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- Tenir debout : le livre qui m’a rappelé ce que j’attends encore de l’amour
Tenir debout : le livre qui m’a rappelé ce que j’attends encore de l’amour Tenir debout Il y a des livres que l’on lit distraitement, entre deux obligations, comme on regarde passer un train. Et puis il y a ceux qui arrivent au moment exact où quelque chose vacille en nous. Tenir debout de Mélissa Da Costa a été de ceux-là. Je l’ai ouvert dans une période étrange, lourde, traversée de fatigue, de questions familiales, de silences intérieurs et de pensées qui reviennent sans prévenir. Je cherchais peut-être à m’évader. J’y ai trouvé bien davantage : un miroir. Ce roman raconte un couple déséquilibré au départ. Lui, brillant, narcissique, installé dans sa lumière. Elle, plus jeune, admirative, effacée, vivant à l’ombre de ses exigences. Puis un accident vient tout fracasser. Le corps, les certitudes, les rôles, les apparences. Et c’est là que l’histoire commence vraiment. Parce que ce que j’ai aimé dans ce livre, ce n’est ni la souffrance ni le drame. Ce n’est pas la violence des situations ni la dureté de certaines scènes. C’est ce qui surgit au milieu des ruines : la possibilité d’un amour plus vrai. Un amour qui ne repose plus sur la séduction du début. Un amour qui découvre l’autre autrement. Un amour qui lutte. Un amour qui doute. Un amour qui s’agace, se rejette parfois, mais continue malgré tout à revenir vers l’essentiel. Ce livre m’a rappelé quelque chose d’important : je ne crois plus à l’amour parfait. Je ne crois plus aux débuts flamboyants qui suffiraient à tout garantir. Je ne crois plus aux promesses faciles, aux élans sans lendemain, aux mots qui ne survivent pas à la première tempête. Ce que je crois désirer désormais, c’est autre chose. Un amour capable de traverser les saisons difficiles. Un amour qui se choisit encore quand le décor tombe. Un amour qui découvre la vérité de l’autre après la chute. Un amour qui reste quand les rôles s’effondrent et qui se multiplie dans la vérité et l’acceptation de l’autre. « Je l’aime davantage aujourd’hui que je ne l’ai jamais aimée. » Un amour qui sait dire : je te vois maintenant, et je reste. Peut-être est-ce rare. Peut-être est-ce exigeant. Mais certaines lectures viennent nous rappeler que nos désirs profonds ne sont pas absurdes. Ils sont simplement plus profonds que ce que l’époque vend à la surface. Tenir debout m’a touchée parce qu’il parle, au fond, de cela : aimer quelqu’un quand il n’a plus rien à prouver. Et être aimée quand l’on ne joue plus aucun personnage. Je crois que c’est ce genre d’amour que j’attends encore. Pas celui qui impressionne. Celui qui tient debout. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Le déguisement des jours légers
Le déguisement des jours légers Il y a des maisons où le temps continue de faire semblant. On y parle encore du prix des oranges, des films du soir, des gestes de tous les jours. Et pourtant, derrière la cuisine, derrière les rires, quelque chose tremble déjà. Et je l’entends. Le déguisement des jours légers Je t’entends rire à la cuisine comme si de rien. Tu cuisines avec lui, le temps est bon, sa voix est douce. Plus douce que jamais. Je t’entends raconter d’ici des histoires banales, le prix des oranges, mille fois ressassé, mais pour une fois entendu. Je t’entends marcher dans la maison, tes pas agiles, ton ombre légère qui volette, fragile. Où se cache ton corps, le vrai ? Je t’entends regarder un film, un truc idiot pour ne pas penser, s’envoler de là. Puis il suffit d’un mot. D’un mot de trop. Et ton visage se défait. Tes yeux se noient dans une peur si nue qu’ils en deviennent étrangers. Ta bouche se tord comme si l’air te manquait déjà. Comme si quelqu’un, quelque part, avait commencé à te retirer le sol, te fendre les os. Ça ressemble à ça, la mort proche, tu crois ? On fait semblant une partie des minutes. On rit à la cuisine. On parle du prix des oranges. On laisse traîner des gestes de vivants comme des leurres. On saupoudre la vie de miettes de joie pendant qu’elle nous gangrène le toit. Puis dès qu’on s’assoit, le poids du monde vient se blottir dans le ventre. Les nausées remontent. On brise l’horloge. On vomit des cadrans. Et le déguisement des jours légers prend feu. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Le célibat long est-il devenu suspect ?
