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  • Le culte selon Dorian Gray 2.0

    Le culte selon Dorian Gray 2.0 Le culte selon Dorian Gray 2.0 Lorsque L’Épiderme a lancé son appel à textes autour du corps, deux de mes textes se sont immédiatement imposés à moi. L’un explorait les mains comme gardiennes silencieuses de nos traversées ; l’autre interrogeait le miroir, cet étrange espace où l’image que nous renvoyons ne coïncide pas toujours avec celle que nous croyons être. Puis cet appel a fait naître un troisième texte. Celui-ci. Contrairement aux deux autres, il a été écrit exclusivement pour répondre à cet appel à textes. J’avais envie de revisiter le mythe de Dorian Gray à la lumière de notre époque, où les filtres remplacent parfois les miroirs, où l’apparence devient une injonction, et où la quête de perfection peut finir par nous éloigner de nous-mêmes. J’y emprunte volontairement le vocabulaire du sacré. Non pour me moquer de la religion, mais parce que j’ai parfois le sentiment que notre époque a simplement changé d’autel. Nous ne prions plus tout à fait les mêmes dieux. Je suis très heureuse que ce texte ait trouvé sa place dans les pages de L’Épiderme, et je remercie chaleureusement toute l’équipe de la revue pour sa confiance. Je vous laisse maintenant le découvrir dans son intégralité. Bonne lecture. Le culte selon Dorian Gray 2.0 Il fut un temps où les portraits vieillissaient à notre place. Aujourd’hui, nous leur demandons de nous sauver du temps lui-même. Dorian Gray cachait son portrait dans un grenier, nous l’exposons à la lumière des écrans. Mais pas n’importe comment, non. Nous surveillons chaque fissure, chaque preuve du vivant, comme si vieillir était devenu une faute à confesser. Grossir, un blasphème à taire immédiatement. Et nous déclamons, sans relâche, nos nouvelles prières. Nous récitons frénétiquement les psaumes du collagène. Nous allumons des cierges dans des anneaux lumineux. Nous plions les genoux, non plus sur les prie-Dieu, mais sous les barres de squat. Nous recevons l’hostie sous forme de protéines et de créatine. Le corps du Christ, goût vanille dans un shaker. Nous attendons, en vain, le miracle promis des sérums. Nous bannissons la tentation du naturel. Et demandons à être délivrés de l’empreinte du temps. Nous confessons, le cœur tremblant, avoir agrandi nos yeux, rétréci nos ventres, effacé nos sillons. Nous avouons nos rechutes, devant des Choco BN, nos comparaisons nocturnes avec des fit girls, nos doigts glissant sur les écrans avec dévotion, comme d’autres égrènent un chapelet. Alors que l’IA s’échauffe, nous nous agenouillons, appliquant un cache-cou shadow pour éviter le double menton. Au nom du miroir, du filtre et du regard des autres. Amen. Je vous salue, reflet, plein de grâce, le filtre Lensa est avec vous. Vous êtes béni entre tous les visages, et béni soit le fruit de vos retouches : l’illusion. Sainte image numérique, mère de nos selfies, priez pour nous, pauvres mortels, maintenant et à l’heure de notre prochain summer body. Donnez-nous aujourd’hui notre programme d’entraînement quotidien. Pardonnez-nous notre cellulite comme nous pardonnons celle des autres. Ne nous laissez pas élever notre IG, mais délivrez-nous des céréales transformées. Le problème, c’est que… À force de lisser, corriger, améliorer, augmenter, nous avons fini par égarer celui ou celle qui nous regardait autrefois depuis le fond du miroir. Nous avons oublié le grain de notre peau, la courbe exacte de nos sourires, le visage que faisaient nos yeux lorsqu’ils riaient sans témoin. Nous avons voulu devenir désirables, jeunes, irréprochables. Et parfois, nous sommes devenus étrangers à nous-mêmes. Quant à Dorian, il est mort, retrouvé au pied de son portrait, vieilli d’un seul coup par toutes les années refusées. Peut-être que la vraie tragédie n’est pas de vieillir. Peut-être est-ce de se perdre à force de vouloir se corriger. De devenir le gardien d’un visage qui n’est plus le sien. Et alors, le véritable miracle ne serait pas de paraître plus jeune, plus mince, plus désirable. Mais de retrouver son visage parmi tous ceux que l’on a fabriqués. Reconnaître cette ride née d’un chagrin, cette cicatrice, cette fossette, ce pli au coin des lèvres laissé par les éclats de rire. Regarder son reflet, enfin, sans prière, sans pénitence, sans retouche, sans demander pardon d’avoir vécu. Et dire, non pas : Ainsi soit-il. Mais : C’est vraiment moi. Je me reconnais. Selene Texte écrit spécialement pour répondre à l’appel à textes de la revue L’Épiderme consacré au corps. Publié dans le numéro 6-7 (2026).

