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Être nu.e, et ne pas le regretter

Être nu.e, et ne pas le regretter

Sans masque
Sans masque

Parfois, on a peur de dire qui l’on est vraiment. Peur du jugement. Peur de trop en dire. Et pourtant… il suffit parfois d’une fenêtre. D’une brèche. D’un espace de confiance.

C’est ce que j’ai saisi.

Huit jours partagés avec un inconnu venu par solidarité : il m’a aidée à travailler au jardin, en échange du gîte et du couvert. Une visio de 45 minutes avait précédé son arrivée. Le courant passait. J’avais perçu une ouverture, une présence naturelle.

Avec moi, c’est souvent le cas : les gens se sentent bien. Mais de mon côté… même si je donne le change, ce n’est pas toujours aussi simple.


1 – Son arrivée, la soirée


Il n’y avait pas de masque. Il est venu, les mains pleines de silence et de vie cabossée.

Je n’ai pas eu peur. J’ai écouté. Pas pour comprendre. Et surtout pas pour juger.

Juste pour qu’il n’ait plus à porter ça seul. Il a parlé de l’innommable. De l’enfance salie, du corps volé, des substances, des années perdues, et du pire : ce qui le tenait en vie… envolé. Et j’ai tenu. Pas comme une sauveuse. Comme une femme. Présente. Entière.


Je lui ai dit ma part, aussi. La domination. La vie pro en éclats. L’amour puis le vide, et l’écriture. Et ma fille. Et les moments durs. Pas pour faire écho. Pour être vraie. Pour honorer le cadeau. Celui de la vérité sans filtres, de la confiance, posée là, entre nos verres.

Il n’a pas détourné les yeux. Je n’ai pas baissé les miens.

Nos questions ont joué au ping-pong une bonne partie de la nuit. Je ne sais qui a gagné. Ou plutôt si : on a tous les deux gagné.


2 – Les jours de travail, les discussions


Il a perdu ses filles, et ça le hante. Il a été jugé sans pouvoir se défendre. Moi, j’ai perdu un silence qui me tient encore en joue. Mais cette année de chaos m’a portée. Elle m’a transformée. Elle m’a donné une mer agitée, mais pleine de messages. Et je suis toute disposée à les entendre. Il a lu mes éclats, les 200. Il a souri.

Il les a lus à voix haute, parfois en silence, parfois en me regardant longuement avant de commenter. Il a levé les yeux au ciel, eu les larmes aux yeux à certains passages.

Puis il a dit : « Peut-être que ce que je viens de lire… c’est ça, l’amour véritable. »

Il a ajouté que c’était beau, brûlant sans jamais être cru, sensuel sans être vulgaire. Que ce n’était pas de la provocation, mais une vérité assumée. Il voulait les faire lire à ses filles, à une amie, pour leur montrer ce que c’est, une femme libre, qui ose dire ce qu’elle est, ce qu’elle veut, sans peur ni honte. Il m’a dit qu’il leur souhaitait de devenir cela.


Il m’a confié avoir presque eu envie de connaître les coulisses de certains textes. Alors je lui ai parlé des Scénarios interdits. Il n’y a pas été, je ne lui ai pas présenté le blog. Il n’était pas venu pour ça. Mais il a dit qu’un homme comme lui, qui assume sa part de féminité, était totalement à l’aise avec ce type d’expression. Mais qu’il ne savait pas comment cela pouvait être reçu de la part des "vrais hommes", ceux qui pensent que virilité rime avec contrôle et absence de remise en question.

Je lui ai répondu que moi, ces "vrais hommes", ne m’ont jamais intéressée.

Les femmes qui osent leur font peur. Tant pis pour eux. Qu’ils restent loin.


3 – Oser être nu.e


Ce que j’ai vécu pendant ces huit jours, je le souhaite à tout le monde.

Pas une histoire d’amour. Pas une grande aventure.

Juste un moment sans masque. Un moment vrai. Un moment où l’on peut être nu.e – au sens symbolique – et ne pas le regretter.

Alors oui, soyez vous-même. Osez dire qui vous êtes, ce que vous aimez, ce qui vous fait vibrer ou vous fait honte. Osez construire des liens sincères, qu’ils soient fugaces ou durables.

Et si vous avez besoin d’un espace pour vous déposer, pour parler, pour ne pas être jugé.e…Je suis là. Ma boutique vous est ouverte pour ça aussi.


Conclusion – Le wabi-sabi


Je crois que c’est cela que j’ai vécu, durant ces huit jours : un moment simple, sans filtre, où deux êtres ont partagé ce qu’ils sont.

On parle parfois du wabi-sabi, cet art japonais qui célèbre la beauté des choses marquées par le temps, l’usure, les accidents.

Tout ce qui porte la trace de la vie devient précieux.


Aujourd’hui, je m’applique cela à moi-même. Et je peux dire, avec une douceur tranquille : Je me trouve mille fois plus belle qu’à 20 ans.

Parce qu’à 20 ans, je me cachais.

Aujourd’hui, je me montre.

Pas pour plaire.

Pour exister vraiment.


Selene

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