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La différence d’âge : mythe ou réalité dans une relation ?

La différence d’âge : mythe ou réalité dans une relation ?

Mythe ou réalité ?

On dit souvent que la différence d’âge est un obstacle. Qu’elle impose des visions du monde trop éloignées, des références distinctes, des désirs incompatibles. Pourtant, avec Roland, je ne l’ai jamais ressentie.


Nos goûts s’entremêlaient avec une fluidité naturelle. Nous aimions les films étranges, les musiques de tous horizons, la cuisine, les sports de combat, les jeux de pouvoir et le voyage. Je dansais, lui non. Il jouait aux jeux vidéo, moi pas. Mais ces différences n’étaient que des nuances. Nous nous retrouvions ailleurs. On se promenait, on bricolait, on faisait des sorties en canoë, il m’a initié à la plongée et cherchait un baudrier pour que je découvre l’escalade à ses côtés. Et des tas d’autres expériences plus confidentielles (voir les épisodes…). Finalement, c’est seule que j’ai fait l’ expérience de l’escalade en extérieur, dans un cadre professionnel. Et j’ai adoré. Ce qui me laisse penser que nous aurions aimé le vivre ensemble.


J’aimais conduire, il préférait être passager. Pourtant, c’est lui qui parcourait des heures de route pour venir jusqu’à moi. Il avait une façon de parler qui semblait venir d’un autre temps, et cela flattait mes oreilles. Il aimait écrire. Il connaissait énormément de choses. Je ne me suis jamais sentie en décalage avec lui.


Et pourtant.


Il y a bien un endroit où cette différence d’âge s’est imposée brutalement : la communication.


Je vois ces posts qui circulent, où les plus jeunes décrivent une époque où plus rien ne semble vrai. Où les relations se consument en un clin d’œil, où l’on disparaît sans explication, où il faut jouer l’indifférence pour ne pas sembler faible. Nous n’étions pas là-dedans. Nous, c’était profond.


Alors oui, parfois, quand je parlais de mes conflits avec ma fille, il ne savait pas toujours quoi dire. Il me répondait avec le regard de l’adolescent qu’il avait été, et c’était une perspective précieuse pour moi, qui étais trop éloignée de cet âge pour m’en souvenir vraiment. Et même quand il n’avait pas les mots, peu importait. J’avais juste besoin qu’il écoute, qu’il soit là, qu’il me serre dans ses bras et me dise que je faisais du mieux que je pouvais et que j’étais une bonne maman. Une fois apaisée, les solutions venaient d’elles-mêmes.


En cas de problème entre nous, on parlait. Surtout moi. Mais il me disait à quel point il appréciait cela, le fait de pouvoir tout mettre à plat et se réconcilier. Cela semblait rassurant pour lui qui n’avait pas connu cela.


Alors, où est passé tout ça ?


J’ai eu un dur retour à la réalité.


Finalement, il avait bien son âge.


Pas celui qui se mesure en années, mais celui de sa maturité, de sa capacité à affronter la complexité des sentiments et à prendre soin du lien qui nous unissait.


J’avais besoin d’une présence qui m’écoute , qui m’accompagne, même sans avoir toutes les réponses. Et au début, il semblait me l’offrir. Mais au moment où cela comptait vraiment, il a choisi le repli et la distance.


Est-ce une question d’âge ? Peut-être en partie. Mais je crois surtout que c’est une question de choix.


On peut apprendre à mieux communiquer. On peut dépasser ses peurs et ses blocages. Rien n’est figé si l’on décide de changer. L’indépendance et l’amour ne sont pas incompatibles, bien au contraire : ils peuvent s’enrichir l’un l’autre quand on accepte de construire ensemble sans se perdre soi-même. Il a choisi d’être libre seul, j’aurais choisi de tracer la route de l’indépendance à deux et de la complicité ensemble.


Alors je me demande : dans une relation, est-ce vraiment l’âge qui compte, ou bien la capacité à aimer avec courage et constance ?


Selene


Et vous, qu’en pensez-vous ?

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