  • Quand un regard rencontre un autre regard

    Quand un regard rencontre un autre regard Il existe des cadeaux qui arrivent sans prévenir. Il y a quelques semaines, j’étais assise sur ces marches de pierre, dans cette lumière de fin de journée que j’aime tant. Une lumière douce et dorée, presque ancienne, qui glissait sur les murs, les arbres et les souvenirs. Je ne pensais pas écrire un poème. Je ne pensais certainement pas qu’un jour quelqu’un peindrait cet instant. Pourtant, quelque chose s’est déposé en moi ce soir-là. La pierre. Le temps. Le silence. Cette sensation étrange d’être à la fois solide et fissurée. Alors les mots sont venus. La pierre sèche creuse les paupières du soleil. Puis les autres. Comme s’ils avaient toujours été là, cachés dans les murs de cet endroit. Ce poème, Le masque de pierre, n’est pas né d’un portrait. Il est né d’un lieu. D’une lumière. D’un instant suspendu. Et puis Samwatercolors a découvert ce texte. À travers ses pinceaux, il n’a pas simplement reproduit une photographie. Il a retrouvé quelque chose de plus profond : l’âme du moment qui avait donné naissance au poème. Lorsque j’ai découvert son travail, j’ai été profondément touchée. Parce qu’il a vu ce que je n’avais jamais expliqué. La pierre derrière moi. La lumière qui sculpte le visage. L’ombre qui partage le regard. La douceur mêlée à la résistance. Comme s’il avait remonté le fil jusqu’à la source. Dans sa publication, il parle d’un dialogue entre mes mots et ses pinceaux. Je crois qu’il a raison. Il y a parfois des rencontres artistiques qui se font sans bruit, simplement parce qu’une sensibilité reconnaît l’autre. Je voulais donc le remercier publiquement. Pour son regard. Pour sa délicatesse. Pour le temps consacré à cette œuvre. Pour avoir su voir, derrière un visage, les pierres, la lumière et les saisons qui l’habitent. Et parce que, dans certaines périodes où l’on doute beaucoup de soi, recevoir un tel geste est un véritable baume au cœur. Merci, Sam. Et merci d’avoir rappelé à la femme derrière le masque de pierre que la lumière hésite parfois à rester… … mais qu’elle reste quand même. Le masque de pierre La pierre sèche creuse les paupières du soleil. Ses rides de calcaire connaissent le poids des saisons, le silence des nuits. Il éclate de rayons, je détourne le cœur. Visage minéral aux reflets d’or. Mes lèvres gardent la patience des murs anciens, mes épaules cachent des étés que personne ne voit. Une ombre passe et dénombre le temps : une minute, une lune, une vie. Une tempête de souvenirs hurle sur les marches maquillées de poussière. La pierre demeure. Impassible. Comme elle, je laisse le vent me traverser sans renoncer. Mon masque de pierre aux veines douces me protège. Pourtant, sous les fissures invisibles, l’eau poursuit son ouvrage. Sous la chair du jour, un amour indomptable, immense comme la mer. Perdu dans ces jardins lunaires, où la roche garde mémoire des pas effacés, où la lumière hésite encore à rester. Selene

  • Aime-moi jusqu’à la déchirure

    Aime-moi Aime-moi Jusqu’à la déchirure. Et sur ma chair rougie, sur cette plaie ouverte à ton absence, verse encore ton sang d’amour. Encore. Que cette faille ne se referme jamais. Qu’elle demeure ce puits cicatriciel, profond, vivant, où je veux descendre chaque jour pour respirer ton oxygène. Tu seras mon souffle. Tu couleras dans mes veines comme une marée obscure, une rivière lourde que rien n’arrête. Pas même la honte. Et le jour ne viendra plus nous hanter. Nous serons cellules reines, battement contre battement, au cœur compact de la nuit. Je veux me réveiller endormie dans le creux de tes bras. Je veux me fondre encore au parfum de ta peau. Et ma langue éperdue, comète lente aux frontières de tes épaules, tracera des huit infinis jusqu’à ourler le temps sur lui-même. Au seuil de tes yeux, je déposerai mes saisons. Les tendresses cachées aux comptoirs de ma famine. Je veux tes mains pour unique peau. Tes doigts pour apprendre le monde. Ton monde. Ton silence dans mes tempêtes. Mon refuge. Je veux habiter ta présence comme on habite une forêt profonde, attentive au bruit de ton cœur, prisonnière de tes lianes blondes. Et m’enfoncer dans ton ombre tiède, ne plus savoir où finit ton corps, où repose mon âme. Selene

  • Et si on arrêtait d’évaluer les femmes ?

