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- Ce n’est pas de ta faute, maman.
Ce n’est pas de ta faute, maman. A ma fille. La veille, on avait parlé longtemps, toutes les deux. Je lui avais dit que l’amour d’un parent n’était pas un effacement. Que c’était inconditionnel , oui — mais pas absolu au point de se renier. Je lui avais parlé de ma propre mère, de ce sentiment de dette que je portais encore malgré les années, de ces appels répétés que je j'avais fait plus par devoir que par envie. Et je lui avais dit que moi, je ne voulais pas ça pour elle. Que si un jour elle m’appelait, même rarement, je préférais que ce soit par envie, pas par culpabilité. Je lui avais dit : « Ce que je te donne, c’est la liberté d’être toi. » Et puis, le lendemain, c’est elle qui m’a prise dans ses bras. J’étais dans le spa, les bulles pour couvrir un peu le tremblement de mes larmes. Je venais de recevoir une mauvaise nouvelle que j'attendais depuis des semaines. Je croyais être seule. Elle est arrivée sans bruit, s’est penchée sur moi, a glissé ses bras dans l’eau. Elle m’a serrée fort, longtemps. Et quand j’ai essayé de ravaler, de respirer vite pour me calmer, elle a murmuré : « Tu sais, tu peux pleurer. » Je lui ai dit que je m’en voulais. Que j’aurais voulu la rassurer, lui donner plus de réponses, être déjà sortie du tunnel professionnel et matériel. Que j'avais envie de travailler. Que ce n’était pas juste, ce système, cette lenteur, ces différences avec le privé. Et elle a répondu simplement : « Ce n’est pas grave. Ce n’est pas de ta faute, maman. » Alors j’ai pleuré, vraiment . Pour la première fois, je pense. Et je crois que dans ce moment-là, quelque chose s’est réparé. L’enfant que j’étais encore un peu s’est apaisée dans les bras de la fille que j’ai élevée. Le cercle s’est refermé doucement, dans l’eau chaude, entre deux souffles. Un mot soufflé: " Merci ". Ces deux bras-là, ils ont eu un souffle d’éternité, et de guérison pour mon petit cœur meurtri. Selene
- Et si… tout était déjà là ?
Et si… tout était déjà là ? Changer son regard Parfois, on cherche la solution partout — sauf en nous. On tourne, on s’épuise, on croit qu’il faut plus : plus d’argent, plus d’aide, plus de signes. Et puis un jour, on change juste d’angle. On regarde autrement. Et ce qui paraissait impossible devient soudain évident. Depuis des semaines, je suis dans une forme d’attente professionnelle qui m’épuise. Tout avance lentement. Et dans ces moments-là, j’ai besoin de quelque chose qui me ramène à moi, à la matière, à la vie simple. Mais en ce moment, je n’ai pas les moyens de me payer des escapades ou des soins coûteux. Alors j’ai tourné mon regard vers ce que j’avais : un spa que j’avais laissé tomber, envahi d’eau verte, abandonné à sa stagnation. Un peu comme moi, ces derniers temps. Je croyais ne pas pouvoir le remplir — un tuyau fissuré, des frais inutiles à éviter. Et puis hier, sans raison apparente, une phrase m’a traversée : « Et si le tuyau du bas montait jusque-là ? » Et tout s’est remis en mouvement. J’ai vidé, nettoyé, rempli, chauffé. L’eau est redevenue claire. Et avec elle, quelque chose en moi aussi. Et si le mouvement, ce n'était pas courir, mais oser réessayer autrement. La vie, parfois, ne demande pas qu’on force les choses. Elle attend juste qu’on change de regard. Qu’on passe de la frustration à la curiosité. De la fatigue à la douceur. Et c’est fou comme tout recommence à circuler à partir de là. Moralité : quand tout semble bloqué, ne cherche pas à casser le mur. Tourne simplement la tête. La porte est souvent juste à côté. Aujourd'hui, à mon niveau, j'ai fait ce que je pouvais. J'ai cuisiné. J'ai laissé le soleil entrer. J'ai donné du goût au silence. J'ai remis de la chaleur dans l'eau et dans mon corps. Et si le bonheur, finalement, c'était ça : un peu de riz, des légumes parfumés, du houmous qu'on a fait soi-même, et cette fierté tranquille d'avoir trouvé un autre chemin pour faire circuler la vie. Selene