Le célibat long est-il devenu suspect ? On me demande comment je tiens. Jamais pourquoi je choisis. Seule sur le terrain Quand je dis que je suis célibataire depuis presque deux ans, certains me regardent comme on observe une anomalie statistique. Il y a dans leurs yeux un mélange de curiosité, de doute et de projection. Comme si l’absence durable d’homme devait forcément cacher un drame, un dysfonctionnement… ou une frustration ingérable. Rarement une seule hypothèse plus simple : peut-être qu’une femme peut choisir le temps, le calme, la fidélité à elle-même, plutôt que l’occupation immédiate du vide. Je vous raconte. Quand je dis à certains hommes que je suis célibataire depuis presque deux ans, il y a souvent ce petit blanc. Ce silence chargé de calculs, d’hypothèses, de soupçons. Deux ans ?! Mais vraiment… vraiment ? Genre rien ? Tu ne couches pas “quand même”, histoire de dire que tu es libre tout en t’occupant discrètement ? Comment ça, rien ? Alors quoi… elle n’aime pas les hommes ? Elle n’aime pas le sexe ? Elle a un problème caché ? J’avoue, cela me fait rire. Très doucement rire. Comme on sourit devant des enfants persuadés que le soleil se couche parce qu’ils ferment les yeux. Puis viennent les autres hypothèses. Alors quoi… elle déteste les hommes ? Elle est restée fixée sur son ex ? Elle pleure encore dans un plaid gris en regardant la pluie devant une série débile? Elle a un problème ? Ou pire : le précédent a laissé une trace impossible à égaler, une empreinte trop profonde, un fantôme trop grand pour les pièces suivantes. Et du coup, ça se demande d’un coup si c’est possible de faire pipi plus loin… C’est fascinant comme, dans une époque où tout se remplace en trois clics, la fidélité au vide devient suspecte. On vit dans un monde où beaucoup envisagent l’amour comme un banc de touche. Le numéro 7 sort ? On fait entrer le 16. Même poste, même système, même terrain. Il suffit de courir un peu, d’embrasser correctement, d’envoyer deux messages le matin et le match repart. Mais non. Parfois, quand une personne sort du terrain, on n’a pas envie de faire entrer quelqu’un d’autre. Parfois, on regarde simplement la pelouse en silence, pieds nus dans les herbes froissées en se demandant pourquoi les lignes blanches ont été tracées. Pour séparer? Pour se rejoindre? Parce que la partie, sans cette présence-là, n’a plus le même sens. Parce qu’un être humain ne se remplace pas comme un joueur fatigué. Et surtout, parce qu’il faut du temps. Du temps pour ranger les habitudes de quelqu’un dans des tiroirs invisibles. Du temps pour cesser de tendre la main vers une absence qui ne regarde pas dans notre direction. Du temps pour savoir si l’on veut encore partager son café, son lit, ses dimanches, ses peurs, ses désirs, son désordre. Du temps pour décider si l’on veut rejouer… ou changer de sport. Mais cela, curieusement, impressionne plus que l’instabilité. Une femme seule depuis deux ans dérange davantage qu’un homme incapable de rester seul quinze jours. L’attente inquiète. La retenue déroute. La loyauté scandalise presque. Dans un monde où tout doit circuler vite, même les corps, même les promesses. Alors non, je n’étais ni en hibernation, ni en pénitence, ni en panne. J’étais simplement occupée à respecter ce qui avait compté. À respecter mon cœur quand il n’était pas prêt à faire semblant. À préférer le silence à la consommation affective. Il paraît que c’est étrange, aujourd’hui. Moi, je trouve surtout étrange de croire qu’on doit toujours remplacer ce qu’on a perdu, au lieu d’apprendre d’abord à vivre avec la place vide. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Il existe un temps au creux du cœur