    Et si on arrêtait d’évaluer les femmes ? Et si on arrêtait d’évaluer les femmes? Je suis tombée sur une publication qui montrait une photo de jeunes femmes des années 70, accompagnée de cette phrase : « Du temps où les femmes étaient naturelles, plus féminines et plus belles… » Et quelque chose m’a profondément gênée. Pas au point de partir en guerre contre son auteur. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un problème individuel. Je pense surtout qu’il s’agit d’une habitude profondément ancrée dans notre manière de regarder les femmes. Parce qu’à chaque époque, on semble éprouver le besoin de les évaluer. Évaluer leur beauté. Évaluer leur féminité. Évaluer leur désirabilité. Comme si leur valeur se mesurait à la façon dont elles occupent l’espace visuel des autres. Je comprends la nostalgie. Je comprends qu’on puisse être touché par une esthétique, par une époque, par une manière de se coiffer, de s’habiller ou de se tenir. Moi aussi, je peux regarder certaines photographies anciennes avec tendresse. Mais pourquoi faut-il toujours que cela passe par une comparaison ? Pourquoi faudrait-il conclure qu’avant, les femmes étaient « plus belles » ? Plus naturelles ? Plus féminines ? Et surtout, qui décide de ce que signifie être féminine ? Une robe ? Des cheveux longs ? L’absence de maquillage ? Le maquillage ? Le silence ? La douceur ? L’abnégation ? Les hommes? J’ai parfois l’impression qu’on déplace simplement les critères d’une génération à l’autre sans jamais cesser de les imposer. Hier, il fallait être discrète. Aujourd’hui, il faudrait être naturelle, mais pas trop (ça fait négligée); séduisante, mais pas provocante (ça fait pét…); ambitieuse, mais pas intimidante (il ne faut pas faire de l’ombre à certains messieurs) ; maternelle, mais indépendante (et oui…) ; libre, mais rassurante… Il y aura toujours quelqu’un pour expliquer aux femmes comment elles devraient être. Et puis, il y a autre chose qui me trouble. Lorsque nous regardons ces photos anciennes, pourquoi parlons-nous presque exclusivement de beauté ? Pourquoi ne pas évoquer aussi ce que les femmes d’aujourd’hui accomplissent ? Leurs études. Leur intelligence. Leurs responsabilités. Les métiers auxquels elles accèdent désormais. Les entreprises qu’elles dirigent. Les causes qu’elles défendent. Les rêves qu’elles osent poursuivre. Et cela, souvent, sans avoir déposé le reste. Parce qu’en réalité, beaucoup continuent aussi à faire tourner un foyer. À penser aux rendez-vous médicaux. Aux courses. Aux anniversaires. Aux lessives. Aux repas. Aux enfants. Aux parents vieillissants. À cette organisation invisible qui permet à une famille de tenir debout. Je ne dis pas que c’était plus simple hier. Je sais ce que les femmes des générations précédentes ont porté. Leur courage mérite d’être honoré. Mais je trouve dommage que l’on regarde les femmes d’aujourd’hui en regrettant leur supposée perte de féminité, sans voir tout ce qu’elles sont devenues en plus. Cette nouvelle féminité n’a rien de honteux. Elle est multiple. Elle est parfois épuisée. Souvent imparfaite. Mais elle est aussi brillante, ambitieuse, créative, indépendante et profondément vivante. Et je ne crois pas qu’il faille s’excuser d’avoir voulu davantage. Le droit d’être belle, si on le souhaite. Le droit d’être intelligente sans s’en excuser. Le droit d’être désirante sans être jugée. Le droit d’avoir une carrière. Le droit d’écrire des livres. Le droit de rentrer tard. Le droit de rester chez soi. Le droit de materner. Le droit de ne pas être mère. Le droit d’être douce. Le droit d’être forte. Le droit, surtout, de ne plus être réduite à la manière dont le monde décide de la regarder. Parce qu’une femme vaut infiniment plus que la nostalgie que l’on projette sur elle. Les femmes des années 70 n’avaient pas besoin d’être plus belles pour être admirables. Et les femmes d’aujourd’hui n’ont pas besoin d’être moins libres pour mériter de l’être aussi. Peut-être qu’au lieu de nous demander si elles étaient plus féminines hier, nous pourrions enfin commencer à nous intéresser à tout ce qu’elles sont. À leur intelligence. À leur courage. À leur humour. À leur créativité. À leur capacité immense à aimer, à recommencer, à tenir debout malgré la fatigue. Et peut-être qu’alors, nous cesserions enfin de regarder les femmes comme des silhouettes à commenter. Pour commencer à les regarder comme des êtres humains à part entière. Et cela me semblerait être un véritable progrès. Selene