- La tendresse sans mots
La tendresse sans mots Le gardien Il y a des matins où la douceur vient sans prévenir. Pas d’appel, pas de bruit, juste une présence qui s’impose, comme un baume. Un poids sur le ventre, une chaleur contre la peau, une respiration mêlée à la nôtre. On ne sait plus très bien où commence le corps, où finit la solitude. On se laisse faire, on accueille, on ferme les yeux. C’est dans ce silence-là que j’ai compris : l’amour ne parle pas toujours notre langue. Il s’exprime parfois dans le souffle d’un être qui ne demande rien, mais qui vous offre tout — simplement en étant là. À toi, mon gardien silencieux Ce matin, tu es venu te coucher sur mon ventre, sans prévenir. Comme on dépose une promesse. La chaleur de ton corps est entrée dans le mien. Sous toi, mon souffle est devenu plus lent, plus profond. Tu permettais à ma respiration de descendre plus bas, plus vrai, jusque dans ce lieu où le cœur se cache, chassant le froid logé dans mes côtes, remplaçant l’absence par un rythme — celui d’une vie qui ne demande rien. Ton corps disait : je suis là. Et mes bras, d’instinct, t’ont enveloppé comme on enlace un arbre pour s’y ancrer. Ta peau tiède contre la mienne, ton souffle glissant sur ma peau nue, un courant d’air doux, presque humain. Ta petite langue, travailleuse et souple, a effleuré mes cuisses comme une pulsion de vie revenue d’ailleurs. Puis, dans un soupir qui paraissait sortir d’une grotte, tu t’es allongé contre moi — de tout ton long, repus d’avoir donné, rassasié d’avoir pris. Un frisson de reconnaissance s’est promené sur les rives de mon cœur, ivre de ta tendresse. Quand tu t’es étendu vers la fenêtre, baigné de lumière, mon ventre est resté léger, non plus vide, mais allégé de ta douceur. Alors seulement j’ai souri — parce que tu n’es pas un homme, mais mon chien, et peut-être celui qui, ce matin, a le mieux compris mes silences. Et dans cette présence muette où tu veilles, je sais que même la solitude a ton odeur. Nos animaux savent ce que nous oublions parfois : comment apaiser sans parler, comment aimer sans attente, comment veiller sans promesse. Ils nous apprennent la lenteur, l’écoute du vivant, et la beauté d’un silence partagé. Leur présence est un ancrage, une respiration du monde. Ils nous rappellent que la tendresse n’est pas un luxe — c’est une manière d’habiter la vie. Selene
- Rituel de lâcher-prise
Rituel de lâcher-prise Rituel de lâcher prise Quand les choses ne dépendent plus de nous Il y a des moments où tout semble s’accumuler. Les soucis, les chiffres, les attentes, les silences. Et surtout, cette impression d’être seul·e à tout porter, de devoir tenir le monde à bout de bras pendant que plus rien n’avance. On regarde le temps passer sans savoir où poser les mains. On voudrait que ça s’arrête, juste un instant, pour respirer à nouveau. C’est de là qu’est né ce rituel. De cette fatigue qu’on ne dit pas, de ces jours où même se lever paraît trop. Quand on ne peut plus agir, alors on peut encore offrir — offrir au souffle, à la terre, à la lumière. 1. Trouver son ancrage Installe-toi là où tu peux voir un peu de vie — une plante, ton jardin, un coin de ciel. Allume une bougie, ou prends un objet dans ta main. Quelque chose de vrai, de simple. Ce sera ton point d’ancrage. Ferme les yeux. Inspire doucement : Ce qui vient, je l’accueille. Expire lentement : Ce qui part, je le rends. Trois fois, sans effort. Juste pour sentir ton corps revenir à toi. 2. Déposer le trop-plein Prends un papier. Écris tout ce qui te pèse, ce qui ne dépend plus de toi : les attentes, les dettes, les absences, les retards, les peurs. Ne cherche pas les mots justes. Laisse sortir. Puis, sur un autre papier, écris une seule phrase : Je choisis de rester vivante, même dans l’attente. Plie-le doucement. Brûle le premier (ou enterre-le dans une plante, ton jardin, un pot de terre). Laisse le second près de ta bougie — symbole de ton feu qui persiste. 