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- 🌘 Éclat gris – Le courage de revenir
Le choix silencieux 🌘 Éclat gris – Le courage de revenir Certaines douleurs ne viennent pas du départ. Mais de ce choix silencieux : ne jamais revenir. On peut comprendre les silences, les fuites, les éloignements. On peut les excuser , parfois. Ce qui blesse davantage, c’est l’absence de tentative. L’incapacité à revenir. A essayer autrement. A construire sur de nouvelles bases. Car le choix de revenir existe toujours. Aujourd’hui. Demain. Plus tard. La vie laisse les portes entrouvertes. Mais encore faut-il avoir le courage d’en franchir le seuil. Il n'y a pas de destin, il n'y a que des volontés. Revenir, ce n’est pas s’imposer. C’est frapper doucement, en acceptant que la porte puisse ne pas s’ouvrir. C’est risquer un silence, une fermeture, un « non ». C’est pourtant ce que certains n’osent jamais faire. Et pendant ce temps, ceux qui ont attendu reprennent leur marche. Non par oubli. Non par indifférence. Mais parce qu’on ne peut pas rester figé là où rien ne bouge. Un jour, les regrets peuvent surgir. Même tapis sous le contrôle mental. Et il faudra alors veiller à ne pas transformer les avancées des autres en preuve qu’ils espéraient cette fin. Ce serait une erreur. Une excuse dérisoire. Car ce que beaucoup ont attendu, c’est un geste. Un retour. Une vérité discrète, glissée entre les silences. Un coeur qui s'offre enfin. Mais parfois... Le silence devient réponse. Selene
- Le temps guérit tout — et autres mensonges bien intentionnés
Le temps guérit tout — et autres mensonges bien intentionnés Merci mais non merci. On a tous entendu ces phrases. Celles qu’on balance après une rupture comme on jette une bouée à la mer. Celles qu’on croit réconfortantes. Mais qui, dans un cœur qui saigne, sonnent comme des gifles. "Le temps fera les choses." "Tu mérites mieux." "Tu verras, dans six mois tu en riras." Merci, mais non merci. Aujourd'hui, j’ai essayé J’ai répondu à un message sur une appli. Mais en filigrane, une fatigue. Fatiguée de devoir faire semblant que ça m’intéresse. Fatiguée d’ouvrir un tout petit espace, et qu’on s’y essuie les pieds avec des questions débiles. Fatiguée de répéter d’y aller doucement — alors que j'ai prévenu de ne pas aller trop vite. Et pendant ce temps, lui… Lui, il s’éloigne encore. Pas un mot depuis neuf mois. Je sais qu’il respire, qu’il existe, qu’il rit peut-être. Et je chasse tant bien que mal les autres images qui me font monter la nausée. Et moi, j’essaie. J'essaie aussi pour rétablir intérieurement une justice. J’essaie de vivre malgré l’absence. De jardiner. D’écrire. De retrouver un semblant de goût aux rencontres. Mais la vérité, c’est que je ne suis pas encore capable d’aimer quelqu’un d’autre. Pas comme ça. Pas encore. On me dit que je devrais tourner la page. Que je devrais "lâcher prise". Que c’est une chance, une étape, une libération. Mais ce que je ressens, c’est que j’ai lâché…Et que maintenant, c’est le vide qui me tient. Je n’ai pas besoin qu’on me dise que j’irai mieux. Je le sais déjà. Mais ce soir, je ne respire même pas. J'ai donc répondu à ce message et j'ai accepté une conversation téléphonique. Il avait une voix douce, un ton gentil, un accent dépaysant. On a parlé. Longtemps. 50 minutes. Fluide. Poli. Rassurant. Presque charmant. La tête sur les épaules. Il élevait seul sa fille (pas forcément la situation que je préfère, je veux retrouver ma liberté, mais je n'avais pas vu tant je prête attention...). Il avait trois jobs. Des points communs. Il me faisait presque rire ou c'était plutôt l'inverse... Et moi… Brutalement, j’ai fui. En prétendant que ma fille m’appelait, que ça devait être urgent, 3 appels en absence. Faux, archi faux. J’ai paniqué. Pas parce qu’il n’était pas bien. Pas parce qu’il était désagréable. Mais parce que je n’étais pas là. Parce que mon cœur, lui, n’était pas prêt. Et qu’il me manquait encore — l’autre. Lui, que je ne veux plus attendre, mais qui est resté planté dans ma peau comme un clou rouillé. Alors non. Le temps ne guérit pas. Il use, il frotte, il endort parfois. Mais il ne guérit pas . Ce n’est pas un baume. C’est un silence . Et ces phrases toutes faites qu’on me balance comme des pansements secs ? J’y réponds désormais autrement. Pas par colère. Mais parce que je me dois, au moins, cette honnêteté-là. Merci mais non merci. Et quand il a proposé un verre ce soir, j’ai répondu : Je suis avec ma fille ce soir. Une autre fois, avec plaisir. Ce plaisir, je ne sais pas encore si je pourrai l’assumer. Plutôt je ne pense pas le ressentir. Mais il le méritait. Il n'a rien à voir avec ça. Parce qu’en vérité, je suis encore habitée. Par l’autre. Celui d’avant. Celui d’encore. Et chaque fois que quelqu’un d’autre m’approche, j’ai l’impression de lui voler quelque chose. De trahir un serment silencieux. D’ouvrir un corps qui ne m’appartient pas vraiment. Ce n’est pas romantique. Ce n’est pas tragique. C’est juste la réalité d’un cœur qui ne sait plus très bien comment passer à autre chose. Et qui s'en veut d'en être là. Encore plus, dans l'indifférence et le mépris ouvert. Et puis, je n'ai rien à venger, rien à gagner, juste le sentiment que gagner quelque chose, serait perdre quelque chose d'encore plus précieux. Et le sentiment de ne pas être à ma place, dans le bon échange, avec la bonne personne. L'impression de faire, parce qu'il faut faire pour aller mieux, pour voler des sourires et des plaisirs oubliés. Pour voler un peu de tendresse à la rigueur du temps qui passe. Rien ne se brise comme un cœur On peut survivre à tout. Aux disputes. Aux silences. Aux promesses mal tenues. Aux trahisons d'âmes. On apprend à respirer dans le manque. À vivre autour du vide. Mais rien… rien ne se brise comme un cœur. Tu crois que tu as tout encaissé. Tu continues ta vie, tu fais des listes, tu paies des factures, tu souris aux gens. Et puis un jour, tu tombes sur une chanson. Une odeur. Une image. Et ton cœur se rappelle qu’il saigne encore. Ce n’est pas de la dépendance. Ce n’est pas de la faiblesse . C’est juste que quand on a aimé vrai , on ne peut pas simplement “passer à autre chose” . Pas comme ça. Pas sans laisser une part de soi derrière. Mais je sais ce que j’attends maintenant. Quelqu'un qui prendra le risque d’être nu. D’être vrai. Et responsable. Un regard droit. Une main qui se fend. Un cœur qui avoue — et qui ne tremble pas. Un genoux qui se pose, devant la vérité. Je crois qu’on dit : un homme. Alors non, “le temps guérit tout” n’est pas une vérité. C’est une formule creuse, qu’on se répète pour survivre. Mais le temps ne guérit pas : il ensevelit. Il ensevelit l’amour, le chagrin, le désir…Il nous pousse à sourire quand on n’en a pas envie. Il nous pousse à dire oui, à répondre à des messages, à accepter des appels — alors qu’on a juste envie de se taire ou de courir. Il ne répare rien. Il recouvre . Et derrière les jolis mots, derrière les “tu mérites mieux” ou les “ça ira mieux demain” , il y a une vérité que personne ne dit : Parfois, on n’a pas besoin de consolation. On a besoin qu’on entende que c’est encore douloureux. Et que ça a le droit de l’être. Parce que rien ne se brise comme un cœur. Et rien ne s’apaise sous les clichés. Alors merci, vraiment. Mais non merci. Selene