  • Je parle depuis moi… laissez-moi finir ma phrase…

    Je parle depuis moi… laissez-moi finir ma phrase… Je vais finir par écrire un mode d’emploi. À chaque fois qu’une femme parle de son désir, il semble qu’un homme quelque part ressente le besoin de préciser : « Oui, mais la réciproque est vraie. » Merci. Vraiment. Nous l’ignorions totalement. À chaque fois que j’écris : Je pense à ta bouche. on me rappelle que les femmes aussi peuvent faire des choses avec la leur. Quand j’écris : Quoi de plus doux pour un homme que d’être livré aux caprices d’une femme ? On me répond : « Oui, mais l’inverse aussi. » Quand je parle des mains d’un homme, il faut qu’on m’explique que les femmes peuvent elles aussi provoquer le désir, ou qu’on détourne immédiatement le sujet vers le fantasme de celui qui commente. Et à chaque fois, j’ai la même envie : Mais qui a dit le contraire ? À quel moment ai-je écrit que le désir masculin n’existait pas ? À quel moment ai-je affirmé qu’il n’y avait qu’une seule façon d’aimer, de désirer, de jouer, de se perdre ? Je n’ai jamais prétendu que les hommes n’avaient pas de bouche, de mains ou de fantasmes. Je dis simplement quelque chose depuis mon point de vue. Et ce qui m’étonne, c’est que cela semble parfois suffire à créer un inconfort. Comme s’il fallait immédiatement rééquilibrer. Nuancer. Rappeler. Défendre le steak. Comme si une femme qui dit : « Je pense à ta bouche. » était en train de déposséder les hommes de la leur. Comme si le simple fait qu’une femme parle depuis son désir devenait une négociation. Pourtant, je vous rassure : nous savons. Nous savons ce que les hommes désirent. Nous avons grandi dans des chansons qui nous l’ont expliqué. Dans des films qui nous l’ont montré. Dans des livres qui nous l’ont raconté. Nous avons appris très tôt à nous regarder à travers leurs yeux. Alors pardonnez-nous si, parfois, nous avons envie de regarder à travers les nôtres. Et d’aller jusqu’au bout de notre phrase. Sans astérisque. Sans « oui, mais ». Sans devoir préciser que toutes les formes d’amour existent, que tous les désirs sont légitimes, que les hommes aussi ont des émotions, que la réciproque est possible. Je le sais déjà. Nous le savons déjà. Ce n’est simplement pas le sujet. Je ne parle pas contre vous. Je ne parle même pas forcément de vous. Parce qu’au passage, ce besoin de ramener immédiatement ces textes à un homme est lui-même révélateur. Qui vous dit que j’écris forcément à un homme ? Qui vous dit que je parle à quelqu’un de réel ? À une personne précise ? À une absence ? À un souvenir ? À un fantasme ? À une sensation ? Je parle depuis moi. Et peut-être qu’au fond, c’est cela qui dérange encore un peu. Qu’une femme cesse, quelques instants, d’être seulement celle qu’on regarde. Pour devenir celle qui regarde. Celle qui choisit. Celle qui désire. Celle qui raconte. Selon ses propres codes. Alors, de grâce. Laissez-nous parfois terminer nos phrases sans venir nous rappeler que vous existez. Je vous promets que nous n’avons jamais oublié. Selene

  • SQUASH

    Squash SQUASH Les mots frappent aux vitres du thorax, sans relâche. Balles chaudes enfermées dans ce huis clos moite d’un corps en cage, dont le seul revers revient toujours amorti, vide contre soi. Je joue seule, contre les parois vivantes d’une ossature invisible. Et le tin ne claque plus. Il soupire à peine dans les fentes de la vacuité. Essoufflée dans ma propre vie, dans cette enceinte tuméfiée où personne n’entre plus, le cœur qui ricoche sur le verre froid des nuits de lutte. Mes doigts écorchés par les hurlements du manque ne parviennent plus à chauffer cette peau morte, chair opaque gelée de n’avoir plus été serrée. Plus de lèvres dans le cou. Plus de bras autour du cœur. Plus de mains au fond du ventre. L’air, lui aussi, a fait ses valises et déserté la poitrine. À sa place, entre les côtes, des fantômes mâchent cette peau sans rebond au tempo hachuré, où la friction n’arrache aux cuisses, enceintes fermées, qu’un bruit sourd, un frottement sec, inhabité. Squash. Retenu dans l’angle mort des entrailles de la solitude, où même le désir hésite à revenir, craignant de suffoquer en silence entre les murs des souvenirs. Selene