Il existe un temps au creux du cœur Il existe un temps Il existe un temps au creux du cœur, qui commence bien avant la vie, et se termine bien après la mort. Un temps que nul calendrier ne contient, que nulle horloge ne gouverne. Ce temps-là est indicible, incontrôlable, inépuisable. C’est le temps du jour qui se lève sur l’éternité. Il est impétueux. Il est sacré. Il se promène tout en demeurant parfaitement immobile. Il nous envahit. Il transpire sous notre peau. Il tient chaud dans les veines, et saupoudre nos yeux de lumière. Il est sans odeur, et pourtant son parfum enivre plus profondément que n’importe quelle fleur. Il est la migraine contre laquelle lutte l’âme, bien au-delà de ce qu’elle peut supporter. Il monte jusqu’aux souvenirs, aux zones enfouies, aux chambres closes de l’être. Il trouble, il renverse, il bénit parfois, il ravage aussi. Ce temps-là n’a pas de goût, puisqu’il les contient tous. La saveur de ce qui fut touché, effleuré, désiré. La saveur de ce qui n’a jamais eu lieu mais a existé malgré tout. Celle des lèvres espérées, des fruits trop mûrs de l’attente, des baisers gardés dans le silence. Ce temps-là se développe en bouche, comme le ferait un grand vin. Il mûrit en nous. Il tapisse les parois de notre cœur. Il envoûte nos chairs et nous fait perdre l’équilibre. Il s’installe jusque dans les endroits où l’on voudrait pouvoir le chasser. Il se glisse entre les côtes, se cache dans les draps, revient au détour d’une chanson, d’une rue, d’une saison. Il est ce résidu de souvenirs trahis que l’on essuie sans jamais l’effacer tout à fait. Il pulse à travers nos rêves. Il s’échappe entre nos doigts au moment même où l’on croit le tenir. Et malgré tout, il habite fidèlement le fond de nos cœurs. Ce temps-là respire aussi dans le silence. Ce temps-là est celui de l’amour, avec un grand A. L’amour auquel on va, même en reculant. L’amour qui nous appelle sans bruit. L’amour qui simplement se trouve là, alors même qu’on ne l’avait pas vraiment décidé. L’amour qui attend parfois plus longtemps que nous. L’amour qui nous dépasse, nous consume, nous fonde. Et parfois… nous survit. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- On me souhaite de réussir
On me souhaite de réussir L’une de mes réussites On me souhaite de réussir, comme si je n’avais pas déjà commencé. Comme si réussir n’était qu’un chiffre, une signature, une reconnaissance venue d’ailleurs. Autour de moi, beaucoup semblent mesurer la réussite avec des outils extérieurs : l’argent, le statut, la validation institutionnelle, la sécurité immédiate, les chiffres. Moi, je la mesure autrement. Je la mesure à la cohérence intérieure. Au courage de continuer quand tout vacille. À la fidélité envers mon intuition. À la capacité de créer malgré l’adversité. À la lucidité. Au mouvement réel, même discret. À la force de rester debout quand personne n’applaudit et quand une multitude d'obstacles se dressent. Ce décalage crée parfois une solitude profonde. Parce que je vis quelque chose de vrai, et qu’en face, on me répond avec des comptes. Comme si tenir debout seule ne comptait pas. Comme si recommencer après les pertes ne valait rien. Comme si écrire, apprendre, se former, chercher, bâtir dans l’incertitude n’était pas déjà une victoire. On me souhaite d’être publiée (de façon "traditionnelle"). On me souhaite de gagner plus. On me souhaite un statut que le monde comprendra, que le monde validera. Mais moi, ce que j’aurais aimé entendre, c’est : Je vois ce que tu portes. Je vois ton courage. Je vois la cohérence de ta route. Je vois la force qu’il faut pour avancer sans appui. Je vois que tu as déjà réussi quelque chose de rare : ne pas te trahir. Tout le monde applaudit les résultats. Peu de gens honorent les traversées. Alors oui, souhaite-moi ce que tu veux. Mais sache une chose : Le bonheur n’est pas demain. Il est dans la fidélité d’aujourd’hui. Dans la discipline des heures sombres. A travers la conviction inébranlable. Et cela, je l’ai déjà atteint. Si toi aussi tu penses que c’est déjà une réussite, tu peux découvrir davantage de ma sensibilité poétique ici et soutenir mon chemin. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- L'aftercare émotionnel après un cauchemar