- Scénarios Interdits #9 – Le recrutement ou l'épreuve de la cravate
Scénarios Interdits #9 – Le recrutement ou l'épreuve de la cravate Le recrutement Dans un loft aux murs sombres et élégants, Je reçois deux candidats triés sur le volet pour un "poste de serviteur à temps partiel" . L’annonce précisait la tenue (costume noir, chemise blanche), les critères physiques (grands, musclés, bruns, barbe de trois jours, cheveux longs attachés), et surtout : être soumis avec un potentiel switch . Ce soir, c’est le test final pour deux d'entre eux qui ont éveillé mon intérêt. Il arrivent dociles, mais avec une tension dans les mâchoires qui promet autre chose... Je m'en réjouis. Ils arrivent l’un après l’autre à quelques secondes d'intervalle. Les talons résonnent, le parquet craque doucement. J’ai précisé qu’ils ne devaient pas parler. Tous les deux grands, bien bâtis, regard clair sous les sourcils sombres. Ils se jaugent, déjà. Je m’assois lentement dans le fauteuil de cuir. Je croise les jambes. Ils ne savent pas encore ce que je vais leur demander. Je les fais s’agenouiller d'un regard accompagné d'un signe de tête. À une distance exacte. Le silence est pesant, intérieurement je jubile. Je me lève, passe entre eux. Mon doigt sur l’un, mon regard sur l’autre. « Toi, déboutonne sa chemise. Lentement. Regarde-moi pendant que tu le fais. » Il semble surpris mais s'exécute. Leur trouble naissant m'éveille. L’autre ne bronche pas. Il inspire à peine. Son torse se découvre, musclé, halé, nerveux. Je tends un accessoire. Une cravate en soie noire. « Noue-lui autour du cou. Et serre. Mais pas trop. Il doit respirer. Juste sentir mon pouvoir à venir. » Il obéit. « Maintenant, embrasse-le. » Il hésite. J'insiste. " Tu veux me faire répéter?" Je saisis une fourchette oubliée sur la table basse. Mon talon tape doucement le sol. Il obéit. Le baiser est d’abord rigide, puis il cède. L’autre se laisse faire. Il est visiblement bien plus ouvert que le premier et agréablement surpris. Ce qui m'agace. Je vois la tension monter dans son corps, l’orgueil qui vacille. Je me lève. Je tourne autour d’eux comme une louve autour de ses proies. Je me place derrière eux. Mes mains glissent sur leurs nuques, je les tiens tous les deux. « Et maintenant, c’est moi qui décide. » Je m'adresse toujours au premier et me plais à ignorer le second. — Enlève ton pantalon. Et le sien. Tout. Jusqu’à ce que vous ne soyez que peau, muscles et nerfs. Ils obéissent. Je les veux nus. Je les veux vulnérables. Je claque des doigts et m'adresse enfin au second. Je le saisis par la cravate. — Toi, agenouille-toi. Là. Dos contre le sol. Bras écartés. Offre ta gorge. Laisse-le t’utiliser. La position lui est très inconfortable et c'est cela qui me plait. Il semblait prendre beaucoup trop de plaisir à être manipulé par le premier. — Toi, monte sur lui. Assieds-toi sur sa bouche. Ne bouge pas trop vite. Laisse-lui le temps de comprendre ce que ça coûte, de ne plus avoir le contrôle. Je m’assois. En face d’eux. Les jambes légèrement écartées. Je glisse une main dans mon décolleté, juste pour caresser la naissance de mon sein. Juste pour les troubler davantage. — Maintenant, obéis à ma voix. Laisse ta verge contre lui. Ne le pénètre pas. Pas encore. Frotte. Provoque. Stimule. Fais-lui comprendre qu’il n’est qu’un corps. Et que tu n’es rien de plus… pour l’instant. L’autre, assis sur ses cuisses, me fixe avec une détresse nue dans les yeux. Il murmure, la voix brisée par le conflit intérieur : — Non, madame… Ce que je veux… c’est vous. C’est vous dont je rêve. Je veux vous sentir, vous toucher. Pas lui. Vous. Je m’approche. Je me penche vers lui. Mon visage est à quelques centimètres du sien. Je pose un doigt sur ses lèvres. — Chut. Je m’agenouille lentement à côté d'eux. Je prends son visage dans ma main, le tiens fermement. — Regarde-moi. Juste moi. Je fais un léger mouvement de ma bouche. Lent, imperceptible. Mon souffle est sur sa peau. — Tu sens cette caresse ? Ce n’est pas lui. C’est moi. Je passe ma main sur son torse, et désigne l’autre homme d’un simple mouvement de tête. Il comprend qu'il doit le caresser. — Ses mains ne sont que le prolongement des miennes. Sa langue est la mienne. Son corps… une extension de mon empire. Il frissonne. — Quand il te touche, c’est moi qui te pénètre. Je pose mes lèvres juste à côté de sa bouche, sans l’embrasser. — Quand il te lèche, c’est moi qui goûte. Je le tiens toujours du regard. Mon pouce caresse lentement sa joue, comme une amante, comme une maîtresse. Et je tourne la tête vers l’autre. — Continue. Doucement. Il ne doit penser qu’à moi. Prends-le en bouche. Je m'assois sur le bord du canapé, jambes légèrement entrouvertes, robe remontée juste assez pour dévoiler la dentelle. — Maintenant, regarde mes yeux. Pas lui. Jamais lui. C’est à moi que tu t’abandonnes. Et alors qu’ils s’emplissent dans une illusion douce et brûlante, je suis partout à la fois : dans leurs gestes, dans leurs souffles, dans chaque frisson. Ils ne se touchent que pour me ressentir. Et je me plais à me promener autour d'eux, à déverser mon parfum sur leurs peaux, leurs narines. Alors que je suis à nouveau proche du premier, je remarque qu'il perd pied. — Ralentis. Regarde-moi. Je n’ai pas dit que tu pouvais jouir. Je me lève. Je m’approche d’eux. Je prends la cravate du second, je la tends. Je la garde. C’est moi qui décide de qui domine. De quand. Et comment. Et je tiens le premier par les cheveux. Je soulève lentement ma jupe, glisse deux doigts sous la dentelle, l’écarte à peine… Et lui offre mes lèvres d’en bas, celles qu’il n’aura qu’à genoux. L’autre encore sur le dos et rempli, semble manquer d'air. Il est tendu, son sexe dur sans avoir été touché. Il essaie de regarder la scène. Je m'aperçois qu'il essaie de se caresser sans autorisation, alors j'écrase le délit de mon escarpin et continue à savourer le moment. Ils sont à bout. À genoux, haletants, les yeux fous de désir. Ils pensent que je vais céder, et qu’ils vont m’avoir, enfin. C'est amusant. Et d'un coup je me relève. Je tape doucement dans mes mains. — Assez. Ils me regardent, perdus. — Vous pensez que c’était pour vous ? Que ce que vous avez ressenti m’intéresse ? Je me penche vers eux, un sourire cruel sur les lèvres. — Vous n’étiez qu’un reflet. Une illusion. Vous n’avez touché que mon ombre. Je leur tends un drap noir. — Couvrez-vous. Sortez. Et je reste seule dans la pièce, maîtresse de leur frustration, déesse cruelle du désir qu’ils ne posséderont jamais. Car le désir n’est pas de céder. C’est de savoir exactement quand retenir. Je les informe deux jours plus tard, que je les recrute tous les deux, que je n'ai pu me résoudre à choisir, tant ils sont différents et utiles chacun à leur manière. Selene Je vous rappelle que je peux écrire pour vous des scénarios personnalisés plus ou moins intenses, plus ou moins crus pour réveiller votre passion de couple. N'hésitez pas à lire le post correspondant "Les mots du désir" ici . Ou prenez directement un rdv avec moi ici .