  • Ma première fois dans la rue

    Ma première fois dans la rue Mon emplacement à Saint Maximin Aujourd’hui, Les Jardins Lunaires sont sortis de leur jardin. Pour la première fois, j’ai installé mon stand dans une rue commerçante, entourée d’artistes, d’artisans et de créateurs venus partager leur univers. J’étais un peu stressée en arrivant. J’avais peur que les gens ne s’arrêtent pas. Peur de rester derrière ma table. Peur aussi de ne pas savoir comment présenter mon travail. Finalement, tout s’est passé naturellement. J’ai discuté avec énormément de monde. Des lecteurs, des artistes, des commerçants, des promeneurs curieux. J’ai offert des cartes citations, lu quelques textes à voix haute, fait écouter certains de mes poèmes enregistrés et surtout échangé autour de l’écriture. Ce qui m’a le plus touchée, c’est l’accueil réservé à Les Lunes d’un Cœur. Les personnes qui ont feuilleté le recueil ont souvent été surprises par son univers, sa présentation et ses textes. Plusieurs m’ont dit qu’il était beau, original ou qu’elles se reconnaissaient dans certaines citations. Certaines ont acheté le livre, d’autres ont pris ma carte, d’autres encore ont suivi mes réseaux pour continuer à découvrir mon travail. Au-delà des ventes, ce sont surtout les rencontres qui resteront. Deux femmes intéressées par les futurs ateliers d’écriture. Des artistes avec lesquels j’aimerais garder le contact. Des commerçants qui souhaitent renouveler l’expérience cet été. Une organisatrice qui m’a déjà parlé d’un marché de Noël. Et plusieurs personnes qui m’ont fait remarquer quelque chose que je ne voyais pas forcément moi-même : ma facilité à aller vers les gens. J’ai passé la journée à discuter, conseiller, écouter, observer. Plusieurs artistes ont même écouté mes conseils de présentation ou de merchandising. L’un d’eux m’a dit que je devrais presque faire du coaching pour artistes tant j’avais naturellement tendance à réfléchir à la circulation des visiteurs et à la manière de mettre en valeur un stand. J’ai souri en l’entendant. Parce que finalement, l’ancienne professeure ( au 1 Er juillet) n’est jamais très loin. J’aime transmettre, organiser, créer du lien. Je rentre fatiguée mais heureuse. Cette journée ne m’a pas seulement permis de présenter mon livre. Elle m’a rappelé que j’étais capable d’aller vers les autres, de créer des rencontres et de faire vivre mon univers en dehors d’un écran. C’était une première. Et certainement pas la dernière. Selene

  • Cinq textes publiés dans L’Épiderme et Sottopelle : quand les mots quittent enfin la maison

    Cinq textes publiés dans L’Épiderme et Sottopelle : quand les mots quittent enfin la maison Il existe des moments que l'on espère longtemps sans savoir s'ils arriveront un jour. Puis un matin, un message arrive. Une publication paraît. Et l'on réalise soudain que les mots écrits dans le silence ont trouvé leur chemin. Aujourd'hui, je peux enfin partager une très belle nouvelle : cinq de mes textes ont été publiés dans le numéro consacré au deuil de la revue L'Épiderme, également diffusé dans sa version italienne, Sottopelle. Voir mes textes apparaître dans une publication bilingue, portée à la fois en français et en italien, est une émotion particulière. L'écriture voyage déjà lorsqu'elle quitte nos carnets. Elle voyage davantage encore lorsqu'elle franchit les frontières. L'antichambre du deuil Pour ce numéro intitulé Après que tout s'effondre, j'ai proposé un ensemble de textes réunis sous le titre : L'antichambre du deuil. Le texte de présentation qui accompagne cette publication ouvre un territoire qui m'est familier : celui des pertes qui commencent parfois avant l'absence elle-même. Ces moments où rien n'est encore terminé, mais où tout vacille déjà. Le deuil n'y apparaît pas seulement comme une conséquence. Il devient une présence lente. Une ombre qui s'installe. Une transformation silencieuse du monde. Les textes publiés sont : Quelques mois Tu vas mourir Le déguisement des jours légers La nuit n'a pas encore avalé le monde Alors les hommes n'ont rien appris Du deuil intime au deuil collectif Les quatre premiers textes explorent le deuil intime. Ils parlent de l'attente. De la peur. De l'annonce. De l'impuissance. De ce moment étrange où l'on commence déjà à perdre quelqu'un alors qu'il est encore là. Ils interrogent aussi la mémoire, le corps, la solitude et les silences que l'on transporte avec soi lorsque plus rien ne semble avoir de sens. Le cinquième texte s'écarte volontairement de cette sphère intime. Alors les hommes n'ont rien appris est un texte engagé consacré aux guerres et aux deuils collectifs. Il évoque les civils ensevelis, les familles amputées, les exils forcés et les morts qui deviennent des statistiques avant d'être oubliés. Car derrière chaque conflit, il y a toujours des vies ordinaires arrachées au monde. Et derrière chaque guerre, il y a des deuils invisibles qui continuent longtemps après le silence des armes. Voir ses mots vivre ailleurs Écrire est souvent une activité profondément solitaire. On écrit dans un carnet. Dans un document. Dans une chambre. Dans un moment de colère ou de tristesse. Parfois même sans savoir si quelqu'un lira un jour. Puis un jour, les mots quittent la maison. Ils rencontrent des lecteurs inconnus. Ils cessent de nous appartenir entièrement. Je crois que c'est ce qui me touche le plus aujourd'hui. Ces textes ont été écrits à une période particulière de ma vie. Ils portent des émotions, des questionnements et des paysages intérieurs qui m'accompagnent depuis lors . Les voir publiés dans ces pages leur donne désormais une existence qui ne dépend plus seulement de moi. Une rencontre littéraire Au-delà de la publication elle-même, cette aventure m'a permis de rencontrer une équipe profondément investie dans la création littéraire. Leur confiance m'a particulièrement touchée. Je remercie sincèrement toute l'équipe de L'Épiderme et de Sottopelle pour leur accueil, leur regard sur mon travail et leur confiance. Quand une porte s'ouvre Nous passons souvent beaucoup de temps à attendre certaines reconnaissances. Parfois elles n'arrivent pas. Parfois elles prennent une forme différente de celle que nous avions imaginée. Cette publication ne change pas le monde. Mais elle me rappelle quelque chose d'essentiel : Les mots ont leur propre destinée. Et parfois, après des années d'écriture discrète, ils finissent par trouver leur place. Auprès d’un être, d’une communauté, d’une revue… Je suis heureuse que les miens aient trouvé la leur dans les pages de L'Épiderme et de Sottopelle. Et j'espère que cette aventure littéraire ne fait que commencer. Selene Pour découvrir la revue et le travail de l'association, vous pouvez consulter leur site et leurs publications. La revue complète de mai ici. (En français) Et en Italien ici. Un immense merci à toute l'équipe pour cette belle aventure éditoriale.

