Et s’il ne revenait jamais
- Selene De Beaumont
- 9 mai
- 2 min de lecture
Parfois, il ne reste que les mots. Pas pour convaincre. Pas pour retenir. Mais pour déposer ce qui brûle encore, et laisser, quelque part,la trace douce et lucide d’un amour qui a existé et qui, peut-être, vibre encore dans le silence.

Et s’il ne revenait jamais
Alors j’aurais perdu un an à l’attendre.
À espérer dans chaque recoin,
dans chaque bruit,
chaque ombre,
chaque silence.
J’aurais mis ma vie entre parenthèses,
perdu goût,
perdu pied,
perdu tout.
Il y a des jours où je compose.
Et puis il y a ceux où je voudrais courir sous la pluie,
frapper à sa porte,
m’exposer à une énième absence,
à un regard fermé,
à un mur de glace.
Je voudrais hurler ce qu’il n’entend pas.
Hurler que je l’aime.
Qu’on peut traverser ça.
Qu’on peut guérir.
Qu’il me manque
et que je suis encore là.
Mais lui…il se tait.
Et même s’il me lit,
c’est peut-être juste un réflexe,
une habitude,
une fierté mal placée.
Et moi je prends ça pour un lien.
Je transforme ses silences en signes.
Je crois encore qu’il est là,
quelque part,
retenu.
J’ai tiré les cartes.
J’ai regardé les signes.
J’ai écrit.
J’ai crié sans bruit.
Mon amour ne s’éteint pas.
C’est une flamme têtue,
loyale,
à genoux,
mais vivante.
Et je crois — oui, je crois —
que lui aussi ressent.
Mais qu’il a peur.
Qu’il se cache de lui-même.
Qu’il ne sait pas dire.
Qu’il croit que revenir,
c’est perdre.
Alors il ne bouge pas.
Mais moi,
je meurs un peu à chaque fois qu’il ne revient pas.
Et je ne sais plus comment
renoncer à quelqu’un
qui vit encore en moi.
Alors je ne peux
que continuer à avancer.
À réinventer ce qu’il a, en partie, éveillé en moi.
En espérant qu’un jour sa main
rejoigne la mienne.
Ou que je puisse concevoir l’idée
qu’une autre main
réchauffe mon cœur.
Et qu’on ne me prenne pas pour faible,
pas pour acquise,
pas pour malade.
Il faut du courage pour un cœur
de continuer à battre seul
malgré l’orage,
avec la conviction des fous
que ce lien existe encore,
et les prières constantes
pour que le sien guérisse
et prenne enfin le risque
de se rapprocher de moi.
Car dans le fond,
de mon cœur,
il n’a jamais rien eu à craindre.
C’est du sien qu’il doit avoir peur.
Celui qui s’oublie dans l’amour,
celui qui croit qu’il faut renoncer à tout
pour être aimé.
Et c’est faux.
Je voudrais qu’on soit libres,
tous les deux.
Et forts,
d’être à deux.
Selene









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