- Inventer un métier qui me ressemble. Avec la peur au ventre.
Inventer un métier qui me ressemble. Avec la peur au ventre. À cet instant-là, on ne voit pas les tremblements. Mais ils sont là. Je suis à un carrefour. Une vie professionnelle que j’ai portée, honorée, mais qui ne me suffit plus. Une vie intérieure qui bouillonne . Une envie de créer ce qui n’existe pas encore . Et entre les deux : la peur . Pas la peur du vide. La peur de trahir ce que j’ai construit. De ne pas être à la hauteur . De ne pas savoir comment faire. J’ai peur. Mais j’avance. Les silences et les apparences ne disent pas tout. Des réussites visibles… et des tremblements en coulisses. Des femmes qu’on croit fortes — mais qui avancent avec la peur au ventre. Aujourd’hui, je suis cette femme. Je suis à un moment de ma vie où ce que j’ai construit m'est devenu étranger et ce, même si j'excellais dans mon métier . Je l'ai aimé. Je l’ai exercé avec engagement. Mais quelque chose a bougé, et cela fait un moment déjà. En moi. Autour de moi. Et je ne peux plus faire semblant. Pas contre mon corps. Pas contre mon cœur. Ce que j’ai déjà osé : écrire, me dévoiler, créer Je suis allée au bout de deux livres. Le premier, Mon chevalier pour l’éternité , était une promesse d’amour , un hommage à une histoire forte, mais surtout mon parcours dans cette histoire . Le second, Éclats de Lune , est né d’ une pulsion plus vaste : celle d’ exprimer, ressentir, offrir . Deux cents fragments, deux cents éclats, une femme en vibration . J’ai aussi créé des visuels, des formats courts, des scénarios sensuels, des podcasts, des vidéos, des identités. Et j’ai redécouvert une chose que j’avais perdue : j’aime créer. J’aime transmettre. J’aime inspirer. On me l’a souvent dit : que je portais une lumière. Mon oncle l'a traduit récemment de cette façon: " Retourne à table pour animer la soirée " alors que je lui proposais de le remplacer à la vaisselle. Alors peut-être qu’il est temps de l’assumer. Ce qui me retient encore : la peur, les contraintes, l’illégitimité, un sentiment de solitude dans ce parcours J’ai investi dans une formation de sexothérapeute . Mais je n’arrive pas à m’y plonger. C’est là. Tout prêt. Mais je bloque. Je rêve aussi d’écrire pour des magazines, de proposer des chroniques… mais je n’ose pas m’auto-proclamer. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, ma vie matérielle ne laisse plus de place à l’improvisation . Je suis seule avec ma fille. J’ai des charges. Une maison. J’ai construit une forme de stabilité. Et la quitter, c’est vertigineux. Je ne peux plus tomber comme à vingt ans. Et d'ailleurs à cet âge-là, je n'envisageais même pas la chute, je considérais ma réussite comme une évidence et je donnais tout pour y parvenir. Mon estime de moi était à 95% liée au monde professionnel. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui heureusement. Et pourtant…Je ne peux plus non plus vivre à côté de moi. Il y a aussi cette autre part de moi, plus discrète mais tout aussi présente. Celle qui accompagne autrement. Par les cartes. Par les plantes. Par la lenteur, la symbolique, les rêves. Par l’intuition. Par la résilience. Je n’en ai pas encore fait un métier, mais c’est déjà un chemin. Un art de la présence. Une manière d’être là, pour moi d’abord, et peu à peu, pour les autres. Un espace où poser ses peurs, ses cycles, et retrouver ses ressources. Je ne sais pas encore exactement quelle forme cela prendra , mais je sais que cette dimension fait partie de ce que j’ai à offrir. Et qu’elle ne s’oppose pas à ce que j’ai été — elle vient, au contraire, le compléter. Alors je choisis : des petites actions. Une après l’autre. Je vais commencer par imprimer la formation. L’avoir sous les yeux, chaque jour. Je vais retravailler un CV créatif avec plusieurs articles thématiques. Lister les contacts possibles. Envoyer une candidature. Juste une. Pour commencer, pour me débloquer. Et si elle revient avec un silence, ce ne sera pas moi qui aurai échoué. Ce sera le monde qui n’aura pas encore entendu. À toi qui lis : si tu ressens la même chose… Si tu es dans cette zone floue où ta vie d’avant ne te porte plus et où ta vie d’après n’est pas encore née , sache que tu n’es pas seul·e. Parfois, les gens autour de nous ne comprennent pas. Ils veulent notre sécurité, pas notre élan. Parce que cela les renvoie à leurs propres peurs, à leurs limites. Et parfois, aussi, à une forme de jalousie face à ce choix de liberté . Un choix qu'eux-mêmes se sentent incapables d'incarner. Mais ton élan, lui, il sait. Il pousse. Même doucement. Alors si tu veux en parler, je suis là . Si tu veux tirer les cartes pour t’éclairer, je suis là aussi. Pas pour te guider. Mais pour être à côté de toi , pendant que tu t’écoutes enfin. Je ne suis pas une façade. Ni un symbole de force. Je suis faite d’élans et de doutes, de peurs bien réelles et de désirs persistants. Quelque chose en moi vacille, mais une autre part ne veut plus attendre. Alors j’avance. Pas parce que je suis prête. Mais parce que je ne peux plus rester là, immobile, à regarder mes rêves de loin . Je m’autorise. À créer. À changer. À essayer. Simplement parce que c’est devenu vital. Selene A toi qui ne te sens plus heureux (se) au travail?