  • Les Lunes d’un Cœur : un livre né dans les nuits

    Reçois ton exemplaire dédicacé Les Lunes d’un Cœur : un livre né dans les nuits Il y a des livres qu’on écrit avec l’encre. Et d’autres qu’on écrit avec les nerfs, les silences, les insomnies, le désir, les cicatrices et les vérités qu’on n’arrive plus à contenir. Les Lunes d’un Cœur est né comme ça. Dans les nuits blanches. Dans les trop-pleins. Dans les manques. Dans ce besoin viscéral de transformer quelque chose de brûlant en mots capables de tenir debout. Ce recueil rassemble 200 éclats de lune. 200 fragments intimes, sensuels, lucides, parfois tendres, parfois féroces. Des textes écrits pour les femmes qui ressentent trop fort. Pour celles qui aiment avec le ventre, le cœur, la peau. Pour celles qui ont attendu. Pour celles qui se sont perdues parfois. Et pour celles qui recommencent doucement à se choisir. Et sûrement aussi pour les hommes. Ceux qui n’ont pas peur du feu des femmes. Ceux qui savent qu’une femme intense n’est pas “trop”, mais profondément vivante. Les Lunes d’un Cœur parle du désir féminin, oui. Mais aussi de la manière dont une femme aime, doute, brûle, résiste, s’abandonne parfois. Ces textes s’adressent à ceux qui veulent mieux comprendre ce langage-là. Pas pour le contrôler. Pour l’écouter. À ceux qui savent que derrière certaines femmes farouches, il y a simplement une vérité qui demande à être reconnue. Chaque page est un murmure. Une brûlure. Une caresse. Un miroir. J’ai voulu un livre qu’on puisse ouvrir au hasard au milieu de la nuit. Un livre qu’on garde près de soi. Qu’on annote. Qu’on offre. Ou qu’on serre contre soi quand certaines émotions deviennent trop grandes pour rester silencieuses. Aujourd’hui, je vous propose quelques exemplaires dédicacés. Chaque livre est signé à la main, avec une attention particulière portée à la personne qui le recevra. Parce qu’au fond, ce livre n’est pas seulement un objet. C’est une rencontre. ✨ Exemplaire dédicacé — 25 € frais de port inclus 💌 Paiement via PayPal ou CB 📖 Envoi en France Pour commander votre exemplaire, vous pouvez vous rendre sur ma boutique. Avec tendresse, Selene

  • Vaginisme : ce qu’on ne dit jamais (et que tu dois savoir)