3. Revenir à la paix Pose ta main sur ton cœur et dis : Je ne contrôle pas la mer, mais je sais nager dans ses vagues. Reste là encore un instant. Ne cherche pas à te réparer. Laisse juste ton cœur battre, et ton souffle revenir à lui. 4. Se souvenir de ce qui va Quand tu as déposé ce qui pèse, prends une minute pour noter ce qui tient encore. Pas ce qui brille, pas ce qui impressionne — juste ce qui va. Une tasse chaude, un toit, le rire de quelqu’un, un rayon de soleil dans le jardin, ton souffle qui revient. Tout n’est pas perdu, tant qu’il reste un peu de vivant en moi. Relis ces mots lentement. C’est à partir d’eux que tu pourras reconstruire. Ce rituel n’a pas pour but de résoudre. Il sert à adoucir ce qui dépasse. À nous rappeler qu’au milieu du chaos, il y a encore un espace calme en nous — celui où la vie recommence à circuler. Selene
- Les ruptures dans le système
Les ruptures dans le système La nuit dernière, j’ai rêvé que ma mère et ma tante étaient avec moi dans ma voiture. Ma tante voulait conduire, mais sans vraiment voir la route. Elle tenait une télécommande depuis l’arrière, comme si tout cela était un jeu. Ma mère, elle, ne s’en inquiétait pas. Moi, si. J’essayais de reprendre le volant, de fixer mon siège au sol — difficilement. Ma mère essayait de m’aider, mais elle s’y prenait mal, ne comprenait rien au système. J’ai fini par y arriver. J’ai repris la conduite. Mais j’ai rapidement compris qu’on allait tomber dans un fleuve. Avant la chute, j’ai ouvert la fenêtre. Je suis sortie. Elles, non. J’ai crié, demandé de l’aide. Personne ne bougeait. Aucune panique. Alors j’ai demandé un marteau, et j’ai sauté dans l’eau. J’ai brisé la vitre. Je les ai sorties, l’une après l’autre. Ma tante titubait déjà, incohérente. Ma mère, j’ai dû lui faire un massage cardiaque. Puis elle s’est relevée à son tour, désorientée, bafouillant des phrases sans sens. ⸻ Ce rêve est venu la nuit d’un rituel de pleine lune. J’avais écrit une lettre à la culpabilité. Je l’ai déchirée, puis brûlée. J’y avais confié tout ce qui pesait depuis trop longtemps : la dette invisible qu’on m’a apprise, le devoir filial répété comme une menace, les phrases qu’on brandit pour faire peur : “Tu t’en voudras quand je ne serai plus là.” Je m’en suis libérée. Et au matin, le réel a répondu. Un appel. Mon oncle. Des vérités qu’il ignorait. Des fils qu’il va, lui aussi, tirer. Les secrets n’en sont plus. Les masques vont tomber. Et je sais que ça va secouer. Les systèmes familiaux se défendent toujours avant de s’effondrer. Mais je sens que c’est nécessaire. Un point de bascule, enfin. ⸻ Ce rêve me l’a montré clairement : je peux aimer sans me sacrifier et reprendre les rênes de ma vie sans le poids du passé. Je peux sauver sans me perdre. Je peux tendre la main sans replonger. Prendre le volant, c’est parfois déranger tout un équilibre. Mais c’est la seule façon de ne plus être entraînée dans le courant des peurs et mensonges hérités. Je ne veux plus conduire ma vie à travers leurs blessures. Je veux simplement avancer, consciente, ancrée, libre. Et peut-être que c’est ça, être une rupture dans le système : ne pas renier d’où l’on vient, mais oser réécrire la route. Même si ça tremble. Même si ça dérange. Parce que la vérité, elle, ne se noie jamais. Selene
- La Lune bleue nuit s’éclaircit