- Scénarios Interdits #8 – Le colocataire non consenti ... au départ
Scénarios Interdits #8 – Le colocataire non consenti ... au départ Le film: quand tout a basculé J’avais besoin de couper. Couper avec le quotidien, un peu plus terne de ces derniers temps, avec les “ tu devrais ”, les “ il faudrait ” et tous ces fils invisibles qui me retenaient sans vraiment m’enchaîner . C’est Marion qui m’a tendu les clés. — Mon appart’ Airbnb à Annecy est vide cette semaine. Tu vas y aller. Point. J’ai souri. J’ai dit que je verrais. Elle m’a répondu qu’elle avait déjà réservé les dates à mon nom. — C’est calme, joli, ça sent la forêt et les bougies. T’as même la vue sur les toits. Va t’y perdre un peu. Ça va te faire du bien. Avec ce que tu vis ces temps-ci. Et puis tu m'as dit que tu rêvais d'aller voir ce lac. C'était vrai mais mes rêves je les avais mis de côté depuis un bon moment ... Alors un jour de la semaine, sans prévenir, j’y suis allée. Comme ça. Sans vraiment de plan. Et puis ce petit appartement tout en bois et en lumière douce. Deux chambres. Une cuisine ouverte. Une sensation de paix immédiate. J’ai commencé à défaire mes affaires en musique, c’est King de Florence + The Machine qui passait à ce moment-là. Et je fredonnais : « I am no mother, I am no bride, I am King »… Et là, la porte d’entrée a claqué. — Marion ? Une voix grave, étonnée. Je suis sortie de la chambre, un peu figée.Un homme était là. Grand, brun, la quarantaine tranquille, un sac à dos sur l’épaule. — Ah, tu dois être Lisa. Moi c’est Nicolas. Marion m’a dit que tu venais quelques jours. Je suis là aussi. Il a souri, naturel, trop à l’aise et a continué. J’étais complètement scotchée. — Elle a dit "vous pouvez partager". J’ai pas compris si c’était une coloc’ ou une sorte d’expérience sociale. Il a ri. Moi pas vraiment. Il m’a tendu la main, chaude, grande. — Je te laisse choisir la chambre que tu veux. Celle au fond est plus calme. Et comme si de rien n’était, il s’est installé. Je prétexte la fatigue. Il ne semble pas s’en offusquer. — Ça marche. On se croisera demain alors. Bonne nuit. Je ferme la porte de ma chambre et saisis mon téléphone : Marion. Sérieusement. Un inconnu dans l’appart ? Tu aurais pu prévenir. Je suis pas venue ici pour faire du coworking ou faire du social. Merci pour l’info à moitié…PS : il est un peu trop à l’aise pour quelqu’un que je viens de rencontrer. Pas de réponse. Je soupire. Je me glisse sous les draps. Je dors mal. Mais au fond, je ne suis pas mécontente non plus… Le matin. Je me lève plus tôt que prévu. Besoin de me rafraîchir, de laver la nuit un peu trop pleine d’agitations. Je traverse le couloir pieds nus, une serviette sur l’épaule, pas franchement réveillée. La porte de la salle de bain est entrouverte. Aucun bruit d’eau. J’entre. Et là, je me fige. Nicolas est sous la douche italienne. Porte grande ouverte. Pas d’eau. Juste lui. Totalement nu. En train de se savonner le torse lentement, comme dans un film qui aurait perdu toute pudeur. — Sérieusement ?! je lance, agacée. Il se retourne d’un quart, surpris mais pas paniqué. — Bonjour à toi aussi. Je reste là. Plantée. Dans l’encadrement. Bras croisés. Le regard un peu trop bas . Puis un peu trop fixe. — Mais qui prend sa douche sans fermer la porte et sans faire couler l’eau, franchement ? Il lève un sourcil, amusé. — Et qui reste plantée dans une pièce avec quelqu’un de totalement nu , hein ? Mes joues s’échauffent. Je veux répondre, mais rien de crédible ne me vient. Je hausse les épaules. — Tu devrais mettre un panneau “exhibition en cours”. — Tu devrais fermer les yeux… ou rester, au choix. Je tourne les talons. Trop lentement pour que ce soit crédible. Et dans le miroir au fond du couloir, je me surprends à sourire. Dans la cuisine, l’atmosphère a changé. Je suis en tee-shirt large, mon cadeau d’anniversaire, 43+1 avec un doigt d’honneur, je l’adore, cheveux en vrac, encore un peu rougie de la scène dans la salle de bain. Lui est déjà là, une tasse de café à la main, vêtu cette fois. Jean. Pull fin écru, légèrement transparent . Mèche rebelle. — T’as survécu ? — À quoi ? — À la vision d’un homme nu sans musique d’ambiance. — Bof. Je m’assois. Il sourit. Il est très beau. Il m’indique la cafetière, le pain grillé. Tout est déjà prêt. On mange sans trop se parler au début. Puis il finit par dire : — Je suis là pour... déconnecter. Pause. — J’me suis fait larguer y’a deux semaines. Elle est repartie avec son ex. Je crois. Enfin, un break. Je sais pas très bien ce que ça veut dire après 10 ans ensemble. J’ai pas d’enfants, rien à gérer. Juste… la tête à vider. Il dit ça sans tragédie. Comme un fait. — Et toi ? Je secoue la tête doucement. — J’ai pas envie d’en parler. Juste besoin de calme. De silence. De pas être utile. Il hoche la tête. — Marché conclu. Zéro question. Zéro demande. On se croise si on veut. On s’ignore si besoin. — Parfait. Un silence s’installe, mais pas un de ceux qui gênent. Un de ceux qui reposent. Puis il ajoute : — J’ai prévu une ou deux balades, quelques expos. Juste pour occuper l’espace. — Moi je vais marcher, écrire peut-être. Voir le lac. Respirer. Il ne demande rien de plus. On se sépare pour la journée. On part chacun de notre côté. Lui avec son vieux sac à dos et ses AirPods, moi avec mon carnet et un manteau un peu trop léger. Je suis allée au bord du lac. J’ai pris des photos, j’ai respiré fort. Je me suis sentie presque bien. L’odeur de l’eau, les cygnes, les gens qui couraient, les enfants qui criaient … J’ai souri, seule, et je me suis dit : c’est pour ça que je suis venue . Quand je suis rentrée, il était déjà là, assis sur le tapis avec son ordi posé sur la table basse. — T’as fait quoi ? — Le bord du lac. Une expo de dessins aussi. Et toi ? — J’ai marché. Pris un chocolat chaud à 10 balles. Croisé un mec qui m’a filé son Insta. Comme si j’allais en faire quelque chose. Il m’a regardée, un peu trop longtemps. J’ai haussé un sourcil. — J’espère que tu l’as remerciée comme il faut. Je t’ai attendue pour le dîner. Je prends une douche. Cette fois, je ferme bien la porte. Il rentre vers 20h avec un filet de courses. Poivrons, crevettes, chorizo, crème. Et une bouteille de prosecco à bulles fines. — J’espère que t’aimes les pâtes. — Toujours. — Et cuisiner à deux ? — Tant que tu restes habillé. Il éclate de rire. On prépare. On se frôle. On plaisante sur qui coupe quoi, qui verse trop de crème, qui boit avant l’heure. La cuisine est en désordre. L’air sent l’ail et la musique italienne. On mange sur la table basse, à même les coussins. À table, on a bu un peu trop. Juste assez pour ne plus penser à qui allait où. Et ce qu’on avait laissé derrière. On a ri. Beaucoup. Je lui ai dit que j’avais toujours trouvé sexy les mecs qui savent couper un oignon sans pleurer. Il m’a répondu que ce serait dommage de ne pas lui faire un diplôme pour ça. Il a parlé de son ex. Un peu. — J’ai appris il y a 15 jours qu’elle avait revu son ex. — Elle ? — Ma compagne. Enfin… on ne sait plus trop. Elle m’a juré qu’il ne s’était rien passé. Il fixe sa tasse de café. — Le genre de "rien" qui t’empêche de dormir. Je ne commente pas. Mais je sais. Je sais que je suis entrée dans une histoire qui n’est pas finie. Et que quelque chose en moi a quand même envie d’y être. Je murmure : — Moi j’ai pas envie d’en parler. J’ai juste besoin de me vider. — On est deux, alors. On se regarde. Et déjà, c’est trop. On s’est affalés dans le canapé avec le plaid qu’il a replié sur mes genoux. On a mis un vieux film en noir et blanc. Un truc