ou changer de sport. Mais cela, curieusement, impressionne plus que l’instabilité. Une femme seule depuis deux ans dérange davantage qu’un homme incapable de rester seul quinze jours. L’attente inquiète. La retenue déroute. La loyauté scandalise presque. Dans un monde où tout doit circuler vite, même les corps, même les promesses. Alors non, je n’étais ni en hibernation, ni en pénitence, ni en panne. J’étais simplement occupée à respecter ce qui avait compté. À respecter mon cœur quand il n’était pas prêt à faire semblant. À préférer le silence à la consommation affective. Il paraît que c’est étrange, aujourd’hui. Moi, je trouve surtout étrange de croire qu’on doit toujours remplacer ce qu’on a perdu, au lieu d’apprendre d’abord à vivre avec la place vide. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Il existe un temps au creux du cœur

    Il existe un temps au creux du cœur Il existe un temps Il existe un temps au creux du cœur, qui commence bien avant la vie, et se termine bien après la mort. Un temps que nul calendrier ne contient, que nulle horloge ne gouverne. Ce temps-là est indicible, incontrôlable, inépuisable. C’est le temps du jour qui se lève sur l’éternité. Il est impétueux. Il est sacré. Il se promène tout en demeurant parfaitement immobile. Il nous envahit. Il transpire sous notre peau. Il tient chaud dans les veines, et saupoudre nos yeux de lumière. Il est sans odeur, et pourtant son parfum enivre plus profondément que n’importe quelle fleur. Il est la migraine contre laquelle lutte l’âme, bien au-delà de ce qu’elle peut supporter. Il monte jusqu’aux souvenirs, aux zones enfouies, aux chambres closes de l’être. Il trouble, il renverse, il bénit parfois, il ravage aussi. Ce temps-là n’a pas de goût, puisqu’il les contient tous. La saveur de ce qui fut touché, effleuré, désiré. La saveur de ce qui n’a jamais eu lieu mais a existé malgré tout. Celle des lèvres espérées, des fruits trop mûrs de l’attente, des baisers gardés dans le silence. Ce temps-là se développe en bouche, comme le ferait un grand vin. Il mûrit en nous. Il tapisse les parois de notre cœur. Il envoûte nos chairs et nous fait perdre l’équilibre. Il s’installe jusque dans les endroits où l’on voudrait pouvoir le chasser. Il se glisse entre les côtes, se cache dans les draps, revient au détour d’une chanson, d’une rue, d’une saison. Il est ce résidu de souvenirs trahis que l’on essuie sans jamais l’effacer tout à fait. Il pulse à travers nos rêves. Il s’échappe entre nos doigts au moment même où l’on croit le tenir. Et malgré tout, il habite fidèlement le fond de nos cœurs. Ce temps-là respire aussi dans le silence. Ce temps-là est celui de l’amour, avec un grand A. L’amour auquel on va, même en reculant. L’amour qui nous appelle sans bruit. L’amour qui simplement se trouve là, alors même qu’on ne l’avait pas vraiment décidé. L’amour qui attend parfois plus longtemps que nous. L’amour qui nous dépasse, nous consume, nous fonde. Et parfois… nous survit. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • On me souhaite de réussir