Éloge de l'amour simple La Lune bleue nuit s’éclaircit Il y a longtemps que je vis entourée de mots. Ils m’ont sauvée, consolée, traversée. Ils m’ont permis de braver un silence que je n’avais pas désiré et de pouvoir aller au bout de mes ressentis. Mais trop souvent, ils portaient la trace du manque, le goût d’une absence, la morsure d’un feu qui brûle. Je croyais que c’était ça, la vérité de l’amour — ce qui se perd, ce qui fait mal, ce qui reste dans la nuit. Aujourd’hui, quelque chose en moi veut autrement. Je ne veux plus de cette douleur qui me tient éveillée. Je veux réapprendre à rêver le beau, à célébrer la douceur. À croire que l’amour n’a pas besoin de drame pour être profond ou être prouvé. Qu’il peut se dire dans la simplicité d’un regard, le silence d’un soir, la chaleur d’une main, les mots d'une réconciliation douce. J’avais besoin de faire un chemin de croix face aux choses que je ne me pardonnais pas. Mais aujourd’hui, je décide que j’ai assez souffert, que mon repentir est sincère et cela doit me suffire. Il est temps, je ne mérite plus de vivre dans cette peine. J’ai longtemps cru que la profondeur se mesurait à la souffrance. Que la beauté naissait du manque, que l’amour, pour être vrai, devait saigner un peu. Les années où j’avais vu ma mère pleurer la disparition de mon père y sont peut-être pour quelque chose. J’ai caressé l’ombre jusqu’à la connaître par cœur, j’y ai déposé mes mots, mes larmes et mes prières. Elle m’a façonnée — mais elle n’est plus ma maison. Elle ne m’a rien rendue. Aujourd’hui, je veux apprendre à écrire autrement. À laisser la lumière s’asseoir à ma table. À célébrer le beau, le simple, le doux. Je veux écrire l’amour qui ne blesse pas, celui qui s’éveille dans un geste, dans un rire partagé, dans la lenteur d’un matin tranquille, dans le merveilleux du quotidien, dans la joie de la sécurité et dans le bonheur de l’amour réciproque. Je veux faire l’éloge de la tendresse sans drame, du feu qui éclaire sans brûler, de la chaleur qui tient au cœur et qui dure, simplement. Le charnel, désormais, sera un prolongement du cœur — non plus une lutte ou une frustration mais une offrande. Et si la vie me prête encore ses silences, je les remplirai de beauté plutôt que d’absence. Car il est temps, enfin, de chanter le beau, et d’en espérer l’écho au bord de mes fenêtres. Je n’en ai pas fini avec l’absence. Elle continuera de traverser mes mots, parfois douce, parfois bleue nuit. Mais elle ne sera plus un abîme — seulement un souvenir habité de lumière. Je veux que mes Lunes s’ouvrent désormais à tout ce qui vit, à la douceur, au feu tranquille, à la beauté du simple, au rêve du demain. J’écrirai encore les manques, bien sûr, mais ils ne seront plus la seule langue de mon cœur. Peut-être que la paix n’est pas un renoncement, mais la forme la plus pure de l’amour. Voici un premier échantillon... Douceur du soir Le film continue, quelque part, dans un lieu qui n’a plus vraiment d’importance, loin, très loin derrière la brume de nos souffles. Les voix se brouillent, dans une langue étrangère à cet instant. Les images défilent, et tout devient un bourdonnement doux, comme un souvenir qui s’efface à mesure qu’il respire. Les reflets du film dansent sur ta peau. Je joue avec tes cheveux du bout des doigts, sans vraiment y penser, comme on effleure le calme pour s’y réfugier. Tes paupières se ferment doucement. Je devine ton sommeil avant qu’il ne vienne. Tes lunettes glissent, je les attrape au vol, et ma main s’attarde là, sur la courbe tranquille de ta tempe, à t’effleurer comme on retient un rêve, juste le temps d’embrasser les murmures de tes battements. Le silence s’installe. Je coupe la lumière jalouse qui nous regarde en baissant les yeux. La pièce redevient nuit. Tu bouges à peine, cherches ma main, tu sembles un enfant perdu dans un magasin. Je me glisse contre toi, comme on rejoint une évidence. Et dans la chaleur tranquille de ton corps, le monde entier peut bien s’éteindre, je suis chez moi. Les cauchemars nous emporteront peut-être, mais ensemble, nous n’avons plus peur de rien. Selene
- "Les Humeurs" de Sélène – le Body count, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer
le bodycount "Les Humeurs" de Sélène – le Body count, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer Il y a des discours qui sentent la naphtaline, même quand ils se déguisent en vérités “sociales” ou “biologiques”. Le dernier en date ? Celui qui prétend que le nombre d’amants d’une femme déterminerait sa “valeur”. Comme si le corps féminin devait encore se mesurer, se compter, se comparer. Comme si notre désir avait besoin d’un code-barres. Ce fantasme du “body count” n’est qu’une vieille ficelle du patriarcat : celle qui prétend protéger, alors qu’elle contrôle. On veut bien des femmes libres, à condition qu’elles ne le soient pas trop. On les veut désirables, mais pas désirantes. Jouissives, mais pas puissantes. Et ce qui me sidère, c’est d’entendre certains dire, très sérieusement : “Je ne veux pas fonder une famille avec une femme qui a eu trop d’hommes.” C’est grave. Grave, parce qu’on ne parle plus ici de préférence, mais de peur de la femme vivante. Grave, parce que ce discours enferme encore l’amour dans une logique de pureté et de contrôle. Comme si fonder une famille devait se faire avec une femme “neuve” plutôt qu’avec une femme vraie. Le plaisir d’une femme n’est pas un trophée, c’est une langue à part entière. Chaque amant n’est pas un chiffre, mais une rencontre, un fragment, une exploration. Et ceux qui comptent sont souvent ceux qui ne savent pas faire l’amour — ils additionnent parce qu’ils n’ont jamais su goûter. Ceux aussi qui ont peur. Peur des femmes qui savent ce qu’elles veulent, qui osent le dire, le demander, le vivre. Parce qu’une femme qui sait jouir d’elle-même n’a plus besoin d’être choisie : elle choisit. Alors oui, le corps féminin n’est pas un marché à évaluer. Et s’il fallait vraiment parler de rareté, ce n’est pas celle du “produit” qu’il faudrait questionner, mais celle des hommes capables de rencontrer une femme autrement que par son passé. Selene
- Anorgasmie : ce qu’on ne dit jamais
Anorgasmie : ce qu’on ne dit jamais Anorgasmie Et si le problème n’était pas le corps ? On en parle peu, ou alors à voix basse, comme d’un échec intime. Certaines femmes disent : “je n’y arrive pas”. D’autres : “je crois que je n’en ai jamais eu”. Et derrière ces mots, il y a souvent un mélange de gêne, de solitude, et de culpabilité. Comme si l’orgasme était une preuve — de féminité, de plaisir, ou même de normalité. Mais non. L’absence d’orgasme n’enlève rien à ta valeur, ni à ton désir. Elle te parle simplement d’un chemin à explorer autrement. 1. Ce que l’on appelle “anorgasmie” L’anorgasmie désigne la difficulté ou l’impossibilité d’atteindre l’orgasme, malgré le désir et la stimulation. Elle peut être : primaire , quand une femme n’a jamais connu d’orgasme secondaire , quand il y en a eu par le passé, mais plus maintenant situationnelle , quand il ne se produit que dans certains contextes (seule, à deux, selon la stimulation…) Mais surtout, elle n’est pas figée. Ce n’est pas une incapacité, c’est un verrou de confiance. 2. Ce qu’on ne dit jamais 👉 L’orgasme ne se “cherche” pas, il s’apprivoise. 👉 Le corps n’oublie jamais, mais il a parfois besoin d’être réentendu. 👉 Beaucoup de femmes n’ont jamais appris à se connaître — vraiment. Derrière l’anorgasmie, il y a souvent un rapport au corps façonné par la performance : faire plaisir, être désirable, “réussir” son rapport. Mais le plaisir n’aime pas la pression. Il se cache, dès qu’on le surveille. 3. Les conséquences invisibles L’anorgasmie n’est pas qu’un trouble sexuel. C’est parfois le reflet d’une déconnexion : entre le corps et le cœur, entre le plaisir et la sécurité. Elle peut entraîner : une baisse du désir (“à quoi bon ?”) de la culpabilité (“je devrais y arriver”) une distance dans le couple (“je fais semblant”, “je me renferme”) Mais il existe un autre chemin. Celui de la lenteur, de la curiosité, et du retour à soi. 4. Ce que tu dois savoir 💡 Le plaisir n’est pas un but, c’est un langage. 💡 L’orgasme n’est pas une obligation, c’est une conséquence naturelle de la détente. 💡 La clé, c’est la réconciliation avec ton corps, à travers la douceur, la respiration, et la sécurité. Et c’est précisément là que le rituel commence. 