lent, doux, presque soporifique. Je sens sa jambe contre la mienne. Mais il ne force pas. Il attend. Et moi… je ne m’éloigne pas. À un moment, je me suis assoupie. Ma tête est tombée contre son épaule. Je ne l’ai pas relevée. Il n’a pas bougé. Ou si, un peu. Son bras s’est glissé derrière mon dos. Lentement. Quand j’ai entrouvert les yeux, je l’ai senti contre moi. Pas pressant. Pas hésitant. Juste là. Et son pouce effleurait la peau de mon bras nu. Je n’ai pas parlé. Je n’ai pas reculé non plus. Et dans le silence du film, dans cette lumière de fin de soirée, quelque chose a basculé. Je me suis laissée glisser un peu plus bas, ma tête sur sa cuisse, comme si c’était une évidence. Ce n’en était pas une. Mais je ne me suis pas relevée. Sa main est venue se poser doucement dans mes cheveux. Pas un geste lourd. Pas un geste qui réclame. Un geste doux. Présent. J’ai fermé les yeux. Mais je n’ai jamais été aussi éveillée. Ses doigts se sont promenés dans mes cheveux, sont descendus jusqu’à ma nuque, puis ont remonté le long de mon crâne. Toujours lentement. Toujours en silence. J’ai frotté mon visage contre sa cuisse, comme pour trouver une meilleure position, mais je savais ce que je faisais. Lui aussi. Sa main est descendue un peu a frôlé le haut de mon dos. Puis mon bras. Et est revenue dans mes cheveux. Enfin, est restée là. J’aurais pu me redresser. Dire " désolée ", me reculer. Mais je n’ai pas bougé. Je me suis mise à respirer plus lentement, j’ai laissé faire et j’ai savouré ce moment volé à la confusion du monde. Et dans la lumière du film qui dansait sur le mur, je me suis dit que je n’avais pas besoin de parler. Pas ce soir. Alors, sa main s’est faite plus lente, plus ancrée. Elle a exploré le haut de mon dos, puis en redescendant, a glissé sous le tissu de mon tee-shirt. J’ai immédiatement frissonné. Alors, doucement, il s’est penché. Ses lèvres ont frôlé mon front. Puis ma tempe. Puis juste sous mon oreille. J'ai senti son souffle comme une décharge à haute tension. Et là, j’ai tourné inévitablement mon visage vers le sien. Nos regards se sont croisés. Mes yeux étaient mi-clos. Les siens brûlaient. J’ai tendu la main, et l’ai posée sur sa cuisse. Il l’a couverte de la sienne. On est resté là, une seconde suspendue. Puis il s’est penché encore, et a attrapé mes lèvres. Le baiser était lent, profond, sans hésitation. Je me suis redressée à demi, je suis montée sur lui, à califourchon. Nos corps se sont cherchés comme s’ils se connaissaient déjà. Il a passé ses mains sous mon tee-shirt. Je l’ai retiré. Il a caressé ma poitrine avec une lenteur dévorante. Il m’a regardé un instant. Sans un mot. Juste ce regard. Celui qui dit : je te vois, vraiment. Je l’ai laissé me porter. On a basculé dans l’autre pièce, à tâtons, en riant à demi. Il m’a allongée et s’est allongé sur moi. Et là, plus rien ne nous a retenu. Plus rien n’a freiné. Ni la peur, ni le passé, ni le doute. Juste nos souffles emmêlés, nos gestes précis, sûrs, ancrés dans le présent. Son poids m’a rassurée. J’ai senti son souffle contre mon cou, puis ses lèvres et surtout, j’ai senti son sexe dur, ivre de désir, à travers le tissu de son jean. Il s’est frotté doucement comme un chat contre des coussins. Il n’a pas accéléré. Il a tracé des cercles précis, lents, hypnotiques . Ses hanches ont roulé contre mon bassin, et ce frottement répété, régulier, maîtrisé, m’a fait totalement chavirer. J’ai retenu mon souffle, j’ai fermé les yeux. J’ai senti la chaleur monter d’un coup. Et sans un mot, sans une caresse de plus, j’ai joui , là, rien qu’avec ce mouvement, ce contact, ce rythme. Mon corps s’est tendu, s’est soulevé légèrement sous lui. Il l’a senti. Il s’est figé à peine, puis a relevé la tête avec un sourire en coin. — T’as pas besoin de moi, en fait. Je le pousse, un peu gênée. — Si, mais pas comme tu crois. Et là, j’ai pris le relais. Je l’ai retourné brusquement, l’ai poussé sur le lit, et quelque chose a changé en moi. Quelque chose s’est réveillé. Je me suis mise à califourchon sur lui, et j’ai commencé à le dénuder centimètre par centimètre , sans précipitation. Je l’ai respiré comme on respire un souvenir. Son cou. Ses clavicules. Son torse. Je me suis imprégnée. J’ai voulu le sentir, le garder en mémoire, sur ma peau. Sentir ses muscles, m'approprier son territoire. Il a tenté de m’attraper, tant la tension grandissait en lui, mais j’ai saisi ses poignets, que j’ai plaqués contre le matelas. — Laisse-moi faire. Je veux te découvrir. Il a hoché la tête, soumis sans se sentir faible. Curieux. Troublé. Ravi. Je me suis déshabillée aussi. Tout doucement. Ma culotte a été la dernière chose à tomber. Nous nous sommes retrouvés nus, la pièce noire, mais je le distinguais, suffisamment pour voir ses yeux qui brillaient et son sexe qui palpitait. Il a essayé de se redresser, mais je l’ai arrêté, je l’ai fait s’allonger complètement. Et je me suis allongée sur lui. Dans tous les sens. Mon ventre contre sa poitrine, ma bouche sur son épaule, mes seins contre son torse, mon sexe effleurant le sien sans encore le prendre. Et j'ai laissé mon corps imprimé son rythme sur le sien et dansé au son du désir qui grandissait en moi. Je l’ai embrassé partout. Dans le creux de sa hanche, sur son ventre tendu, autour de sa taille, et jusqu’à son sexe, dur, impatient, tendu vers moi. C'est comme si, j'avais une soif impossible à négocier. Je l’ai pris dans ma bouche, un instant, pour sentir son goût, sa chaleur, et sa vulnérabilité. Puis je me suis redressée, l’ai regardé, et je l’ai chevauché lentement, avec autorité, avec faim, avec dévotion. Il a semblé perdu. Et heureux. Totalement livré à moi. Une femme qu’il ne connaissait pas. Mais qu’il n’oublierait pas. Il a été à moi. Juste pour cette nuit. Juste pour ça. Le matin. Le réveil a sonné avant l’aube. Le ciel est encore noir. L’appartement est silencieux. Il dort. Je me lève sans bruit. Mes vêtements sont là, en désordre sur la chaise. Je les remets un à un, sans me retourner. Je n’allume aucune lumière. Dans la salle de bain, je m’attache les cheveux. Je passe de l’eau sur mon visage. Je croise mon reflet dans le miroir — je me reconnais à peine. Je suis belle, je crois. Mon sac est prêt depuis la veille. Je le prends. J’ouvre la porte doucement. Avant de sortir, je regarde une dernière fois vers sa chambre. Je sais qu’il dort encore. Ou qu’il fait semblant. Ou qu’il m’écoute partir. Mais je ne laisse rien derrière moi. Pas de mot. Pas de geste. Pas de numéro de téléphone. Rien à interpréter. Je referme doucement. Et je pars. Libre. Habitée. Satisfaite. Silencieuse. Sans retour. Sans culpabilité. Juste avec le goût de moi retrouvée. Selene Je vous rappelle que je peux écrire pour vous des scénarios personnalisés plus ou moins intenses, plus ou moins crus pour réveiller votre passion de couple. N'hésitez pas à lire le post correspondant "Les mots du désir" ici . Ou prenez directement un rdv avec moi ici .
- 🌙 Les vrais Éclats de Lune.
🌙 Les vrais Éclats de Lune. Ils brûlent, ils griffent, ils caressent. Ils ne demandent pas la permission. Voici quelques fragments tirés de mon recueil. 200 éclats de lune ont été soumis à l’univers , à l’intime, aux maisons d’édition. Je partage ici ceux qui m’ont traversée comme des évidences. Merci pour chaque regard posé, chaque énergie douce, chaque souffle discret. Ils sont les bienvenus.Et ils m’accompagnent. Selene Eclats de lune, bleue, rose, rouge et noire
- Chronique d'une meuf au bout Épisode 1 – Durites, batteries, plafond blanc. Et autres coups de grâce.
