Lettre à celle qui m’a dit que la force, c’est pénible
- Selene De Beaumont
- 21 juin
- 3 min de lecture
Lettre à celle qui m’a dit que la force, c’est pénible

On parle souvent des gens qui nous ont poussés à nous dépasser.
On parle moins de ceux qui nous ont autorisés à déposer nos valises.
Cette lettre est pour elle.
Et pour toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus d’être forts.
Tu n’as rien exigé.
Tu as juste posé les mots là, comme on pose un linge chaud sur une brûlure :
"Tu sais, la force… c’est pénible. Ce n’est pas facile d’être ton amie, Selene."
Et tout s’est figé en moi.
Parce que ce jour-là, j’avais 27 ans.
Et à 27 ans, je pensais que se montrer vulnérable était une faiblesse.
Et pire que tout, je croyais qu’on ne pouvait pas m’aimer si je n’étais pas parfaite : la fiancée parfaite, la jeune maman qui assure, la travailleuse modèle… et j’en passe.
Dans ma tradition familiale, on ne pleure pas. On tient.
On nous a appris à être fortes, toujours.
Parce qu’il y a pire ailleurs, parce que nos aînés ont souffert plus que nous, parce qu’ils ont tout sacrifié pour nous offrir ce que nous avons.
Famille d’immigrés. Héritage de silence et de solidité.
C’était la première fois que je pleurais dans tes bras.
La première fois que je me suis laissée aller à t’étreindre. La première fois que je me suis autorisée à ne plus être celle qui tient.
Tu es la première à ne pas m’avoir félicitée pour ma solidité.
La première à m’avoir dit doucement :
"J’aimerais être là pour toi, comme tu l’as été pour moi."
Et je t’ai crue.
Parce que tu avais traversé la nuit avant moi.
Parce que tu connaissais les mots qu’on ne dit pas.
Parce que tu n’as jamais eu peur de mes silences.
Tu étais en avance, émotionnellement.
Et moi, j’étais en avance sur les expériences, la liberté de vivre.
Toi, tu avais déjà beaucoup plus de responsabilités.
Moi, je venais juste de devenir maman.
Je m’étais écroulée ce jour-là, après une énième remarque du père de ma fille.
Lui, ne faisait pas grand-chose, mais avait le verbe facile pour juger ce que moi je faisais.
Ton amour ne m’enferme pas. Il m’élargit.
Notre respect est sans hiérarchie.
Notre admiration est sans attente.
Notre liberté est réciproque.
Tu n’es pas bruyante. Mais tu es celle devant qui je peux déposer mes armes.
Et tu n’as jamais reculé.
Alors je te rends cette phrase, comme une offrande.
Oui. La force, c’est pénible.
Mais ton amour, lui, ne l’a jamais été.
On dit parfois que l’amitié ne soigne pas.
Moi je crois que certaines âmes vous rebranchent à vous-même, sans rien exiger en retour.
C’est elle qui m’a permis d’explorer ce que je portais en silence, de confirmer que ce qui se passait en moi avait un sens plus vaste. Comme si, finalement, c’était prévu. Mon chemin de vie.
C’est avec elle que j’ai découvert le Human Design lorsque je lui ai parlé de mon changement, de mon ouverture aux énergies, aux cartes…
Un outil qui ne met pas en case. Qui éclaire au lieu de diagnostiquer. Qui murmure : tu es déjà assez, si tu t’écoutes.
J’en parlerai bientôt. Mais aujourd’hui…
je voulais simplement la remercier.
Elle est d’une culture et d’une religion différentes de la mienne.
Et pourtant, je me sens plus libre avec elle qu’avec n’importe qui.
Parce qu’elle ne juge pas.
Elle ne catalogue pas.
Elle n’enferme pas.
Elle ne se place pas en autorité bien pensante.
Son amitié est la plus douce et légère qui soit.
Comme un trésor. Comme un souffle.
Et je lui dis simplement: Merci d’être Toi.
Je t’aime.
✨
Si vous aussi vous vous sentez à l’étroit dans votre propre force, si vous cherchez une lumière qui ne vous oblige pas à briller, restez par ici. Je vous partagerai bientôt ce que ce chemin m’a appris.
Selene










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