    On me souhaite de réussir L’une de mes réussites On me souhaite de réussir, comme si je n’avais pas déjà commencé. Comme si réussir n’était qu’un chiffre, une signature, une reconnaissance venue d’ailleurs. Autour de moi, beaucoup semblent mesurer la réussite avec des outils extérieurs : l’argent, le statut, la validation institutionnelle, la sécurité immédiate, les chiffres. Moi, je la mesure autrement. Je la mesure à la cohérence intérieure. Au courage de continuer quand tout vacille. À la fidélité envers mon intuition. À la capacité de créer malgré l’adversité. À la lucidité. Au mouvement réel, même discret. À la force de rester debout quand personne n’applaudit et quand une multitude d'obstacles se dressent. Ce décalage crée parfois une solitude profonde. Parce que je vis quelque chose de vrai, et qu’en face, on me répond avec des comptes. Comme si tenir debout seule ne comptait pas. Comme si recommencer après les pertes ne valait rien. Comme si écrire, apprendre, se former, chercher, bâtir dans l’incertitude n’était pas déjà une victoire. On me souhaite d’être publiée (de façon "traditionnelle"). On me souhaite de gagner plus. On me souhaite un statut que le monde comprendra, que le monde validera. Mais moi, ce que j’aurais aimé entendre, c’est : Je vois ce que tu portes. Je vois ton courage. Je vois la cohérence de ta route. Je vois la force qu’il faut pour avancer sans appui. Je vois que tu as déjà réussi quelque chose de rare : ne pas te trahir. Tout le monde applaudit les résultats. Peu de gens honorent les traversées. Alors oui, souhaite-moi ce que tu veux. Mais sache une chose : Le bonheur n’est pas demain. Il est dans la fidélité d’aujourd’hui. Dans la discipline des heures sombres. A travers la conviction inébranlable. Et cela, je l’ai déjà atteint. Si toi aussi tu penses que c’est déjà une réussite, tu peux découvrir davantage de ma sensibilité poétique ici et soutenir mon chemin. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • L'aftercare émotionnel après un cauchemar

    L'aftercare émotionnel après un cauchemar Cette nuit, j’ai fait un cauchemar. Pas un de ces rêves flous qu’on oublie au réveil. Non. Un de ceux qui laissent une trace. Dans le corps. Dans le cœur. Dans la tête. Un de ceux qui te réveillent en vrac, avec une culpabilité qui n’a aucun sens. Il y avait les personnes que j’aime le plus. Ma fille. Ma mère. Et pourtant… rien n’était à sa place. Les rôles étaient brouillés. Les repères déplacés. Et au milieu de tout ça, un mélange violent de sentiments : de la peur, de la colère, de la culpabilité, et une immense tristesse. Je me suis réveillée avec une sensation étrange. Comme si quelque chose s’était réellement passé. Comme si j’avais fait quelque chose de mal. Comme si j’avais échoué quelque part. Alors que non. Ce n’était qu’un rêve. Mais le corps, lui, ne fait pas toujours la différence. Et c’est là qu’on oublie quelque chose d’essentiel : on parle souvent de sommeil, de repos mais presque jamais de ce qui se passe après un cauchemar. L’aftercare émotionnel L’aftercare émotionnel. Parce qu’un cauchemar, ce n’est pas juste une image. C’est une expérience. Un passage. Parfois même une décharge de tout ce qu’on n’a pas pu contenir la veille. Nos peurs. Nos responsabilités. Nos trop-pleins. Nos “et si…”. Alors au réveil, il ne s’agit pas d’analyser immédiatement. Ni de chercher un sens caché à tout prix. Il s’agit d’abord de revenir à soi. Respirer lentement. Regarder autour de soi. Sentir que le monde est calme. Que tout est à sa place. Puis nommer, doucement : “C’était un rêve.” “C’est terminé.” Ce simple geste apaise déjà le système nerveux. Ensuite, il y a quelque chose de très important : ne pas laisser la culpabilité s’installer. Un cauchemar peut te faire ressentir des émotions très fortes, parfois même te montrer dans des postures qui ne te ressemblent pas. Mais ressentir n’est pas agir. Traverser n’est pas devenir. Tu n’es pas ce que tu rêves. Alors au lieu de te juger, offre-toi un geste d’ancrage. Un verre d’eau. Une douche chaude. Une main posée sur ton cœur. Un message envoyé à quelqu’un que tu aimes. Comme pour dire à ton corps : “Tout va bien. Je suis là.” Et parfois… l’aftercare, c’est aussi transformer la tension en action douce. Prendre ce rendez-vous que tu repousses. Donner des nouvelles. Revenir vers un lien. Pas par culpabilité. Mais pour te réaligner. Parce que ce que le cauchemar vient toucher, ce sont souvent des endroits sensibles :l’amour, la responsabilité, la peur de perdre, ou la peur de ne pas être à la hauteur. Et ça… ça mérite de la douceur, pas du jugement. Alors si toi aussi, tu t’es déjà réveillée avec le cœur lourd, avec des images qui te dérangent, ou une culpabilité qui ne t’appartient pas vraiment… Sache que tu n’as rien de “bizarre”. Rien de “grave”. Tu es simplement humain(e). Et parfois, ton monde intérieur déborde. Et si tu ressens le besoin d’en parler, de déposer ce que tu traverses, ou simplement d’être accompagnée avec douceur dans ces moments-là… Je t’ouvre un espace. Ici. Un espace sans jugement. Un espace pour comprendre, apaiser, et remettre du sens là où tout s’emmêle. Parce que parfois, ce ne sont pas les cauchemars qui nous abîment. Mais la manière dont on se traite après. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Je ne suis pas intense. Je suis vraie.