Chronique d'une meuf au bout Épisode 1 – Durites, batteries, plafond blanc. Et autres coups de grâce. J'assassine qui? Parfois, la poisse se présente poliment , par petites touches. Et parfois, elle débarque avec un sac de pierres, une minerve, trois véhicules défaillants, un contrat de location en caractères 2,5, un hôpital parfaitement incompétent, et un dossier Airbnb à monter en boitant. Oui. Une cascade. Dans tous les sens du terme. En ce moment, j’accumule. Fourgon : les durites à répétition (quand j'en ai besoin sinon ce ne serait pas drôle). Voiture 1 : la batterie. Voiture 2 (ma fille) : le frein à main (la batterie, c’était en août, on garde une certaine logique). Location de voiture de prêt : franchise de 5000 euros en tout petit. Pas le droit à l'erreur Claudine! 80 euros par jour jamais mentionnés... Écrits en mode réservé aux petits yeux laser avec scanner à PDF intégré. D'autres joyeusetés financières et logistiques non mentionnées (car je m'y perds...) Et puis Gillou, dans son costume froissé, qui me sort : "La batterie ? Ah non, pas sous garantie." (Batterie de voiture électrique. Donc la moitié du véhicule. Pour situer.) À ce moment-là, j’ai compris que ce n’était pas la voiture qui allait péter une durite. C’était moi. Et que Gillou risquait de voir son téléphone remonter par les narines si je n’inspirais pas très fort en invoquant le dieu du calme. Alors j’ai respiré. J’ai râlé ( efficacement ). Pas de frais de location ? Bien. La garantie ? Une grenade dégoupillée. Je ne bouge plus. Tiroir mental refermé à clé. L’étiquette : à ne pas ouvrir sans casque anti-émeute. J’ai pris leur voiture. Je l’ai assurée à mon nom, parce que l’épuisement n’empêche pas l’intelligence. Et bim. La franchise, Gillou. Dans ton c... J’ai branché leur monstre à la maison. ( PS : EV3 de chez KIA. Je recommande. Quand ça ne me trahit pas.) Ah, et sinon ? Le formulaire Airbnb pour déclarer la chute. L’ hôpital qui me demande aujourd’hui en urgence ma carte de mutuelle , sous peine de me facturer. Jamais demandée pendant mes plus de dix heures aux urgences , dont 80 % seule à fixer un plafond blanc , sans réseau, avec une minerve. Et j’avais la carte sur moi, bien sûr. Je pense faire un troc : carte de mutuelle contre attestation médicale. Histoire d’équilibrer un peu le niveau d’agressivité dans ce jeu de ping-pong administratif. Demain, j’ai le concert d’Ed Sheeran. Je vais poser mes conditions pour le retour de l'EV3. Choisir mon heure. Et le reste ? Ce sera lundi. Pas avant. Parce qu’à un moment, faut choisir entre exploser…ou hiberner. Et moi, j’ai bien envie d’hiberner. Et de ressortir un peu plus tard, quand le destin arrêtera de me saouler. Et sous le sarcasme, il y a ça : Cette lassitude qu’on garde polie, qu’on noie dans les détails techniques. Mais qui, certains jours, a besoin de monter en surface. En entier. J’en ai marre. Et j’ai le droit. J’en ai marre de devoir être forte. Marre d’additionner les épreuves comme si c’était normal. Marre que la vie me dise sans arrêt « encore un petit effort » . Mais pourquoi moi ? Pourquoi toujours moi ? Pourquoi pas un bonheur simple, clair, stable ? Pourquoi pas un amour qui reste ? Un oui franc, entier, sans conditions ni silences ? J’ai le droit au bonheur. Au vrai. Pas à celui qu’on arrache à coups de thérapie et de patience. Pas au réconfort rationnel. Au putain de bonheur qui vient sans test à passer . J’ai le droit à un « ça va aller » qui ne cache pas un « mais » . J’ai le droit qu’on prenne soin de moi sans que je le mérite, juste parce que j’existe. J'ai le droit à un entourage qui va bien, qui ne m'inquiète pas. J’ai le droit à un miracle banal : une voiture qui démarre, un corps qui tient debout, une personne qui m'aime. J’en ai marre de faire semblant que je gère. Même si je finis par gérer à grand prix. Ou à jongler et c'est presque pareil vu de l'extérieur. Marre d’écrire des jolis textes pour survivre. Marre de transformer la douleur en or alors que je voudrais juste qu’elle s’arrête. Je ne suis pas ingrate. Je suis épuisée. Je ne me plains pas. Je réclame. Et je ne veux plus demander en chuchotant. Je crie . J’ai le droit à une fin qui ne me laisse pas sur le carreau. J’ai le droit à un amour qui me choisit et qui reste. J’ai le droit à une trêve. Et si la vie ne me l’offre pas, qu’elle sache au moins que j’en ai assez de faire bonne figure. Ce texte est le premier d’une série. Pas pour faire du bruit. Pas pour chercher des solutions. Juste pour dire les choses. Les vraies. Les dures. Les drôles aussi. Celles qui débordent. Je veux juste pouvoir respirer sans penser à la prochaine merde à gérer. Alors si toi aussi tu sens que t’as envie d’hiberner, d’exploser, ou juste de poser ton sac de pierres, tu peux venir le faire ici en commentaire. On n’a pas toutes les réponses. Mais parfois, poser les mots, c’est déjà commencer à reprendre le pouvoir. 🖊 Une chronique de Selene – pour toutes celles qui tiennent debout même quand tout part en vrille.
- Quand je pense à mon état d’esprit il y a quinze jours à peine…
Quand je pense à mon état d’esprit il y a quinze jours — peut-être un peu plus, à vrai dire, j’ai cessé de compter. J’étais encore prise dans ce flou. Il y avait un reste d’attente. Des “et si”, des lettres que je n’écrivais plus, mais que je pensais trop fort. Des questions en suspens. J’étais blessée, perdue, presque vide. Et puis, tout a basculé. Quelque chose a craqué. Un déclic . Un événement violent, inattendu, concret. Quelque chose qui m’a rappelée à la vie, au présent. Là, dans le corps. Dans le cœur. Dans la vie. Une douleur m’a traversée, comme une gifle du destin. Et j’ai compris. Que je ne pouvais plus continuer à donner là où rien ne poussait. Que je ne voulais plus être celle qui espère pour deux. J’ai vu la mort en face, même brièvement. La perte de mémoire. La douleur. La panique. Et derrière tout ça, une rage de vivre qui ne demandait qu’à sortir. Une voix qui hurlait : “Tu ne peux pas t’oublier encore.” J’ai compris que j’avais survécu à trop. Que mon corps m’a protégée. Que j'étais celle qui devait me protéger. Qu’il est temps de l’honorer, et de m’honorer moi. De cesser d’implorer l’invisible, les absents, les fantômes. Et je commence enfin à donner sens à tous les événements durs de cet année. J’ai repris les rênes. J’ai équilibré mes relations. Choisi mes liens. Rebâti mon énergie. Réfléchi à mon travail. Entamé un changement, qui se fera sur la durée. Je suis une tempête douce, une force tranquille. Je suis toujours aussi solaire, même blessée. Et aujourd’hui, je veux le beau, le vrai, le vivant. Pas des silences flous, pas des signes codés. Je veux des mains. Des regards. Des évidences. Et pourtant, j'écrivais ceci il y a 15 jours (je crois, j'ai enfin cessé de compter)… Parfois je me demande… Est-ce que c’était si facile ? Facile de partir, De me quitter, De se défaire de mon parfum, De mes caresses, de mes mots doux, De jeter les souvenirs comme des vieux pulls usés ? Facile de faire comme si j’étais morte ? Comme si je n’avais jamais existé ? Alors il a voulu me montrer qu'il avançait. Avec une autre, ou plusieurs. Avec