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Et s’il ne revenait jamais

Parfois, il ne reste que les mots. Pas pour convaincre. Pas pour retenir. Mais pour déposer ce qui brûle encore, et laisser, quelque part,la trace douce et lucide d’un amour qui a existé et qui, peut-être, vibre encore dans le silence.


Et s’il ne revenait jamais
Et s’il ne revenait jamais

Et s’il ne revenait jamais

Alors j’aurais perdu un an à l’attendre.

À espérer dans chaque recoin,

dans chaque bruit,

chaque ombre,

chaque silence.

J’aurais mis ma vie entre parenthèses,

perdu goût,

perdu pied,

perdu tout.


Il y a des jours où je compose.

Et puis il y a ceux où je voudrais courir sous la pluie,

frapper à sa porte,

m’exposer à une énième absence,

à un regard fermé,

à un mur de glace.

Je voudrais hurler ce qu’il n’entend pas.

Hurler que je l’aime.

Qu’on peut traverser ça.

Qu’on peut guérir.

Qu’il me manque

et que je suis encore là.


Mais lui…il se tait.

Et même s’il me lit,

c’est peut-être juste un réflexe,

une habitude,

une fierté mal placée.

Et moi je prends ça pour un lien.

Je transforme ses silences en signes.

Je crois encore qu’il est là,

quelque part,

retenu.

J’ai tiré les cartes.

J’ai regardé les signes.

J’ai écrit.

J’ai crié sans bruit.


Mon amour ne s’éteint pas.

C’est une flamme têtue,

loyale,

à genoux,

mais vivante.

Et je crois — oui, je crois —

que lui aussi ressent.

Mais qu’il a peur.

Qu’il se cache de lui-même.

Qu’il ne sait pas dire.

Qu’il croit que revenir,

c’est perdre.

Alors il ne bouge pas.


Mais moi,

je meurs un peu à chaque fois qu’il ne revient pas.

Et je ne sais plus comment

renoncer à quelqu’un

qui vit encore en moi.

Alors je ne peux

que continuer à avancer.

À réinventer ce qu’il a, en partie, éveillé en moi.

En espérant qu’un jour sa main

rejoigne la mienne.

Ou que je puisse concevoir l’idée

qu’une autre main

réchauffe mon cœur.


Et qu’on ne me prenne pas pour faible,

pas pour acquise,

pas pour malade.

Il faut du courage pour un cœur

de continuer à battre seul

malgré l’orage,

avec la conviction des fous

que ce lien existe encore,

et les prières constantes

pour que le sien guérisse

et prenne enfin le risque

de se rapprocher de moi.


Car dans le fond,

de mon cœur,

il n’a jamais rien eu à craindre.

C’est du sien qu’il doit avoir peur.

Celui qui s’oublie dans l’amour,

celui qui croit qu’il faut renoncer à tout

pour être aimé.

Et c’est faux.

Je voudrais qu’on soit libres,

tous les deux.

Et forts,

d’être à deux.



Selene

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