    Je ne suis pas intense. Je suis vraie. Je suis vraie. On me dit parfois que mon écriture est intense. Je crois surtout qu’elle est assumée. Et peut-être que, dans une société où les femmes apprennent encore très tôt à filtrer leur désir, leur langage, leur manière de regarder, leur manière d’avoir faim… cela suffit déjà à déranger. Quand j’écris certains textes, notamment ceux de mes lunes les plus charnelles, je ne cherche pas à provoquer gratuitement. Je ne cherche pas non plus à jouer un rôle de femme fatale, ni à construire un personnage calibré pour séduire un regard masculin précis. J’essaie seulement d’être vraie. Vraie dans ma façon de ressentir. Vraie dans ma manière de désirer. Vraie dans mon regard sur les corps, les tensions, les silences, les jeux de pouvoir, les envies qui traversent parfois une femme sans qu’elle ose toujours les dire. Parce qu’au fond, les femmes parlent de désir depuis toujours. Parfois discrètement. Parfois entre copines, autour d’un verre, dans un éclat de rire ou une confidence plus basse. Mais beaucoup apprennent encore à édulcorer ce qu’elles ressentent. À rendre cela acceptable. Élégant. Pas trop direct. Pas trop vivant. Comme si le désir féminin devait rester contenu dans des formes rassurantes. Et pourtant, une femme peut être tendre et avoir faim. Douce et profondément charnelle. Poétique et traversée d’images très physiques. Elle peut aimer regarder. Elle peut avoir envie. Elle peut mener la danse parfois. Elle peut aussi aimer être guidée. Elle peut rire du désir tout en le vivant pleinement. Pourquoi faudrait-il toujours choisir entre la femme sage et le fantasme fabriqué ? Je crois que ce qui dérange parfois dans mes textes, ce n’est pas tant leur sensualité. C’est le fait qu’ils soient écrits depuis l’intérieur d’une femme qui ne s’excuse pas de ressentir. Une femme qui ne parle pas uniquement à travers ce qu’on attend d’elle. Ni dans le prisme exclusif du regard masculin. Même si ce regard peut être désiré, aimé, joué, célébré parfois. Je ne rejette ni les hommes, ni les jeux de séduction, ni certaines dynamiques de domination ou d’abandon. Elles existent aussi dans mes lunes. Elles peuvent être belles, troublantes, consenties, jubilatoires. Mais je refuse l’idée qu’une femme doive vivre son désir uniquement dans une posture dictée de l’extérieur. Le désir féminin est vaste. Contradictoire parfois. Ludique. Animal. Spirituel. Tendre. Sombre. Libre surtout. Et je crois qu’il est important que les femmes puissent enfin parler depuis elles-mêmes. Pas pour choquer. Pas pour copier les hommes. Pas pour devenir “comme eux”. Mais pour cesser de se censurer intérieurement. Mon écriture n’est d’ailleurs pas qu’une seule couleur. Les Lunes d’un Cœur parlent aussi du manque, de la mémoire, de l’amour, des blessures, du silence, de la douceur, de la reconstruction. Le feu n’est qu’une de mes lunes. Mais cette lune-là aussi mérite d’exister. Sans honte. Sans caricature. Sans devoir se déguiser. Alors non… Je ne suis pas intense. Je suis vraie. Et peut-être que, parfois, c’est pire. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

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