un message flou, signé de quelqu'un d'autre — peut-être lui... C’était quoi, ce geste ? Une façon de dire :« Je trace ma route, tu n’es rien » ? Pourquoi tant de mépris ? Pourquoi cette violence douce, Désinvolte ? Pourquoi ce poignard dirigé vers mon cœur ? Parfois je me demande… Se rend-il compte que j’ai écrit un livre pour lui ? Pour nous. Comme une main tendue dans le noir, Comme des petits cailloux semés pour un jour Retrouver le chemin de l’évidence. Des nuits entières à lui écrire, En pensées, En lettres qu'il ne lira peut-être jamais, En prières muettes, En images obsédantes dans ma tête, En rêves et en cauchemars. Parfois je me demande… Se rend-il compte que je l'ai attendu, Des heures durant, Devant chez lui, sous un soleil hurlant, Dans la rue, à la vue de tous, Tous les soirs chez moi, Dans mon jardin, au moindre bruit, En suivant des yeux une voiture Aux couleurs de celle qu'il avait… Des secondes Qui se sont additionnées à des heures, puis des jours, des semaines, Des mois à attendre un signe de lui, À lui écrire sans réponse, À pleurer seule, sans sa main, sans sa voix, Sans rien comprendre à rien. À mettre de côté les luttes de pouvoir. À ne plus en vouloir du tout, d’ailleurs. À faire taire ceux qui disaient : « Tu te rabaisses, tu t’humilies » Quand moi je ne ressentais Que de l’amour. Et de la compassion. Est-ce mal ? Et lui, jamais il ne s'est dit : « On vient de m’offrir quelque chose d’unique » ? A-t-il cru à un piège ? À une intention cachée ? Il n’y en avait pas. C’était juste ma lumière. Juste l’envie qu’elle le réchauffe un peu, L’aide à respirer, à se reconstruire. Je croyais qu'il voulait bâtir sa sécurité, Se remettre debout. Mais il a préféré jeter ses deniers au vent, Pour quelques plumes, Rejouer de vieilles scènes, Et m’exposer à ça — Sans conscience. Pourquoi ? Pense-t-il que je feins ma douleur ? Que je dissimule quelque plan obscur ? Pense-t-il que mes ombres le poursuivent encore ? Ces ombres, je n’en voulais pas. Je croyais qu'il en avait besoin. Je n’ai pas menti. Je n’aspirais qu’à une chose : Notre tendresse. Notre vérité nue. Nos plus beaux sentiments. Et lui… Il n’aspirait plus à rien . Et c’est ça, le plus dur. Oui, j’ai tout essayé. J’aurais tout fait. J’aurais dépassé mes peurs, Gravi mes gouffres, Sauté dans le vide, Juste pour une seconde dans ses bras, Pour son sourire, Pour ses yeux posés sur moi comme un abri. J’aurais jeté des sorts. Inventé des formules. Défait les étoiles, s’il l’avait fallu. Car il n’y avait rien de plus beau, Pour moi, Que les instants partagés avec lui. Et j'aurais donné tout ce que j’avais Pour retrouver cet homme-là. Celui que j’ai tant aimé. Et maintenant ? Les Dolomites Je n’ai plus d’espace pour les énigmes. Plus de place pour les “peut-être”. Plus de temps pour attendre que quelqu’un me voie. Je veux vivre. Alors voilà ce que je vais faire : Je vais partir. Cet été, ce sera les Dolomites . La pierre. L’altitude. Le silence qui répond. La nature qui ne ment pas. Et comme la vie aime surprendre, je pense que je ne partirai pas tout à fait seule. Je vais chercher un compagnon de route, pour me rassurer un peu, quelqu’un de doué en mécanique (condition sine qua non), capable de dompter Francis (mon vieux Vito de 30 ans). Quelqu’un de fiable. D’inattendu. Quelqu’un avec qui je partagerai le bruit du vent dans les pins, quelques bières et peut-être un café brûlant au bord d’un col au lever du soleil. Cela doit bien se trouver sur des sites de roadtrip , camping ou woofing ! Selene
- Libre
Libre J’ai porté trop d'absence, et de questions enfouies sous la peau. Errant dans les rues de ma vie, comme une âme abandonnée. Et même si tout en moi était brisure, ecchymose, silence gercé et chagrin, du cœur, de l’esprit et du corps, voilà que soudain, un matin a glissé sur ma peau fatiguée. Un ciel, un soleil, un pétale doux, une aube fraîche, un vent clair qui fait sourire les cheveux, ont décidé de se poser sur moi, et de réchauffer mes yeux. Ils n'ont rien promis. Ils m'ont juste rappelé, que j'étais vivante. Mon cœur, mon esprit et mon corps semblent prêts à se multiplier, à voir encore tout le beau qu’il y a au bord du monde. Je fais le choix que plus jamais je ne dépose de courriers à la lune, plus de regards aux étoiles, plus de messages aux oiseaux et au vent, et plus d'ensorcellement aux liens invisibles. Je n’écoute que l’eau claire qui glisse dans les chemins, la rondeur d’un fruit mûr qui tombe au sol sans bruit, la chaleur sèche d’un mur auquel on peut enfin s’appuyer sans peur qu’il ne s’effondre. Je tends l’oreille au chant des cigales Plus qu’aux souvenirs, je tends la main vers la feuille nouvelle, vers les choses simples et sûres. Le pain. Le sel. La peau qui frissonne par plaisir et non par manque. Je suis à l’heure du tangible. Des présences vraies. Des mains qui serrent, pas qui fuient. Des regards clairs, pas des silences fuyants. Je ne veux plus d’énigme à déchiffrer à l’aube. Je veux un nom, un souffle, un visage éveillé tout contre moi. Pas des absences poétisées, pas des échos inventés, par mon cœur, piégé dans les ravins du passé. Je veux des nuits sans attente. Des jours qui n’ont pas besoin d’être traduits. Un présent à déguster à toute vitesse avant qu'il ne ferme. Je marche. Pieds nus, sur cette terre qui n’exige rien. Je veux l’eau, le feu simple, les mains visibles, le regard sans détour, et le cœur qui tremble. Je ne demande rien. Mais je me tiens prête. Pour ce qui est vrai. Pour ce qui vient. Mon cœur, mon esprit, mon corps veulent bâtir, et non implorer. Ils tendent leurs ailes, à qui ne recule pas. Ils ne veulent plus ensorceler de fantômes mais marcher main dans la main sur l'écorce, la roche. Avec le pas sûr de l'amour qui ne doute pas, de l'amour qui s'écrit sur la chair, à l'encre de l'éternité. Je suis libre, et ma liberté ne veut plus jamais faire de prières à ceux qui ne répondent pas. Libre. Selene
- Ce que je n’ai jamais accepté
Il y a, dans le livre, que je viens de terminer, un prénom écrit un nombre incalculable de fois. Celui de mon amour passé. Comme un refrain obstiné, comme un battement de cœur qu’on aurait tenté de faire survivre par les mots. (Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa). Et puis, tout à la fin d’une page, cette phrase. Silencieuse. Foudroyante. « Aucune parole ne précède les vrais départs. » — Edmond Jabès Elle m’a arraché les larmes. Parce qu’elle disait exactement ce que j’ai vécu. Un départ sans un mot. Sans adieu. Sans regard. Sans rien. Alors j’ai répondu. Depuis des mois. Pas pour contredire. Mais parce que je n’avais pas le choix. Parce que si lui est parti sans un mot, alors moi, j’ai parlé pour deux. Et même parfois pour des milliers, à travers mes textes, mes vidéos, mes partages. Parce que j’avais besoin d’être entendue. Parce que j’avais besoin que ma peine ne soit pas vaine, pas invisible . Ce texte est né de là, il y a quelques semaines. Du silence laissé par l’autre. De l’incompréhension. De l’absurde. De ce vide qu’on est nombreu(x)ses à porter, sans savoir où le déposer. Il ne répare pas, mais il dit. Et parfois, c’est tout ce qu’on peut