    Vaginisme : ce qu’on ne dit jamais (et que tu dois savoir) Vaginisme On en parle à demi-mot, souvent avec gêne. Comme si le vaginisme était un secret honteux. Pourtant, il concerne bien plus de femmes qu’on ne le croit. Et derrière le silence, il y a de la honte, de la culpabilité, parfois même la peur de ne pas être “une femme comme les autres”. La vérité ? Ce n’est pas une fatalité. Et surtout, ça ne remet pas en cause ta féminité, ou ton désir. 1. Ce que l’on appelle “vaginisme” Le vaginisme, c’est une contraction réflexe du périnée. Un blocage involontaire, qui rend la pénétration difficile, douloureuse, voire impossible. Mais il ne s’agit pas seulement de “ne pas pouvoir”. Il peut prendre différentes formes : impossibilité d’insérer un tampon ou de réaliser un examen médical contraction immédiate au moment d’une tentative de pénétration douleurs ou impossibilité lors des rapports peur ou appréhension associée à la pénétration Chaque femme vit une expérience unique. 2. Ce qu’on ne dit jamais 👉 Ce n’est pas “rare” ni “anormal”. 👉 Ce n’est pas “dans la tête” ni une question de volonté. 👉 Ce n’est pas un échec personnel. 👉 Derrière, il peut y avoir du stress, des émotions, un vécu intime ou un contexte médical. Le vaginisme n’est pas une faute, c’est un signal. 3. Les conséquences invisibles Au-delà de la sexualité, le vaginisme peut impacter : La confiance en soi La relation de couple (silences, frustrations, évitements) Le désir (qui peut diminuer par peur d’avoir mal) Le poids du tabou nourrit l’isolement et rend la souffrance plus lourde qu’elle ne devrait l’être. 4. Ce que tu dois savoir 💡 Le vaginisme n’est pas une fatalité. 💡 Il existe des outils doux et progressifs pour avancer. 💡 On peut travailler sur la confiance, la sécurité et la réconciliation avec son corps. 💡 En parler est déjà un premier pas vers la libération. 5. Et après ? Tu n’as pas à traverser cela seule. Le vaginisme peut devenir un chemin vers une intimité retrouvée, où ton corps n’est plus un obstacle, mais un allié. En tant que sexothérapeute, je t’accompagne avec bienveillance, à ton rythme, pour transformer cette difficulté en chemin de confiance et de plaisir retrouvé. 📩 Tu peux réserver un petit rendez-vous de 15 minutes pour en parler en toute confidentialité. Selene Découvrez mon recueil poétique sur le désir