🌙 Rituel intime : se reconnecter à ses sensations Un moment pour toi. Sans attente. Juste pour sentir, sans devoir “réussir”. Étape 1 – Crée ton espace. Ferme la porte. Baisse la lumière. Enveloppe-toi d’une couverture douce. Pose-toi une main sur le cœur, une autre sur le bas-ventre. Respire profondément. Sens ton souffle qui descend jusque dans ton bassin. Étape 2 – Réveille tes sens. Choisis une huile, une texture, une musique lente. Passe tes doigts sur ta peau — bras, cuisses, ventre, seins — sans but. Juste pour sentir la température, la douceur, la vie. Étape 3 – Explore sans objectif. Laisse-toi guider par ce qui appelle ton attention. Pas pour atteindre quelque chose, mais pour écouter ton corps. Observe où tu te crispes, où tu respires plus fort, où tu sens une chaleur monter. Ce sont des signaux, pas des tests. Étape 4 – Reviens à ton souffle. Si ton esprit part, ramène-le vers ta respiration. L’orgasme, c’est une onde. Elle circule quand on la laisse faire. Étape 5 – Termine avec gratitude. Quand tu sens que c’est suffisant, remercie ton corps. Même s’il n’y a pas eu d’orgasme. Le plaisir commence quand tu cesses de te juger. 5. Et après ? Tu n’as pas à “savoir faire”. Tu as juste à te retrouver. Le travail en sexothérapie t’aide à comprendre les freins, les schémas et les émotions liés au plaisir. C’est un chemin de confiance, pas de performance. Tu n’as pas à traverser cela seule. L'anorgasmie peut devenir un chemin vers une intimité retrouvée, où ton corps n’est plus un obstacle, mais un allié. En tant que sexothérapeute, je t’accompagne avec bienveillance, à ton rythme, pour transformer cette difficulté en chemin de confiance et de plaisir retrouvé. 📩 Tu peux réserver un petit rendez-vous de 15 minutes pour en parler en toute confidentialité . Parce qu’apprendre à jouir, c’est aussi apprendre à s’aimer. Selene
- La sentence - Lune noire
La sentence - Lune noire Il y a des souvenirs que le corps garde précieusement, comme s’il les abritait dans un pli de chair ou une respiration. Ils ne reviennent pas par la pensée, mais par un frisson, un éclat de chaleur, une image floue qui se rallume sans prévenir. Même des années après. Cette scène-là m’est revenue un soir, sans raison apparente. Peut-être parce que j’avais retrouvé un peu de feu en moi, ou simplement parce que le désir a cette mémoire animale qui ne s’explique pas. À cette époque, je ne mettais pas de mot sur ce que je vivais. Je ne savais pas encore qu’on pouvait nommer cela “domination”, ni que ce pouvoir pouvait être doux, ou même profondément aimant. Je jouais, j’inventais, j’explorais. Et c’est dans cette innocence brûlante que la scène s’est écrite — comme un jeu, une offrande, une leçon sans maître. La sentence La sentence La colère m’habitait comme une armure chaude. J’avais décidé d’en jouer à ses dépens, bien évidemment. Je l’ai laissé là, debout, le souffle suspendu dans la pièce, les poignets liés au bois, nu sous la lumière crue d’une cuisine, les yeux clos - ou plutôt, clos par moi. Le monde retenait son souffle. Le silence vibrait contre les murs, comme un ordre muet. J’arpentais l’espace, lente, souveraine , tandis que le temps s’étirait, docile . Chaque minute devenait une promesse. Je savais qu’il ne comprenait pas tout, mais il apprendrait : la lenteur, la perte, le vertige d’être offert. Il ne voyait plus rien, mais il savait que j’étais là, quelque part , dans le froissement d’un tissu, dans le bruit d’un pas qui ne vient pas. Je tournais autour de lui comme on apprivoise la peur. Je ne disais rien, mais il savait que j’étais celle qui décide quand tout recommence. L’écho du vide, à force de durer, devint presque une caresse. Je revêtais ma colère comme un costume . Je l’ai sanctionné à mains nues : paumes qui claquaient sur ses fesses de petit garçon indiscipliné , doigts qui s’engouffraient entre ses lèvres entrouvertes, et dans ses pièces closes, comme on pénètre un