L'aftercare émotionnel après un cauchemar Cette nuit, j’ai fait un cauchemar. Pas un de ces rêves flous qu’on oublie au réveil. Non. Un de ceux qui laissent une trace. Dans le corps. Dans le cœur. Dans la tête. Un de ceux qui te réveillent en vrac, avec une culpabilité qui n’a aucun sens. Il y avait les personnes que j’aime le plus. Ma fille. Ma mère. Et pourtant… rien n’était à sa place. Les rôles étaient brouillés. Les repères déplacés. Et au milieu de tout ça, un mélange violent de sentiments : de la peur, de la colère, de la culpabilité, et une immense tristesse. Je me suis réveillée avec une sensation étrange. Comme si quelque chose s’était réellement passé. Comme si j’avais fait quelque chose de mal. Comme si j’avais échoué quelque part. Alors que non. Ce n’était qu’un rêve. Mais le corps, lui, ne fait pas toujours la différence. Et c’est là qu’on oublie quelque chose d’essentiel : on parle souvent de sommeil, de repos mais presque jamais de ce qui se passe après un cauchemar. L’aftercare émotionnel L’aftercare émotionnel. Parce qu’un cauchemar, ce n’est pas juste une image. C’est une expérience. Un passage. Parfois même une décharge de tout ce qu’on n’a pas pu contenir la veille. Nos peurs. Nos responsabilités. Nos trop-pleins. Nos “et si…”. Alors au réveil, il ne s’agit pas d’analyser immédiatement. Ni de chercher un sens caché à tout prix. Il s’agit d’abord de revenir à soi. Respirer lentement. Regarder autour de soi. Sentir que le monde est calme. Que tout est à sa place. Puis nommer, doucement : “C’était un rêve.” “C’est terminé.” Ce simple geste apaise déjà le système nerveux. Ensuite, il y a quelque chose de très important : ne pas laisser la culpabilité s’installer. Un cauchemar peut te faire ressentir des émotions très fortes, parfois même te montrer dans des postures qui ne te ressemblent pas. Mais ressentir n’est pas agir. Traverser n’est pas devenir. Tu n’es pas ce que tu rêves. Alors au lieu de te juger, offre-toi un geste d’ancrage. Un verre d’eau. Une douche chaude. Une main posée sur ton cœur. Un message envoyé à quelqu’un que tu aimes. Comme pour dire à ton corps : “Tout va bien. Je suis là.” Et parfois… l’aftercare, c’est aussi transformer la tension en action douce. Prendre ce rendez-vous que tu repousses. Donner des nouvelles. Revenir vers un lien. Pas par culpabilité. Mais pour te réaligner. Parce que ce que le cauchemar vient toucher, ce sont souvent des endroits sensibles :l’amour, la responsabilité, la peur de perdre, ou la peur de ne pas être à la hauteur. Et ça… ça mérite de la douceur, pas du jugement. Alors si toi aussi, tu t’es déjà réveillée avec le cœur lourd, avec des images qui te dérangent, ou une culpabilité qui ne t’appartient pas vraiment… Sache que tu n’as rien de “bizarre”. Rien de “grave”. Tu es simplement humain(e). Et parfois, ton monde intérieur déborde. Et si tu ressens le besoin d’en parler, de déposer ce que tu traverses, ou simplement d’être accompagnée avec douceur dans ces moments-là… Je t’ouvre un espace. Ici. Un espace sans jugement. Un espace pour comprendre, apaiser, et remettre du sens là où tout s’emmêle. Parce que parfois, ce ne sont pas les cauchemars qui nous abîment. Mais la manière dont on se traite après. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Je ne suis pas intense. Je suis vraie.