faire. Dire. Encore. Pour que le cœur tienne. Je n’ai jamais accepté son départ Dans le fond, je ne l’ai jamais accepté. Comment pourrait-on renverser une tarte aux fraises, si l’on adore les fraises ? Comment pourrait-on se taire, du jour au lendemain, quand on a tant aimé parler ? Tant attendu des mots. Comment pourrait-on oublier si chaque instant était poésie, et puits de douceur ? Comment passer de mon amour, imprimé comme un refrain, à salut , une semaine plus tard ? Comment conduire des heures, traverser des kilomètres insensés en l’espace de quelques mois, pour ne plus jamais ouvrir une porte et dire je suis là . Comment porter l’amour comme une seconde peau, le prouver, le proclamer, et tout arracher un matin, en disant " non" ? Comment parler d’éternité, et fuir dans des liaisons ? Alors oui — je n’ai jamais accepté. Jamais accepté ce qui, pour moi, n’avait aucun sens. Je n’ai pas accepté d’être évitée à ce point. Ni d’être bloquée partout. Je n’ai pas accepté. J’ai absorbé l'impact. Amorti l'onde. Composé avec l'impensable. Avec la douleur de l’absurde. J’ai vécu avec ma culpabilité, avant de la comprendre, inventé des scénarios de guérison, espéré jusqu’à plus soif. J’ai encaissé les coups portés par son rejet, son mépris, son silence. J’ai supporté qu'il ignore mon cadeau d’anniversaire. Je voulais qu'il voie. Ce que j’avais réussi. Ce qui vivait de lui en moi. Je voulais qu'il soit fier de moi. J’avais besoin de son regard. Il m'a tellement manqué. Et il y a eu ces moments de vie, où l’aide était juste une preuve d’humanité. Et même là, je n’ai rien vu. Ni mot. Ni main tendue à l’appel au secours. Alors qu’il avait aidé des étrangers, des animaux blessés. On peut tout rater. Mais pas ça. Pas l’essentiel. Pas l’évidence du soutien. Et malgré tout, je ne l’ai jamais accepté. Parce qu’accepter, ce serait imaginer une vie où il ne revient jamais. Et je crois que j’ai eu suffisamment de morts, depuis ce moment-là. Accepter. Aujourd’hui, je comprends que ce que je n’ai jamais vraiment accepté, ce n’était pas la fin de notre histoire, mais l’image qu’il donne de lui aujourd’hui. Parce que reconnaître cette image-là, c’est admettre que je n’ai plus rien à voir avec lui. Ni dans les valeurs. Ni dans l’empathie. Ni dans la manière même de considérer un lien. Et ce constat-là, il m’a longtemps brûlée. Alors j’ai résisté. J’ai projeté, longtemps, la personne que j’avais connue. Celle qui aurait tout fait pour moi. Celle qui m’aurait protégée, soutenue, aimée dans le chaos. J’ai voulu croire que cette part-là survivrait, qu’elle referait surface. J’ai tout fait pour l’honorer, pour la préserver. Mais je me suis mentie. J’ai espéré là où il n’y avait plus de vérité. J’ai tenté d’apporter de la douceur là où il n’y avait que fuite. Aujourd’hui, j’accepte. J’accepte qu’il se concentre sur sa vie. Qu’il efface notre rencontre comme une mauvaise herbe. Qu’il réduise ce que nous étions à une ombre gênante. Et surtout, j’accepte de ne plus rien attendre. Ni prise de conscience. Ni mot. Ni retour. Je me pardonne d’y avoir cru. De m’être battue seule dans une histoire qu’il avait déjà quittée. De m’être raccrochée à une image qui n’était plus la sienne. Je regrette simplement une chose : de m’être battue pour une version de lui qui n’existe plus. Et peut-être n’a jamais existé. Selene
- Une terre fertile
Une terre fertile Ce n’est plus vraiment moi. Ce n’est pas une autre non plus. C’est une femme en lente germination. Une femme qui revient de loin, qui a traversé l’hiver du cœur , et qui sent enfin quelque chose pousser à nouveau . Cette semaine, j’ai cuisiné pour le plaisir . Pas pour nourrir. Pour ressentir . J’ai marché pieds nus dans l’herbe, glissé dans la rivière, je me suis laissée frôler par l’eau froide d’une cascade comme on touche le vivant pour s’assurer qu’il existe encore. La vie qui circule J’ai joué . Au baby-foot, au ping-pong, au billard, à la pétanque. Et j’ai ri . Fort . Simplement. Sans contrôle. Sans devoir aller mieux. Juste parce que ça coulait. J’ai conduit mon camion. Longtemps. Et j’ai commencé à l’imaginer autrement . Pas comme un rêve à ranger, mais comme quelque chose de possible . De simple. De doux. De mien . Et j’ai senti que le temps, pour la première fois depuis longtemps, était un endroit où je pouvais respirer. Un lieu sans urgence. Un espace d’ ancrage . Je marche. Le vent me touche. La lumière m’effleure. Et je me demande : À quel moment suis-je redevenue une terre fertile ? Je n’ai pas besoin de réponses. Je sais juste que je suis là. Sensible. Sensuelle. Sauvage. À moitié nue du cœur. Et plus vivante que jamais. Selene Se retrouver
- Mon jardin n'est pas en friche
Mon jardin n'est pas en friche Mon jardin n’est pas en friche Il y a ce jardin. Celui où il est venu. Celui où il a ri, choisi des plantes avec moi, posé des gestes tendres, semé son amour sans le dire . Un lieu devenu nôtre , sans que personne ne le revendique. Et puis il est parti. Mais ce jardin, je ne veux pas le laisser en friche. Pas comme ça. Pas comme cet amour. Alors que je me promène dans ce jardin les pensées m'envahissent. "Il y a un an, on plantait des choses ensemble. Il créait les bacs." Aujourd’hui, j’en ai ajouté en plastique. Ma mère est venue planter des patates. Et même si son ombre douloureuse plane , je ne vais pas attendre jusqu’à voir mourir ce jardin. Je vais replanter. Ce jardin, il y a mis de l’amour aussi. "J’avais l’impression que c’était devenu un peu le sien." Et peut-être qu’il l’était, un temps. Mais il est resté. Et lui, non. "Nous étions liés, pas seulement par des jeux, pas seulement par le désir et l'exploration. La nature, les plantes… c’est une part de lui." Et cette part-là vit en moi maintenant. Même si elle me blesse, je suis heureuse qu’elle vive en moi. Heureuse qu’il vive en moi comme ces journées de printemps — pour toujours. Même si j’en souffre . Et c’est ça, je crois, l’amour : malgré tout, choisir quand même de le vivre . Là où lui l’a fui. Alors j’ai commencé. J’ai changé des meubles. J’ai déplacé des choses. J’ai décidé de ne pas figer ce lieu. Je ne veux pas sanctuariser la douleur. Et oui. "J’ai envie de lui dans ce jardin. Encore." Mais je sais aussi que l’avoir à nouveau n’aurait de sens que s’il revenait changé. Présent en conscience. En vérité. En courage. "Aujourd’hui, il ne sera plus le chemin. Seulement une pierre citée sur le chemin." Je ne veux plus lui écrire. Plus jamais . Je ne veux plus justifier, espérer, retenir. Je veux vivre. Pour moi. Je suis fatiguée de l’aimer. "Hier, une pulsion de vie. Aujourd’hui, une rechute. J’en ai marre." Mais je continue. Même en tombant, même en pleurant. Je continue. Et alors, dans ce jardin, je pose quelques mots. Pas une prière. Une vérité nue. Vérité Et je m’en moque éperdument qu’il le lise et s’en gargarise. Peut-être que ça le fera chier. Tant mieux . Parce que punaise : " jamais elle lâche." Si elle le lâche , c’est que jamais son cœur ne sera sali par ses actes . Un jour, sur le chemin, quelqu’un viendra l’éclairer. Si jamais lui ne sait pas y revenir en homme éclairé — pas en gamin stupide. Selene


