  • L’interview complète : ce que je n’ai pas eu le temps de dire

    L’interview complète : ce que je n’ai pas eu le temps de dire L'interview complète ici J’ai eu la joie d’être interviewée par Scandal (@bbb.scandal) sur Instagram récemment. Comme souvent pour les carrousels, le format publié a été raccourci, condensé, lissé. Alors j’ai eu envie de déposer ici la version complète de cet échange. Parce que les mots ont besoin d’espace. Parce que l’intime ne se résume pas totalement en quelques lignes. Et parce que, derrière ce que je partage, il y a une voix, un parcours, une manière d’habiter le monde. Voici donc, pour vous, l’entretien dans sa version intégrale. Présentation & parcours Je suis Selene, enseignante en reconversion. Je souhaite devenir accompagnante de l’intime, de façon plus globale. À découvrir sur mon site : leslunesduncoeur.fr. Je n’ai pas vraiment “choisi” l’écriture. Elle est arrivée quand certaines choses ne trouvaient plus leur place ailleurs. Au début, c’était très intime. Presque caché. Déjà pendant l’enfance. Et puis c’est devenu un langage. Un moment où je me connectais à mes émotions, que j’ai longtemps mises de côté, au profit de l’action et de la volonté. Une manière de donner de la place à ce qui reste, ce qui fait mal, ce qui déborde… ce que je ne disais à personne à voix haute. La lune, l’intime, le désir La lune, ce n’est pas un symbole pour moi. C’est un miroir. Je m’y reconnais. Entière et pourtant changeante. Je peux être pleine, lumineuse, ouverte. Et quelques jours plus tard, me retirer, disparaître, devenir presque invisible. Mais je suis toujours là. Il y a en moi ces phases. Ces élans, ces creux, ces retours. Des moments où tout exulte, et d’autres où tout se tait. L’intime, c’est cet endroit-là. Celui qu’on ne montre pas. Celui qui pourtant gouverne tout. Et le désir, c’est une énergie qui circule, même en silence. Probablement l’une des plus grandes pulsions de vie que nous puissions ressentir. Ce sont des espaces mouvants, des terrains de jeu et de création intenses pour moi. Et j’aime écrire depuis ces endroits-là. Les Lunes d’un Cœur : comment tout est né Les Lunes d’un Cœur, est né d’un trop-plein émotionnel. Des textes écrits à différents moments, mais avec un même fil : se rappeler, ressentir, attendre, désirer, retenir, aimer. Je ne voulais pas raconter mon histoire. Je voulais déposer des fragments d’intime. Et que chacun puisse s’y reconnaître, à sa manière. Entrer en résonance avec des cœurs éprouvés comme le mien. Mon écriture : plusieurs températures Je ne sais pas si j’ai un style. Mais j’ai une voix. Et plusieurs températures. Parfois fiévreuse, à peau ouverte. Parfois calme et lucide. Parfois tranchante et ironique. Mon écriture est intense, incarnée, sensuelle. Et de temps en temps, elle laisse aussi place à l’humour. Je suis exigeante, mais je ne cherche pas à faire joli. Je cherche à dire juste. Se dévoiler sans tout donner Ce n’est pas difficile de me dévoiler. Parce que je ne montre pas tout. Je montre ce qui est prêt à être dit. Il y a une différence entre se dévoiler et se livrer entièrement. Je choisis ce que j’offre. Et je garde encore plein de mystères. Ce qui m’inspire J’écris depuis les silences. Depuis ce qui reste coincé. Une absence, un regard, un message jamais envoyé… Et tout ce que le corps retient. J’écris depuis ça. Et plus largement, j’ai toujours admiré Charles Baudelaire, Fernando Pessoa, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Victor Hugo. J’ai aussi beaucoup lu de correspondances amoureuses. J’écris à partir de chansons, de photographies, d’œuvres d’art, de paysages, d’instants vécus qui me touchent. Le partage sur les réseaux Au départ, j’écrivais pour tenir. Pas dans l’optique d’être lue. J’écrivais parce que je n’avais plus de fenêtre pour dire. Parce que j’avais besoin d’être entendue. C’était d’abord adressé à l’absence. Et puis j’ai vu que ça résonnait ailleurs. Alors j’ai laissé les mots circuler. Je me suis laissée toucher par ce bonheur étrange de faire vibrer d’autres cœurs. Et j’ai fini par comprendre que j’avais une voix, au-delà de ce qui m’avait poussée à écrire. L’écriture n’est pas un refuge Je n’aime pas trop le mot “refuge”. Parce que ça donne l’impression qu’on s’y cache. Moi, j’ai plutôt l’impression que je m’y confronte. Que je vais gratter là où ça pique. La poésie, c’est l’endroit où je ne peux pas tricher. Où je vais au bout de ce que je ressens : l’amour, la colère, la peine, la folie, le désir, l’injustice… Ce n’est pas toujours confortable. Souvent, ça me vide. Mais c’est vrai. Et peut-être que c’est ça, au fond, qui apaise. Mes projets Je prépare Les Lunes d’un Cœur – L’organique, ainsi que deux autres recueils, dont des nouvelles érotiques. J’ai eu du temps cette année — même si ce n’était pas toujours simple. Et j’ai essayé d’en faire quelque chose de vrai. Merci à Scandal pour cet échange, la pertinence des questions, et merci à vous qui me lisez ici, dans cet espace plus libre, plus vaste, plus fidèle à ce que je suis. Selene Découvrez mon recueil sur BOD

  • Les Apéros poétiques au jardin

    Les Apéros poétiques au jardin Les apéros poétiques Il y a des soirs où la lumière s’adoucit, où les voix se posent, où les mots trouvent leur place. J’ai eu envie de créer ces moments-là. À partir de ce printemps, je vous accueille dans mon jardin pour des apéros poétiques en petit comité, entre lecture, partage et douceur. Le déroulé de la soirée Nous nous retrouverons à 18h pour un accueil autour d’un verre, avant de nous installer pour un premier temps de lecture. Je proposerai environ 30 à 35 minutes de textes issus de mon univers Les Jardins Lunaires : des textes tour à tour sensibles, drôles, sombres, romantiques… parfois charnels. La soirée se poursuivra ensuite autour d’un apéro convivial, propice aux échanges. Un second temps plus libre pourra ensuite prendre place : lecture de textes personnels de la part des personnes présentes qui le souhaitent, partage de poèmes que l'on aime, ou simplement écoute à nouveau. Au programme Verre d’accueil (prosecco & framboises) Apéro maison (quiches, pizza, houmous, crudités, fromages, douceurs de saison) Boissons (verre de rosé, citronnade, eau, jus de fruits…) Informations pratiques 🕕 18h – 20h 📍 Rendez-vous au parking de la pêche (nous monterons ensuite ensemble jusqu’au jardin) 👥 10 personnes maximum 🔞 Réservé aux adultes 💫 20€ par personne Les places sont volontairement limitées pour préserver l’intimité du moment. 👉 Réservation obligatoire via le site. Ici. Important: Les soirées étant organisées en petit comité, toute réservation est considérée comme ferme. En cas d’empêchement, le billet pourra être cédé à une autre personne, mais ne pourra pas être remboursé. En cas de conditions météorologiques défavorables (pluie ou vent fort), la soirée sera reportée à une date ultérieure (sous 3 semaines maximum). Au plaisir de vous accueillir, Selene 🌙 Découvrez mon recueil sur BOD

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