Je ne suis pas intense. Je suis vraie. Je suis vraie. On me dit parfois que mon écriture est intense. Je crois surtout qu’elle est assumée. Et peut-être que, dans une société où les femmes apprennent encore très tôt à filtrer leur désir, leur langage, leur manière de regarder, leur manière d’avoir faim… cela suffit déjà à déranger. Quand j’écris certains textes, notamment ceux de mes lunes les plus charnelles, je ne cherche pas à provoquer gratuitement. Je ne cherche pas non plus à jouer un rôle de femme fatale, ni à construire un personnage calibré pour séduire un regard masculin précis. J’essaie seulement d’être vraie. Vraie dans ma façon de ressentir. Vraie dans ma manière de désirer. Vraie dans mon regard sur les corps, les tensions, les silences, les jeux de pouvoir, les envies qui traversent parfois une femme sans qu’elle ose toujours les dire. Parce qu’au fond, les femmes parlent de désir depuis toujours. Parfois discrètement. Parfois entre copines, autour d’un verre, dans un éclat de rire ou une confidence plus basse. Mais beaucoup apprennent encore à édulcorer ce qu’elles ressentent. À rendre cela acceptable. Élégant. Pas trop direct. Pas trop vivant. Comme si le désir féminin devait rester contenu dans des formes rassurantes. Et pourtant, une femme peut être tendre et avoir faim. Douce et profondément charnelle. Poétique et traversée d’images très physiques. Elle peut aimer regarder. Elle peut avoir envie. Elle peut mener la danse parfois. Elle peut aussi aimer être guidée. Elle peut rire du désir tout en le vivant pleinement. Pourquoi faudrait-il toujours choisir entre la femme sage et le fantasme fabriqué ? Je crois que ce qui dérange parfois dans mes textes, ce n’est pas tant leur sensualité. C’est le fait qu’ils soient écrits depuis l’intérieur d’une femme qui ne s’excuse pas de ressentir. Une femme qui ne parle pas uniquement à travers ce qu’on attend d’elle. Ni dans le prisme exclusif du regard masculin. Même si ce regard peut être désiré, aimé, joué, célébré parfois. Je ne rejette ni les hommes, ni les jeux de séduction, ni certaines dynamiques de domination ou d’abandon. Elles existent aussi dans mes lunes. Elles peuvent être belles, troublantes, consenties, jubilatoires. Mais je refuse l’idée qu’une femme doive vivre son désir uniquement dans une posture dictée de l’extérieur. Le désir féminin est vaste. Contradictoire parfois. Ludique. Animal. Spirituel. Tendre. Sombre. Libre surtout. Et je crois qu’il est important que les femmes puissent enfin parler depuis elles-mêmes. Pas pour choquer. Pas pour copier les hommes. Pas pour devenir “comme eux”. Mais pour cesser de se censurer intérieurement. Mon écriture n’est d’ailleurs pas qu’une seule couleur. Les Lunes d’un Cœur parlent aussi du manque, de la mémoire, de l’amour, des blessures, du silence, de la douceur, de la reconstruction. Le feu n’est qu’une de mes lunes. Mais cette lune-là aussi mérite d’exister. Sans honte. Sans caricature. Sans devoir se déguiser. Alors non… Je ne suis pas intense. Je suis vraie. Et peut-être que, parfois, c’est pire. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Quand le corps devient poésie
Quand le corps devient poésie Il y a quelques jours, un peintre m’a proposé une collaboration. Mettre mes mots sur ses aquarelles de nus artistiques. Et sans vraiment m’y attendre, quelque chose en moi s’est mis à sourire doucement. Parce que son travail m’a touchée. Parce qu’il y a dans ses traits quelque chose de délicat, de vivant, presque silencieux. Des corps esquissés sans brutalité. Des courbes qui ne cherchent pas à impressionner, mais simplement à exister. Et puis, je crois que cette rencontre arrive à un moment particulier de ma vie. Depuis longtemps, j’écris le corps. Le manque. Le désir. La féminité. Les traces que la vie laisse sur nous. Mais il y a une différence immense entre écrire le corps… et accepter d’habiter pleinement le sien. Alors oui. Dans quelques mois, j’aimerais moi aussi m’essayer à la pose à l’occasion d’un cours d’artistes peintres. Pas pour provoquer. Pas pour jouer un personnage. Pas pour prétendre que je me trouve parfaite chaque matin dans un miroir. Je reste une femme pudique. Avec ses complexes. Ses hésitations. Ses zones d’ombre parfois. Mais cela n’empêche pas une autre vérité d’exister en même temps : J’ai simplement décidé d’embrasser pleinement la personne que je suis. Avec mon histoire. Mon corps réel. Ma féminité. Ma sensibilité. Mes contradictions aussi. Je crois qu’il existe une immense différence entre montrer un corps… et honorer un corps. Pendant longtemps, j’ai regardé le mien comme un lieu à corriger. Peut-être qu’un jour, je le regarderai enfin comme une œuvre à habiter. Et peut-être que c’est cela, au fond, devenir femme autrement : cesser doucement de se cacher à soi-même. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Collaboration artistique