jardin interdit . J’étais tour à tour loi et offrande. C’était cruel et tendre , humiliant et délicieux . Il apprit, bouche close, que je devenais sa voix. Sous mes mains, la frontière se brouillait, entre la punition et le pardon. Chaque contact était à la fois choc et douceur, une contrainte qui tirait des frissons, un ordre qui provoquait plaisir et honte mêlés. J’écrivais sur sa peau mon verdict , franchissant d’un pas précis les berges de son trouble . Je prenais tout ce qui m’appartenait. Et ses aveux sans voix , au rythme de ses soupirs, hurlaient qu’il n’attendait que cela - et qu’il portait désormais fièrement mon nom. Comme une flamme sombre et sauvage, où la pudeur s’oublie dans une dernière prière , impossible à nommer. Je l’ai détaché, lentement. Le silence est retombé, doux et dense à la fois. Il avait ce regard mi-perdu, mi-éveillé, celui d’un homme qui découvre un territoire inconnu. Il était plus vieux que moi, mais personne n’avait jamais osé lui faire ça. Ce soir-là, il a compris que la reddition pouvait être belle, et moi, que le pouvoir pouvait avoir la douceur d’une caresse. C’était un moment consenti, partagé, intense - un de ceux qui marquent sans blesser, et qu’on garde en mémoire longtemps, sans jamais les regretter. Selene
- Les fleurs du cœur
Les fleurs du cœur Pivoines, iris, oxalys… ces fleurs qui parlent d’amour autrement Certaines fleurs ne se contentent pas de fleurir un jardin : elles racontent nos histoires. Elles portent les émotions qu’on n’a pas su dire, les promesses qu’on n’a pas tenues, les élans qu’on n’a jamais oubliés. Dans Les Jardins Lunaires, chaque fleur devient une mémoire. Une correspondance secrète entre la terre et le cœur. La Pivoine Offerte dans un élan fragile et brûlant, la pivoine incarne la passion éphémère. Elle s’épanouit trop vite, comme un amour trop fort pour durer. Mais chaque printemps, elle renaît — rappelant que même les amours fanés laissent des racines vivantes dans la mémoire. La pivoine L’Iris Fleur des dieux et messager des âmes, l’iris veille entre deux mondes. Sa beauté impassible, sa couleur céleste, en font une frontière entre l’humain et le sacré. Il rappelle ces liens silencieux qui ne s’expliquent pas, mais qui traversent le temps et les séparations. L’Oxalys Petite étoile discrète, l’oxalys ouvre ses feuilles au soleil et les referme à la nuit. Elle symbolise la pudeur, la fidélité et le mouvement du cœur — ce va-et-vient entre l’attente et la lumière. Dans son geste, il y a une leçon : aimer, c’est parfois apprendre à se refermer pour mieux refleurir. (En cours...) Chaque fleur est une confidence. Elles ne se fanent pas : elles murmurent autrement. Et peut-être qu’en les écoutant, on entend un peu de soi. Selene
- Éjaculation précoce : et si le problème n’était pas le contrôle ?
Éjaculation précoce Éjaculation précoce : et si le problème n’était pas le contrôle ? On en parle peu, ou alors avec moquerie. Et pourtant, l’éjaculation précoce est l’un des troubles sexuels les plus fréquents — et aussi l’un des plus mal compris. Derrière ce mot qui fait peur, il y a souvent un homme en tension, pris entre la peur de “ne pas tenir” et celle de “décevoir”. Un homme qui se met une pression immense… alors que son corps, lui, réagit simplement à une émotion, un rythme, un apprentissage. Ce qu’on appelle “éjaculation précoce” Il ne s’agit pas d’un simple “manque de maîtrise”. C’est une éjaculation qui survient plus tôt que désiré — parfois avant ou juste après la pénétration. Mais ce délai ne dit rien du plaisir, ni de la qualité de la relation. Chaque homme a son propre rythme. Le problème naît surtout lorsque ce rythme devient source de stress, de culpabilité ou de gêne dans la relation. Ce qu’on ne dit jamais 👉 Ce n’est pas rare : un homme sur trois en vit un épisode au cours de sa vie. 👉 Ce n’est pas “dans la tête” : c’est une réaction du corps, parfois liée à un apprentissage centré sur la performance ou au stress. 