Pourquoi tant de couples font l’amour sans vraiment se rencontrer
Pourquoi tant de couples font l’amour sans vraiment se rencontrer

On parle souvent de techniques.
Des positions.
De fréquence.
De libido.
Mais beaucoup plus rarement de ce qui se passe avant même que deux corps ne se touchent.
Nous arrivons souvent dans l’intimité avec un rôle déjà écrit.
Ce scénario ne naît pas de nulle part.
Depuis l’enfance, nous recevons des messages sur ce que devrait être un « vrai » homme ou une « vraie » femme.
Beaucoup de femmes apprennent, parfois très tôt, à être désirables, à faire plaisir, à prendre soin de l’autre avant d’écouter leurs propres besoins. Elles peuvent finir par croire que leur valeur se mesure à leur capacité à satisfaire ou à ne pas décevoir.
Beaucoup d’hommes, eux, grandissent avec l’idée qu’ils doivent être virils, performants, toujours prêts, toujours maîtres d’eux-mêmes. Qu’un homme « réussi » est un homme qui assure, qui pénètre, qui fait jouir, qui ne doute pas.
Ces représentations, souvent héritées d’une vision patriarcale des rapports entre les femmes et les hommes, ne rendent service à personne.
Elles enferment les femmes dans le rôle de celles qui donnent.
Elles enferment les hommes dans celui de ceux qui doivent prouver.
Mais ces rôles ne survivent pas uniquement parce qu’ils nous ont été transmis. Nous les entretenons parfois malgré nous.
Certaines femmes simulent un orgasme pour rassurer leur compagnon, écourter un rapport ou éviter de le blesser. Sur le moment, cela peut sembler protéger la relation. Pourtant, cette simulation prive souvent l’autre de la possibilité de comprendre ce qui procure réellement du plaisir. Elle entretient, malgré elle, un scénario qui ne lui correspond pas.
Certains hommes, de leur côté, comparent. Ils évoquent une ancienne partenaire, affirment que « mon ex aimait ça » ou que « c’était plus rapide avant ». D’autres vivent l’absence d’orgasme comme un échec personnel ou une remise en question de leur virilité. Ces paroles ou ces réactions, même lorsqu’elles naissent d’une blessure ou d’une insécurité, peuvent humilier, mettre une pression immense sur leur partenaire et rendre encore plus difficile une communication sincère.
À force de vouloir protéger l’autre… ou se protéger soi-même… chacun finit parfois par cacher ce qu’il ressent réellement.
Or une sexualité épanouie ne se construit ni sur les comparaisons, ni sur les performances, ni sur les faux-semblants.
Elle se construit sur une vérité parfois maladroite, mais profondément respectueuse.
Certaines femmes pensent qu’elles doivent être désirables, disponibles, performantes ou rassurantes.
Certains hommes pensent qu’ils doivent être sûrs d’eux, toujours avoir envie, toujours réussir à donner du plaisir, toujours contrôler leur excitation.
Alors chacun joue son personnage.
Et peu à peu, quelque chose disparaît.
La rencontre.
Car il devient difficile d’être profondément désiré lorsque l’autre ne rencontre qu’un rôle.
Combien de femmes n’osent pas dire :
« Plus doucement. »
« Pas aujourd’hui. »
« J’aimerais autre chose. »
Combien d’hommes n’osent pas dire :
« Je suis fatigué. »
« J’ai peur de ne pas être à la hauteur. »
« J’aimerais simplement être enlacé. »
La plupart des difficultés sexuelles ne naissent pas parce que l’on dit trop de choses.
Elles naissent souvent parce que l’on n’ose pas dire les bonnes.
Nous croyons souvent que le problème est sexuel. Il est souvent relationnel.
Nous faisons l’amour avec des attentes, des scénarios, des modèles appris.
Et nous oublions de nous demander :
Qu’est-ce que j’ai réellement envie de vivre ?
Qu’est-ce qui me fait réellement du bien ?
Qu’est-ce que j’ose taire par peur de décevoir l’autre ?
La sexualité n’est pas un examen.
Elle n’est pas une performance.
Elle n’est pas un rôle à tenir.
C’est une conversation.
Une conversation où le corps parle autant que les mots.
Et parfois davantage.
La qualité d’une vie sexuelle ne dépend pas seulement de ce que deux personnes savent faire.
Elle dépend surtout de ce qu’elles osent se dire.
Parce que le plus beau des désirs est souvent celui qui peut enfin être entendu.
Si vous avez le sentiment de jouer un rôle dans votre sexualité, si vous avez du mal à exprimer vos envies, vos limites ou vos difficultés, sachez que cela peut se travailler.
J’accompagne les femmes, les hommes et les couples dans cette reconnexion à eux-mêmes, cette libération progressive des rôles, des injonctions et des attentes qui empêchent parfois d’être pleinement soi. Ensemble, nous travaillons à retrouver une sexualité plus libre, plus authentique et plus sereine, où la rencontre avec l’autre commence d’abord par une rencontre avec soi-même.
Parce que la plus belle intimité n’est peut-être pas celle où l’on cherche à être parfait.
C’est celle où l’on ose enfin être vrai.
Selene





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