Collaboration artistique Il y a des collaborations qui ressemblent moins à un projet qu’à une rencontre artistique. J’ai eu le plaisir de participer à cette série autour des œuvres de SamWatercolors et du modèle professionnel Aurore_artmodel, dont l’univers m’a profondément inspirée. Continuer à découvrir le travail de Sam, ses aquarelles sensibles, ses nus délicats presque charnels, a été un vrai bonheur. Oeuvres de @samwatercolors Et rencontrer l’univers d’Aurore, sa présence, sa force douce, cette féminité fauve et incarnée qu’elle porte naturellement, l’a été tout autant. Dimitri Delarue @dimitri.delarue.life.drawing Ces images ont immédiatement fait naître un texte en moi. Un poème entre peinture, silence d’atelier, eau, chair et regard. Je vous invite sincèrement à découvrir leur travail, leur sensibilité et leurs univers respectifs. Et puisque certaines œuvres méritent qu’on leur laisse tout l’espace nécessaire, je vous partage ici les aquarelles issues de leur travail. Oeuvres de @samwatercolors Et maintenant la version intégrale de mon texte inspiré par cette collaboration. Louve fauve Elle est entrée comme une louve fauve, à pas feutrés, caressant la langue du sol offerte à ses plantes fines. J’ai effleuré ma feuille comme on masque un trouble ; très mal, trop mal. L’air s’est arrêté un instant pour la regarder. Mon trait, lui, s’est suspendu, inavoué, étouffé, alors que son peignoir glissait de ses dunes où déjà je me perdais. J’ai commencé à ouvrir sa chair avec l’eau, à noyer ma confusion dans l’encre diffuse, sur le grain du papier qui rougissait presque à ma place. Dans le silence de l’atelier, elle est restée immobile, m’offrant les contours de sa nudité, serment entre l’ombre et le blanc. La grâce animale de sa chevelure rousse venait se déposer au balcon de ses seins, pleins comme le monde. Et dans l’opulence magnifique de ses courbes fertiles, mon brouillon devenait mer, aquarelle humide soumise à la tension lente de son ventre. Son corps, à la fois carnet ouvert et manuscrit vivant, laissait courir l’encre en lianes sombres le long de son dos. Ses tatouages tenaient lieu de confidences, ses lèvres de silences retenus en otage. J’aurais pu convoquer une pluie de pigments, tout le miel de la terre, la rouille, l’argile mêlée, tourner autour d’elle comme un vautour affamé. Cette femme, mon Dieu, avait l’abondance du corps et le parfum du lait ancien. Sans posture, sans défense, elle semblait écrite dans la chair du monde avant même d’être peinte de mes mains. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Casser un verre : 7 ans de malheur, ou appel à se libérer ?
Casser un verre : 7 ans de malheur, ou appel à se libérer ? Le verre cassé et ses significations La scène Je viens de casser un verre. Ce n’est pas la première fois. Mais cette fois… je l’ai “vu” avant qu’il ne tombe. Comme si une partie de moi savait. Je ne me souviens même plus du geste exact. Juste d’une sensation trouble, d’un avertissement flou. Et puis… crac. Loin de l’envie de tout “surinterpréter”, j’ai eu envie de creuser. De ressentir. De comprendre. Et de transformer ce moment en quelque chose d’utile. Pour moi. Pour vous peut-être aussi. D’où vient la croyance des “7 ans de malheur” ? L’origine populaire (superstition issue de la Rome antique) : casser un miroir (ou un objet précieux) renvoie à l’idée qu’on brise une part de son âme. Les 7 ans : référence à des cycles de vie (les cellules du corps se régénèrent toutes les 7 ans). Résidu culturel : notre peur de “la faute”, du destin, de la punition symbolique. Et si ce n’était pas une punition… mais un message à décoder ? Et si casser un verre n’était pas synonyme de malheur, mais le signe qu’on a besoin de laisser aller quelque chose pour