👉 Ce n’est pas une question de virilité : ça ne dit rien de ta valeur, ni de ton désir. 👉 Ce n’est pas une honte : c’est un signal à écouter, pas un échec à cacher. D’où ça vient ? Les causes peuvent être multiples : 💡 Le stress, l’anxiété de performance, la peur de “ne pas assurer”. 💡 Un apprentissage trop rapide de la sexualité, souvent influencé par le porno et la recherche du résultat. 💡 Un rythme physiologique personnel plus rapide. 💡 Parfois, un facteur biologique (hormones, hypersensibilité du gland, inflammation, etc.). L’éjaculation précoce n’est donc pas un “dysfonctionnement”, mais une réponse corporelle à un ensemble d’émotions et de contextes. Ce que ressent le couple Quand la précocité s’installe, le partenaire peut se sentir mis à distance, frustré·e ou coupable. Mais le vrai lien, ce n’est pas la durée : c’est la connexion, la présence, la tendresse. Apprendre à redéfinir le rapport, à ralentir, à jouer autrement, change tout. Ce n’est pas “tenir plus longtemps” qu’il faut viser, mais “être plus présent”. Ce que tu dois retenir 💬 En parler soulage déjà la pression. 🕊 Travailler sur la respiration, la conscience corporelle et le lâcher-prise aide à retrouver ton rythme naturel. 💞 La sexothérapie propose des outils concrets pour reconnecter le corps et la tête, seul ou à deux. 🌗 Ce n’est pas une fatalité — c’est une histoire de rythme, d’écoute et de confiance à réapprendre. Et après ? Tu n’as pas besoin de “performer”. Tu as besoin de respirer, de ressentir, d’être présent. Je t’accompagne, seul ou en couple, pour transformer la précocité en une nouvelle manière de vivre ton plaisir. Sans honte, sans pression — avec douceur, humour et humanité. En tant que sexothérapeute, je t’accompagne (seul ou en couple) pour transformer cette difficulté en chemin de confiance et de plaisir retrouvé. 📩 Contacte-moi directement pour en parler en toute confidentialité, et commençons ensemble à écrire une nouvelle page de ton intimité. Retrouvons ensemble le plaisir d’un rythme partagé. Selene
- "Les Humeurs" de Sélène – Il a “réussi” à la rendre fontaine
"Les Humeurs" de Sélène – Il a “réussi” à la rendre fontaine Le plaisir se partage. Je suis tombée sur une vidéo ce matin. Un homme, hilare, fier comme un coq : « Quand t’as réussi à la rendre fontaine. » Et j’ai soupiré. Pas de désir, non. De lassitude. Parce que non, il n’a rien “réussi”. Elle n’est pas un trophée. Et il n’y a pas de médaille à la clé du plaisir féminin. Ce qui s’est passé, c’est qu’elle s’est ouverte. À lui, peut-être. Mais surtout à elle-même. À cet instant précis, elle s’est sentie en sécurité. Elle a cessé de vouloir bien faire. Elle a laissé tomber la pudeur, les réflexes de contrôle, le besoin de plaire. Et son corps a parlé à sa place. Ce n’est pas un exploit. C’est un abandon. Et cet abandon n’appartient qu’à elle. Alors oui, qu’il se réjouisse d’avoir créé un espace où elle a pu se sentir libre — pourquoi pas. Mais qu’il cesse de s’enorgueillir d’un phénomène biologique et émotionnel qui ne lui appartient pas. Le plaisir féminin n’est pas une récompense pour bonne conduite. Et la fluidité d’une femme n’est pas une validation de la virilité d’un homme. Peut-être qu’un jour, on cessera de mesurer la puissance d’un homme à ce que son ego croit provoquer, et qu’on commencera enfin à parler de la beauté d’un corps qui s’autorise à être. Et à ceux qui doutent, qui se comparent ou se jugent : le plaisir ne se “provoque” pas, il se partage. La puissance d’un homme n’est pas dans la performance, mais dans sa capacité à écouter, à accueillir, à être présent. En sexothérapie, j’accompagne aussi les hommes sur ce chemin — celui qui libère du poids de la performance pour retrouver la confiance, la justesse et la profondeur du lien. Pour que le plaisir redevienne un langage, pas une performance. Pour réserver un temps d'écoute c'est ici . Selene


