que le nouveau entre ? Casser, c’est rompre le cycle… et en ouvrir un autre Le verre, c’est un contenant. Je l’ai tenu. Il a glissé. Il s’est brisé. Et si ce n’était pas moi qui perdais prise, mais l’ancien qui ne voulait plus être porté ? Parfois, on casse parce qu’on est sous tension. Parfois, ce sont les objets qui cassent à notre place. Et parfois… ce sont des portes qui se ferment. Des cycles qui s’achèvent. Une ancienne version de nous qui doit mourir pour qu'une nouvelle version s'impose. Briser un verre peut être l’écho silencieux d’un moment clé : Une page à tourner. Un lien à libérer. Une énergie à recycler. Une relation amicale, amoureuse, familiale qui ne peut plus exister en l'état et exige transformation ou clôture. Une nouvelle version de nous à habiter. Un tournant à amorcer dans sa vie professionnelle. ... Ce n’est pas une fin. C’est un passage. Un entre-deux. Et puis, dans ce bruit de verre brisé… parfois, on entend le signal d’un commencement. Le son net d’un “plus jamais ça”. Et / ou le murmure doux d’un “bientôt, autrement”. Un rituel quand on casse quelque chose J’ai décidé de ne pas balayer ce moment comme un simple accident. Alors j’ai créé ce rituel réparateur. Pour moi, pour vous, pour tout ce qui a besoin d’être lâché… avec bienveillance. 🌿 Rituel : L’art de briser en conscience 🔹 1. Le moment Regarde l’objet cassé. Ne fuis pas. Dis-lui mentalement : “Tu as porté quelque chose pour moi. Merci.” 🔹 2. Le message Demande-toi : qu’est-ce qui se brise symboliquement aujourd’hui ? Un lien ? Une attente ? Un fardeau invisible ? Note-le sur un papier. Même un seul mot. 🔹 3. Le geste Jette les morceaux (prudemment), en récitant une phrase : "Je laisse ce poids derrière moi. Je ne contiens plus ce qui me blesse." 🔹 4. La réparation Allume une bougie. Ou prends un bain. Ou bois un thé chaud en silence. Offre-toi une action douce qui vient réparer ce moment. Pas pour l’annuler. Mais pour en sortir plus légèr.e, plus conscient·e. Ce qui casse… ouvre Et si ce n’était pas 7 ans de malheur, mais 7 jours, 7 semaines, ou 7 mois d’ouverture ? Le début d’un cycle nouveau, plus doux, plus aligné. Avez-vous déjà “cassé quelque chose” dans un moment étrange ? Racontez-moi. Partagez ce que vous en avez fait. Et si vous souhaitez aller plus loin, je peux vous proposer une carte de guidance, ou simplement une conversation douce pour déposer ce que vous traversez. Selene Découvrez mon recueil sur BOD
- Entre les mots : là où tout commence
Entre les mots : là où tout commence Un bonheur de vous présenter mon recueil Il y a des moments qui ne font pas de bruit, mais qui marquent un basculement. Cette soirée à Lyon, au cœur du festival Entre les mots, en fait partie. Je tiens d’abord à remercier chaleureusement Jonas Assalako , ainsi que l’association Wagenya-Arts , pour leur invitation et pour la qualité de ce qu’ils font vivre. Dans un monde où tout va vite, ils ont choisi de créer un espace différent. Un espace où l’on écoute. Où l’on prend le temps. Où les mots ne sont pas là pour remplir, mais pour toucher. Merci également à Bacary pour l’article consacré à l’événement ( à découvrir ici ), pour ce regard posé, pour cette manière de retranscrire ce qui, justement, ne se voit pas toujours. Pour moi, cette soirée avait une valeur particulière. C’était la première fois que je montrais, publiquement, le fruit d’un travail profondément solitaire. Depuis un an, j’écris. Dans le silence. Dans l’intime. Dans ces espaces où les mots viennent quand ils veulent, et où personne ne regarde. Une traversée, au fond. Alors lire ces textes à voix haute, les poser dans une pièce, face à des regards, les laisser vivre ailleurs que sur le papier… c’était autre chose. C’était un passage. Lecture de mes textes Il y avait des profils différents. Des personnes du milieu. D’autres non. Des jeunes. Des regards curieux, attentifs, silencieux. Et dans ce mélange, quelque chose de simple s’est produit : les mots ont circulé. Sans filtre. Sans détour. Ce moment a été précieux pour moi. Parce qu’il vient poser une première pierre. Parce qu’il transforme quelque chose d’intime en quelque chose de partagé. Et parce qu’il me confirme que Les Lunes d’un Cœur ne sont pas faites pour rester enfermées. Superbe moment en votre compagnie J’espère que ce n’est qu’un début. Le début d’une collaboration. Le début d’autres rencontres. Le début d’un chemin où mes mots continueront de voyager, de se déposer ailleurs, de trouver d’autres échos. Il y a un an, j’écrivais seule. Aujourd’hui, les mots sortent de moi. Et doucement, ils commencent à vivre dans le monde. Selene
- Le cerveau est le premier organe sexuel
Le cerveau est le premier organe sexuel Le cerveau est le premier organe sexuel On parle souvent du désir comme d’un phénomène corporel. Une excitation. Une réaction physique. Une montée de sensations. Mais en réalité, la sexualité commence bien avant le contact des corps. Elle commence dans le cerveau . Comprendre cela peut profondément changer la manière dont on vit son désir, son plaisir… et ses difficultés sexuelles. Le désir est une construction cérébrale Le cerveau est le centre de commande du plaisir sexuel. C’est lui qui : interprète les stimuli sensoriels active l’imaginaire et les fantasmes déclenche l’excitation physiologique autorise… ou bloque l’accès au plaisir Les zones cérébrales impliquées sont nombreuses : le système limbique (émotions), le cortex préfrontal (contrôle, jugement), l’hypothalamus (hormones), le circuit de la récompense (dopamine). Autrement dit : le désir n’est pas seulement une réaction physique. C’est une expérience émotionnelle, cognitive et relationnelle. Des travaux en neurosciences ont montré que l’excitation sexuelle active des réseaux cérébraux proches de ceux du plaisir, de la motivation et de l’attachement (Georgiadis & Kringelbach, 2012). Pourquoi le corps peut “ne pas suivre” alors que l’envie est là Beaucoup de personnes consultent en pensant avoir un “problème physique”. Troubles de l’érection. Difficulté à lubrifier. Absence d’orgasme. Baisse de désir. Or, dans de nombreux cas, le cerveau est en mode vigilance plutôt qu’en mode plaisir . Le stress, la fatigue, la charge mentale, les conflits relationnels ou la peur de mal faire activent le système nerveux de protection. Et un corps qui se sent en danger, même psychologique, ne s’abandonne pas facilement au plaisir. Des recherches montrent que le stress chronique augmente le cortisol et diminue la disponibilité des hormones liées au désir comme la testostérone ou l’ocytocine (Hamilton & Meston, 2013). Ce n’est donc pas une question de volonté. C’est une question de sécurité intérieure. Le rôle de l’imaginaire, de la mémoire et des expériences passées Le cerveau ne vit jamais la sexualité “dans l’instant pur”. Il convoque : les souvenirs les apprentissages les croyances les blessures éventuelles les scénarios fantasmatiques Une expérience négative ou intrusive peut laisser une trace durable dans le système nerveux. À l’inverse, une relation sécurisante, des expériences positives et une bonne communication peuvent renforcer les circuits du plaisir. Le désir est donc plastique : il évolue, se transforme et peut se réapprendre. La neuroplasticité , capacité du cerveau à créer de nouveaux circuits, permet d’expliquer pourquoi un accompagnement thérapeutique peut aider à retrouver une sexualité plus libre (Doidge, 2007). Le plaisir se construit aussi dans la relation Le cerveau sexuel est profondément relationnel. Le regard, les mots, la confiance, la présence… activent des hormones comme l’ocytocine, impliquée dans l’attachement et la détente. Sans sécurité émotionnelle, le désir peut se mettre en pause. C’est pourquoi la performance technique seule ne suffit pas. Le plaisir se co-construit. Il ne se “réussit” pas seul. Et si la difficulté était une invitation à comprendre ? Une baisse de désir, une difficulté d’excitation ou d’orgasme ne sont pas forcément des échecs. Ce sont parfois des signaux. Des invitations à : ralentir écouter son corps revisiter ses croyances comprendre ses besoins retrouver du choix Parce que lorsque le cerveau se sent compris et apaisé, le corps peut à nouveau s’ouvrir. Besoin d’en parler ? Si vous ressentez de la confusion autour du désir, une pression de performance ou une difficulté à accéder au plaisir, un accompagnement peut vous aider à mieux comprendre votre fonctionnement et à retrouver une sexualité plus sereine. Je vous accueille dans un espace bienveillant, sans jugement, seul·e ou à deux. Vous pouvez me contacter ici pour en savoir plus ou prendre rendez-vous. Selene













